Céline teste la colère

Ne sachant d’où elle vient, où elle va, galvaudeuse à la démence acharnée, elle s’entiche d’une armure et fourbit ses armes. Se faisant une vague idée de la stratégie à suivre, elle sait que dans le combat, c’est l’improvisation qui remporte la bataille. La surprise prend avantage sur l’ennemi. Il suffit de ne pas lui laisser le temps de souffler. La lutte est âpre jusqu’à épuisement des forces. Les traits défigurés de grimaces, la colère, jouvencelle offusquée, est bonne conseillère quand elle nous apprend à combattre.

Colère Jérome Bosch

Colère Jérome Bosch

Une combustion de couleurs, rouge feu, vert passion, bleu froideur, rose bon teint, blanche, noire. De cette fusion naît des matières, dure comme la pierre, rappeuse comme la ponce, tranchante comme l’acier, claquante comme un soufflet, grinçante comme une porte. De ces matières surgissent des goûts, amertume, acidité, âcreté. Festin de rois, on n’abandonne pas une miette, tout ressert un jour ou l’autre, réchauffé ou froid.

En se réveillant, elle se fait sermonner parce qu’elle fait la tête. Au musée, elle se fait engueuler par un gardien quand elle a le malheur de frôler une toile. Ses copines se fâchent parce qu’elle arrive en retard. Dans la rue, malencontreusement, elle heurte quelqu’un qui le prend mal et l’injurie. Son fils ne lui parle pas parce qu’elle n’est pas à l’heure à l’école. Son mari n’est pas content parce qu’elle ne porte pas le petit ensemble qu’il lui a acheté. Elle ne dit rien. Elle s’invective elle-même quand elle a le malheur de renverser sa tasse. Elle rumine fébrilement de vagues remontrances lointaines. Rien n’est clair dans sa tête. Elle se sent impuissante.

C’est de cette impuissance dont se nourrit la colère. Elle grandit en se justifiant, mais quand elle s’exprime, ses justifications disparaissent. Elle gobe les pires contrariétés de l’existence, mais elle explose dans une superficialité désarmante.

On tempête pas directement contre la personne, on se défoule sur ce qui nous l’évoque. Un goût, une humeur, une sensation, un intérêt. Déconcerter l’adversaire, là est l’art de la victoire. Détourner une force pour la concentrer sur un inattendu névralgique.

La colère adéquate, courageuse, sainte, mais aussi injustifiée, lâche et inutile. Il faut de tout pour faire une colère. En faisant bouillir la marmite, vient un moment où l’ébullition porte ses fruits et explose. Un feu d’artifice émerveillé de chaque étincelle. Je n’aurais jamais cru pouvoir dire autant de choses que je ne pense pas en si peu de temps.

Tout commence par l’acquiescement. Oh oui, très vrai ça. Parfaitement oui, sûrement, sans doute. Mais, brusquement, sans qu’on sache pourquoi, le ton s’enflamme. Tout ce que l’on acceptait sans rechigner devient insupportable. On tolérait presque tout, on refuse tout. Ça pète. Attends là, qu’est-ce tu racontes, tu me prends pour une conne ou quoi ?

La tempête avant le calme. Qui dit colère, dit besoin de se renfrogner. Avachi de rancœurs, on rumine dans son coin ce qui semblait n’avoir pas de prise sur soi. Des relents de souvenirs ravivent la conscience en la susurrant au fer rouge. Une vapeur moite s’évade des cicatrices difformes de nausées. Le pouls s’accélère, la tension monte, les chagrins chauffés à blanc fusent, la machinerie se met en place.

Sourde aux indifférences de la vie, je pousse une gueulante, je casse, je me défoule, je se sens presque heureuse et quand tout est passé, je se sens mal. Je me sens fautive. Suis-je allée trop loin ? Mais je ne dis rien, je fais comme si c’était normal, j’avais raison de me mettre en colère, sinon pourquoi l’aurais-je fait ?

