Céline teste pour vous les Serials Killers

Je compose une équipe de reportage exclusivement de femmes car comme c’est bien connu, un seul homme suffit à effaroucher un serial killer. Je prends ma petite sœur. Je luis dis qu’on va aller voir avec des copines le dernier Disney, le château de l’ogre. Elle aime les ogres. Je sens que ce soir, elle ne va pas être déçue !! Si jamais on en trouve un, mon idée est d’envoyer ma petite sœur l’occuper suffisamment de temps pour qu’on ait le temps de faire le reportage.

Depuis qu’on m’a dit qu’il y avait plus de touristes à Whitechapel que de killers, nous nous sommes rabattus sur le canal Saint Martin la nuit. Il parait que les tueurs apprécient le calme de la nuit au bord de l’eau pour une ambiance romantique.

J’adore la subtilité des films hollywoodiens d’horreur. Alors que la police américaine possède quelques beaux spécimens de gorilles, elle s’arrange toujours pour envoyer une fille seule dans le repaire du serial killer. C’est à croire qu’ils ne doivent pas trop aimer les filles là-bas ! Moi, en tout cas, ils peuvent me donner, un bazooka, jamais je n’irais !!

Pour s’encourager, on se dit qu’après tout un serial killer, c’est un mec comme un autre, juste un pauvre bougre égaré dans la nuit en train de chercher sa mère pour la découper en morceaux. Pour plus de sécurité, on s’est quand même habillées comme des mecs.

On suit des hommes qui ont l’air un peu bizarre, mais chaque fois qu’ils nous aperçoivent, on leur fait peur et ils s’en vont. On s’est dit, le mieux serait d’avoir un appât. Tous nos regards se sont portés sur ma petite sœur, mais connaissant son fabuleux sens de l’orientation, je me suis dit qu’on allait la perdre. Je me suis offerte à la tâche voyant déjà mon nom tout en haut d’une affiche de cinéma.

J’ai pris l’air le plus négligé que je pouvais malgré mes tremblements convulsifs.

Le plus dur dans la nuit avec un mauvais éclairage et sans lunette, c’est de savoir à qui on a à faire. Je me suis toujours dite que pour aimer autant son petit animal de compagnie que ça, on ne doit pas trop aimer les femmes, alors j’ai suivi un mec bizarre promenant son caniche. Je me suis vite aperçue que je suivais en fait un chien que suivait un mec. Il n’avait pas du tout l’air intéressé par les femmes.

Ils doivent péter de trouille les mecs à cette heure, on n’en voit pas qui sont seuls. J’étais en train de rêvasser sur mes problèmes avec les mecs quand, tout à coup, je l’ai vu. Ça y est, il y en a un qui se dirige vers moi, sûrement que c’en est un, avec cette tronche, on le dirait tout droit sorti d’un casier judiciaire. Sa façon nonchalante d’avancer, celui-là, sûrement un affreux des affreux !

Les mains dans les poches, sûrement une cavalerie de couteaux tous plus affûtés les uns que les autres, à glacer le sang, enfin ce qui m’en reste. Il me regarde, je regarde mes pieds, j’arrange mes cheveux dressés sur ma tête, je regarde les étoiles, je tombe sur son regard, ce genre de truc qu’on ne voit que dans un abattoir et encore. Je cherche le soutien des copines, en vain, où elles sont parties ces connes ! Mon dieu, si jamais elles ont suivi les indications de ma petite sœur, je suis très mal !!

Et le malade avec ses yeux injectés de sang qui s’approche de moi. Non seulement je ne me rappelle aucune prière, mais j’ai même oublié de quelle religion je suis. Je ne me souviens même plus du numéro de téléphone de mon psy ! Seule dans la nuit avec un malade qui veut me découper en morceaux, je sens que je vais avoir une fuite !! Il tire sa main de sa poche. Je suis verte. Il me crie police, je crie, on ne me la fait pas, y a pas marqué idiote là ! Il me dit papier ! Je lui réponds stylo ! J’ai vu ça dans les films, il faut leur parler, il ne faut pas s’arrêter de parler.

Je me rappelle tout à coup le magnétophone que j’ai dans mon sac, un vieux modèle assez lourd. Je lui balance mon sac dans la figure avec toute la force que je peux. Ça doit lui faire mal, je le sens vaciller. Je m’apprête à courir comme une dératée quand je me sens saisie par une armada de mains. J’avais pas prévu qu’il avait des frères, l’horreur !!

Je me retrouve emmenottée au poste. Je le prenais pour un tueur, il me prenait pour une folle. Je lui ai dit pitié, il m’a dit votre nom. Je les avais oublié mes papiers moi. Je me suis retrouvée avec les clodos. Un repaire de tueurs en série, voilà où je suis tombée !! Je n’ai pas arrêté de leur parler, je leur ai tout raconté, mon enfance, la maternelle, l’école, le collège, tout sans omettre aucun détails. Plus tard dans la nuit, les copines sont venues me chercher. J’ai bien vu que les clodos, ils n’étaient pas mécontents que je file.

Finalement, après avoir suivi plein de mecs tordus qui ne le sont pas tant que ça, on s’est rabattues sur les médecins légistes du quai de la Rapée, ma petite sœur n’a pas trop apprécié, mais nous on a bien rigolé, même qu’on s’est jurées de ne plus jamais recommencer un truc pareil !

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Comments
4 Responses to “Céline teste pour vous les Serials Killers”
  1. Jérôme dit :

    Ahahah !
    C’est pas journaliste que tu devrais faire, mais écrivain !
    Brrr, j’habite à côté du canal St Martin, ça fait froid dans le dos !

  2. agharass dit :

    Une journaliste qui pond des billets comme une romancière ça s’invente pas 🙂
    courage et au plaisir de vous lire

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