La première personne à convaincre, c’est soi. Si on n’y croit pas, on en rit de suite. La colère commence juste, elle se poursuit fausse, vagabonde, elle se perd dans ses méandres. La colère amoureuse est prometteuse. L’amour est fait d’un tas de petites colères rentrées. Explorant ce que l’on cache, la colère déniche ce que l’on doit voir. Bien casée, elle nécessite moins d’énergie. C’est la colère écolo. Installée là où elle blesse, elle s’économise et dure moins longtemps. Avec la bonne clé, on peut la mettre partout où l’en a envie.

La colère est timide. D’abord, elle n’ose rien. Terrée en silence, revêche, elle attend son heure. Il lui suffit de presque rien, mais ce petit rien est nécessaire. Pour aller d’un monde à l’autre, il faut exhiber ses papiers histoire de montrer qu’elle est vraie, pas une clandestine.

La douleur est injuste. C’est ce qui fait mal qui nous met en colère. Tout dépend de ce que l’on est prêt à encaisser. On supporte bien plus qu’on ne veut l’avouer et quand ça éclate, c’est qu’il est impossible de se retenir. Embrasant le ciel, la colère bon teint nous rend belle en nous illuminant du combat des justes. La colère humanitaire justifie tous les excès. L’agressivité à bon marché.

La colère est un soliloque. On entend des mots qui choquent, on se sent concernée. C’est à moi que tu causes là ? Pour être crédible, il faut y mettre son corps. Les mots dépassent ce que l’on pense, le corps suit essoufflé, il ne veut pas être en reste. La bouche a son venin, mais les gestes lui donnent une dimension extrême. Le public a besoin d’être retourné. Ce que dit la bouche est rarement compris, mais ces cris accompagnés de gestes grandiloquents, sont la preuve d’un grand spectacle.

Œil pour œil, dent pour dent, l’œil, on s’en fout, seule la dent est utile pour mordre. Il y a certes des regards de mépris, mais rien ne vaut un coup de dentier dans les fesses. La colère n’est pas un regard, c’est une morsure. L’avoir mauvaise pour vider ce sac de tout ce qui ne doit pas s’y trouver.

Joindre le geste à la parole. L’amabilité, bâtard de ta race d’enculé ou putain de bitte molle de tronche de fesses, cingle mieux avec une assiette qu’on casse. L’art du drame. Ça ne se range pas n’importe où une colère. Avant de se déchausser la glotte, on se rapproche du vaisselier, le meilleur endroit pour piquer sa crise. Rien qu’en se rapprochant de ce genre d’endroit, on sent sa gorge se nouer de monstrueuses contorsions. On approche du but. Pas là ! Mais si, là et seulement là. Il ne faut pas trop casser sous peine que la personne n’entende plus ce que l’on dit, obnubilée par la facture de ce qui casse.

Il faut pousser la détente au moment propice sous peine de ridicule. Le bon moment varie. Le match de foot, le film culte qu’il n’a jamais vu, les préparatifs pour un rendez-vous important, l’arrivée des invités, c’est affaire de goût. J’ai un petit faible pour ce dernier instant de lucidité avant de dormir. Fais de beaux rêves ma chérie. J’ai la nette impression que tu me caches quelque chose. Je ne te cache pas que je tombe de sommeil. Bingo, la moitié du boulot est faite.

On envoie une bordée de flèches, n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment, pour ébranler l’adversaire. Une fois le point faible trouvé, on enfonce le clou. On n’est pas là pour faire du sentiment, mais pour l’éclabousser de doutes. Une fois admis que les torts sont partagés, la partie est gagnée, on garde l’avantage d’avoir mis le doigt sur le tort.

– Pourquoi cherches-tu à m’endormir avec tes politesses ?

– Mais ce sont les banalités de la vie par lesquelles il faut passer pour se raconter des choses.

– Tu veux dire que si tu ne me sors pas des tombereaux de banalités, je ne comprends rien à rien ? Pourquoi me prends-tu pour une gourde ?

– Pas du tout, je ne voulais pas dire ça.

– Justement, tu ne veux jamais rien me dire, tu me sors des clichés parce que tu es sûr que ça suffit. C’est comme la dernière fois quand tu as dit que je perds tout, comme si c’était de ma faute.

– Ce n’était quand même pas de la mienne.

– Tout est reproche quand tu me parles. Tu es injuste, tu me traites comme une moins que rien. Tu te pardonnes tout, tu ne me laisses rien passer. La moindre bévue, tu en fais un drame. Tu ne m’aimes pas, d’ailleurs, tu n’aimes personne, monsieur est supérieur, il étend sa condescendance sur tout ce qui l’entoure, mais sans se soucier de ce je ressens. Je ne suis pas un joujou, tu me traites moins qu’une chose !

Le harceler sans lui laisser le temps de digérer avant d’enchaîner de nouvelles figures acrobatiques. L’important c’est de se poser en victime. Un homme qui ne culpabilise pas n’est qu’une moitié de lui-même.

J’en ai marre que tu ne vois rien de moi, juste là pour satisfaire ta virilité de pacotille. Je m’emmerde la vie dans les salons de beauté et tu ne vois rien. Je me casse la tête à faire les magasins pour trouver des fringues originales, mais rien, tu ne vois jamais rien ! J’en ai marre d’être avec un mec qui m’ignore et qui ne me reconnaît que pour me donner des leçons de morale. J’en ai marre d’être ton souffre-douleur. Je ne veux plus être l’abat-jour de ta lumière !

– Je suis sûr que c’est ta copine qui t’a fourré ça dans la tête !

– Je l’attendais celle-là, l’attaque perso. Dans deux minutes, tu vas me sortir c’est la faute de ma mère, dans trois, celle de ma grand-mère, couru d’avance ! Il faut être bas pour se défendre comme ça, par la lâcheté !

– Ne mêle pas ta mère à ça !

– Voilà, d’abord moi sur la touche, maintenant ma mère et toute la famille va y passer. Tu n’as donc aucun argument valable pour me traîner dans la boue comme une fange ! Je ne suis qu’une merde pour toi ?

– Comment peux-tu dire un truc pareil ?

– Il ne manque plus que tu portes la main sur moi. Face à son immobilisme désarmant, il me reste à lancer : tu deviens violent parce que tu ne sais pas quoi dire !

Au bord de l’effondrement, un geste, un seul petit geste suffit et tout se termine en bouderie.

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Comments
6 Responses to “Céline teste la colère”
  1. M1 dit :

    Vers la fin, Céline teste la grosse colère même ! : )
    Définitivement, j’adore tes posts, bien écrits !

  2. Puisque la vie est si bien faite qu’il existe toujours des liens plus ou moins évidents, utiles et profonds entre les divers sujets que tu abordes ici, il me vient, tout d’abord, une idée saugrenue: assurer une certaine continuité phonétique avec ton précédent billet, théoriquement consacré à la seule notion du temps, mais au fil duquel tu n’as eu de cesse de nous embarquer dans d’agréables pérégrinations spatiales, tant il est indéniable que l’espace et le temps ne seraient plus rien, l’un sans l’autre…, et te soumettre, sans plus tarder, le paradoxal fil d’Ariane d’origine incontrôlée que voici:
    « C’est à Kourou que les fusées décollèrent »:-) !

    Des colères saintes, indispensables auxiliaires des organisations humanitaires en ce qu’elle suscitent ou stimulent le sentiment de culpabilité et le sens du devoir, à la désormais célèbre « colère saine » de Ségolène Royal de mai 2007, bonne conseillère pour mener des combats que l’on estime justes (fussent-ils perdus d’avance, comme dans son cas…), ce billet est à la palette des colères ce que le tableau de Jérôme Bosch est à la palette des couleurs: une excellente illustration, réalisée avec amour, professionnalisme et forces détails, comme tout le reste de ce que j’ai l’honneur de connaître de ton œuvre littéraire. De plus, et contrairement à l’ouvrage d’art brut que représentait, par exemple, ton post sur la méchanceté, avec lequel je tente ici un parallèle parce que ces deux torrents de l’âme en furie ont en commun de pouvoir déboucher sur un océan de haine, de violence et de destruction pour qui ne sait en dompter le cours, ta façon de présenter la colère est très bien structurée, et donc très accessible aux néophytes, : avec une première partie, descriptive, poético-philosophique, où tu fais parler à merveille l’écrivaine qui sommeille en toi, et une seconde, placée sous le signe du « vidage de sac », où c’est la professionnelle de la mise en scène de ménage qui reprend le relais avec un plaisir si perceptible qu’il n’y a nul besoin d’en imaginer l’étendue, ton génial scénario et ta manière de t’identifier entièrement à ton rôle parlant d’eux-mêmes, d’une manière que mes mots ne sauraient répliquer…!

    Cela dit, et pour qu’il ne vienne à personne l’idée de supposer que je sois rémunérer pour te faire autant d’éloges, que serait un mois de mai sans un joli « mais » pour t’exprimer une minuscule réserve sur un point ? Alors, allons-y gaiement! En affirmant: « l’œil, on s’en fout, seule la dent est utile pour mordre », tu te contredis à quelques mots d’intervalle…! En effet, que seraient, sans l’oeil, les gestes grandiloquents et autres expressions corporelles censées pallier les insuffisances de cette bouche dont ne sortent que des « paroles rarement comprises » ? Comment les appréhender autrement que par l’intermédiaire de la vue pour s’en trouver impressionné, d’autant que je m’imaginerais difficilement toucher ton corps pour comprendre ce qu’il exprime (question de culture, peut-être?), sauf à vouloir t’agresser par tant de proximité charnelle à un moment où ta colère suffirait déjà à faire de ma simple présence une insupportable agression sensorielle ? De même, que serait, sans les oreilles, une scène de destruction de vaisselle dépouillée de sa bande son: une longue litanie de paroles que je m’efforcerais déjà de ne pas entendre pour ne surtout pas les écouter, ou, pire que tout, histoire de te pousser à bout le plus efficacement possible, de manière à limiter la durée de la scène de ménage à celle de la mi-temps de mon match de foot tout en m’épargnant tes longs discours, quitte à ce que te vienne une soudaine envie de tester le sport sur moi sans même repasser par la case « rédaction d’un article »;-), des réflexions du genre: « Mais franchement, Céline: ça se remarque que t’as aucune endurance: tellement peu de force dans tes bras, si maladroite que c’est presque un hasard, si tu arrives à casser un verre du premier coup! » ? Et que serait-elle sans le bruit protecteur de la casse qui évite au moins aux voisins d’en savoir un peu trop sur les raisons plus ou moins avouables de l’éclat de colère, et, par exemple, de se sentir obligés d’alerter les autorités, puis faire une déposition à la police lorsque les voisins en question, manifestement ivres-morts, se disputent à tout rompre pour accuser l’autre d’avoir frappé en premier leur fils de trois ans ?
    Ne penses-tu pas, Céline, que pour déployer toute la splendeur de sa multiplicité, la colère se doit d’être un grand spectacle audiovisuel se nourrissant d’une interaction parfaite entre image et son, dont la saisissante expérience tactile d’un coup de pied ou de poing bien placé marquerait éventuellement le point d’orgue, l’espèce de bouquet final que les artistes se garderaient gentiment sous le coude au cas où les rappels du public se feraient des plus pressants ?

    Enfin, pour conclure sur une note plus sérieuse, inspirée par un vécu personnel récent que tu connais fort bien, et puisqu’il nous arrive beaucoup trop souvent, à nous tous, de gober les pires contrariétés de l’existence pour nous rabattre sur de menus détails avec « une superficialité désarmante », comme tu le dis si bien: étant donné que l’aspect le plus insupportable des plus grandes injustices ou de la souffrance est non seulement leur ampleur, mais l’impossibilité de trouver des mots ou des gestes qui soient à peu près à la hauteur de l’ennemi invisible et inqualifiable qu’elles représentent, se mettre en colère en devient tellement illusoire, à la fois trop et trop peu de choses pour combattre le mal, de quoi réagir par la résignation, la tristesse, voire une dépression profonde avant même de songer à se ressaisir dans une mesure propice à la colère. Et s’il est vrai que la colère se nourrit de l’impuissance face à tout ce qui nous dépasse, elle ne peut pas s’exprimer par ce même intermédiaire, et essaie, par conséquent, de se frayer un passage vers la première issue de secours venue, entre autres des personnes qui nous semblent suffisamment proches pour être censées nous comprendre et nous aider plus que d’autres, mais qui sont également tellement au fait de ce qui nous inflige de la souffrance qu’elles sont les premières à en souffrir à leur tour jusqu’à ne plus partager avec nous que le vide abyssal de l’impuissance, de l’angoisse et de l’impossibilité d’y mettre au moins quelques mots adéquats. Et comme la Nature a horreur du vide, celui-ci, pour être abyssal et né d’une situation de tension extrême, vient évidemment confirmer la règle avec des résultats des plus douloureux, même à l’écrit, comme nous en avons fait, tous deux, l’amère expérience un certain mardi 11 janvier 2011…, chaque phrase ou chaque silence pouvant alors servir à attaquer l’autre sur ses points névralgiques tout en lui reprochant d’être indifférent à nos propres souffrances au point d’en faire de même.
    Or, si la colère est d’abord créatrice d’énergie négative, redoutable excavatrice du vide préexistant, prête à y précipiter tout ce que les relations humaines s’étaient acharnées à consolider, pouvoir et vouloir repasser de la tempête au calme, essayer de digérer sereinement les raisins et (dé)raisons de la colère peuvent nous aider à en ressortir grandis, armés, jusqu’à ces dents qui nous servaient encore à mordre l’autres, d’une folle envie de l’honorer de ses plus nobles sentiments, dont le respect, pour avoir pu faire avec, et non contre lui ce chemin de l’effort, de la souffrance, du conflit et de la mise à l’épreuve réciproque, pour avoir réussi à s’unir contre l’impuissance, notre ennemi premier, là où celui-ci cherchait avant tout à déployer tout son arsenal de nuisances pour nous séparer. car, au lieu de passer son temps à camoufler certains contentieux sous un tapis de diplomatie déjà bien trop amoché, il vaut parfois mieux y déverser ta fameuse marmite pour s’obliger à faire, ensemble et d’un commun accord, un salutaire nettoyage de printemps, après quoi le met de la réconciliation n’en sera que plus savoureux et mieux partagé, faute de quoi je n’aurais jamais mis ni le temps, ni l’énergie nécessaire pour t’écrire ces lignes puisque nos routes seraient peut-être déjà bien éloignées à l’heure qu’il est!
    Eh oui: ma si chère Céline: la vie semble mal faite, mais il est un fait indéniable: il arrive parfois que l’enfer de la réconciliation soit pavé des bonnes intentions de la colère; et une fois réunis contre l’adversité avec d’autant plus de forces que l’effort pour y parvenir a été long et brutal, vivre pleinement la sérénité retrouvée a quelque-chose de paradisiaque, d’une récompense bien méritée !

    En cette période où la tempête a refait place, depuis fort longtemps, à la douce brise des échanges de mots, bon vent à toi, si prêt du but dans ta conquête de liberté, et au plaisir de te lire et t’apprécier encore longtemps !!!

    • cieljyoti dit :

      ta capacité à démonter avec une telle précision mon petit texte en y ajoutant plein de messages m’a beaucoup surprise et passionnée. voilà un commentaire vraiment utile et je t’en remercie beaucoup. J’attends avec impatience le retour de ton blog pour te lire.

      • Démonter ton charmant petit texte en autant de pièces détachées qu’il ne comporte de mots, avec une précision et une persévérance conditionnées par la rigueur allemande, et un penchant pour la poésie qui n’a d’égal que la richesse du français: certes! Mais dans le seul et unique objectif de démontRer l’excellente qualité de ces composants, choisies et manufacturées avec le soin propre aux artisans et aux artistes, et de tester la solidité des soudures que constituent les phrases et les paragraphes pour s’assurer de la robustesse, de la viabilité et de la résistance du produit fini aux effets corrosifs de la contradiction:-). Stress test littéraire et philosophique paneuropéen réussi avec bravoure, donc !!!

        D’ailleurs, ce résultat positif me satisfait d’autant plus que le « produit fini » en question a été fabriqué grâce à des neurones de conception franco-chinoise, à une période de l’Histoire où l’expression « made in China » suffit, à elle seule, à donner de l’urticaire à nombre d’Occidentaux, et à susciter envers la Chine une sorte de colère populiste, encore plus nocive que la colère humanitaire de supermarché, sourde et aveugle aux appels de la Raison, prête à tourner au vinaigre du mépris et de la haine à tout moment, si diffuse et facile à entretenir par une classe politique et des médias en manques d’idées constructives ou d’audimat dans la mesure où le supposé ennemi chinois, réduit en réalité à un archétype formaté par les préjugés ambiants, est encore plus indéfinissable que d’habitude dans un pays de plus d’un milliard d’âmes. Compte-tenu de la complexité des problèmes et des mutations engendrées par la mondialisation et le bouleversement des rapports géopolitiques mondiaux, gageons que dans les années à venir, rien que le fait de tourner en rond sur cette question en fera sortir plus d’un(e) de ses gonds et que la thématique des délocalisations d’emplois / d’entreprises se disputera le haut de l’affiche avec des sujets de société aussi polémiques, et donc générateurs de colères plus ou moins justifiées, que la légalisation du cannabis ou la protection de la vie privée sur Facebook… !

        Nos mots respectifs sont loin d’être innocents, trop perceptible étant leur volonté de donner sens à des idées ou des sentiments. Mais pour être coupables, encore faudrait-il qu’ils soient écrits et assemblées en phrases dans le but explicite de nuire, de propager haine, intolérance et mépris. Si, un jour, j’avais franchement éprouvé ce genre d’impressions en te lisant, je ne serais certainement pas là en train de prendre tellement de temps et d’énergie à te lire et à commenter ta jolie prose; et rien que par fierté masculine, je n’admettrais certainement jamais publiquement que ce sont tes conseils et tes encouragements qui me valent, aujourd’hui, de vivre, dans l’espoir d’une récompense à la hauteur des gouttes de sueur s’échappant de mon front, quelques instants de « colère high-tech » en vue de créer et d’alimenter en écrits de mon cru mon nouveau blog tant attendu!… Cette colère-là a évidemment quelque-chose de facile puisqu’elle permet à n’importe quel usager endurci de l’outil informatique de combiner à moindre coût les avantages de la violence illimitée envers sa « saloperie de bestiole » qui ne fera jamais assez vite et bien tout ce qu’on lui demande, et de l’absence de violence physique ou morale envers un être vivant, fut-il animal, les « animaux de compagnie » électroniques étant (encore) dépourvus d’un degré d’intelligence suffisant pour éprouver des sensations de cet ordre, sans doute l’une des raisons pour lesquelles cela fait déjà dix ans que les versions successives de Mac OS X, le système d’exploitation des ordinateurs Macintosh, portent des noms de félins (Jaguar, Panther, Tiger, Leopard, Snow Leopard et le futur Lion)… !

        En monologue grincheux avec moi-même ou en dialogue avec une machine incapable de comprendre combien je l’insulte bien plus souvent que je ne lui fais de compliments, c’est donc avec grand plaisir que je donne rendez-vous à quiconque en ressent l’envie, dès demain, vendredi 20 mai, pour mon premier article estampillé 2011,
        sur mon tout nouveau blog WordPress, où je viens déjà de rapatrier avec succès tous mes anciens billets, publiés via une plateforme concurrente jusqu’en avril 2010 !

        Au plaisir d’y accueillir tes contributions et d’y poursuivre nos échanges si féconds, je te souhaite bon courage, ma fidèle Céline, et te dis « à très, très bientôt » !

  3. oussamamuse dit :

    Des raisons de la colère, en vain, des raisins divins, enfin… jamais je ne tomberai saoul le charme de l’esprit devin ni déraison voire dérision du coléreux et du colérique!

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