L’affaire DSK

Menotté, mal rasé, ceinturé de policiers, un homme déchu ne mérite aucun égard quand il est accusé de viol avec violence (en réalité, un acte sexuel criminel au premier degré puisque le viol n’a pas été consommé). Cette fois, l’émotion est à son comble, une chose incroyable s’est produite, un français, un homme riche et influent, est l’accusé. De mémoire de français, jamais on n’a vu un dirigeant dans la situation d’un délinquant de droit commun. En France, il est inimaginable de condamner un puissant. Aux États-Unis, la loi s’applique pour tous.

Pire, il s’agit d’une affaire de mœurs, une gaudriole en France, un crime dans un pays où les femmes constituent un pouvoir. En France, les lois sont non seulement tardives, mais elles s’appliquent difficilement. Il y a toujours une exception pour la détourner. Quand une femme, surmontant un énorme malaise, porte plainte contre un viol, on met un certain temps avant d’admettre qu’elle est une victime.

Mettre les menottes à un puissant alors que la plaignante est une femme de ménage, immigrée, noire et pas très jolie (selon certains commentaires !) devient un attentat des États-Unis contre la France. La Guinéenne de 32 ans, Nafissatou Diallo, employée à l’hôtel Sofitel depuis trois ans, mère célibataire (installée aux États-Unis depuis 2004 avec le titre rare de réfugiée politique), est trouvée par son chef Jessica et d’autres membres du personnel dans un état lamentable, accroupie repliée sur elle-même, traumatisée, incapable de s’exprimer, tremblante, terrorisée et ayant craché autour d’elle.

Nafissatou est une remplaçante ce jour-là. Elle est décrite sérieuse donnant entière satisfaction avec un comportement irréprochable. Les faits se sont passés vers 12h dans la chambre 2806, le samedi 14 mai. Elle laisse la porte ouverte comme c’est la règle. Elle croit que la chambre a été libérée. Soudain, un homme nu sort de la salle de bain. Après s’être excusée, elle s’engage à sortir, mais l’homme l’en empêche, il se jette sur elle après avoir fermé la porte. Elle se débat, il la pourchasse. L’homme lui impose par deux fois une fellation. La jeune femme parvient à s’échapper en le poussant contre un meuble occasionnant une blessure légère (du sang est retrouvé dans les draps). La police, appelée vers 13h 30, arrive 10 minutes plus tard. La jeune femme part aux urgences.

DSK a réglé sa note d’hôtel à 12h 30. Une vidéo de l’hôtel révèle un homme pressé de partir à 12h 28 sans faire de check-out. Pour la police, il s’agit d’un départ précipité, voire d’une fuite. Après un repas rapide avec sa fille Camille, étudiante à New York, à 12h 45, il se dirige vers l’aéroport Kennedy. Vers 15h, il appelle l’hôtel pour prévenir qu’il a oublié un de ses portables. Il est arrêté dans l’avion à 16h 42.

Il s’apprête à quitter le FMI. Son retour, c’est pour préparer sa campagne. Il se trouve d’ores et déjà à la tête d’une équipe de 30 personnes pour y travailler. Martine Aubry sait qu’il est candidat et s’en félicite. Sa nomination officielle doit être annoncée le 28 juin, date de dépôt des candidatures à la primaire. DSK est au tournant de son existence, on imagine qu’il soit tendu. Ancien ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur du 15 mai 1991 au 3 juin 1992 et de 1992 à 1993, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de 1997 à 1999, président du FMI depuis novembre 2007, personnage de stature internationale, DSK fait partie des puissants de la terre.

L’inculpation du 19 mai est la suivante : l’accusé a fermé la porte (séquestration), il a palpé la poitrine de la victime, il a tenté de retirer ses vêtements et de toucher ses parties génitales, il a obligé la victime à sucer son pénis, le tout en utilisant la force. Preuve accablante, du sperme a été trouvé sur le chemisier de la femme. Nafissatou n’a pas porté plainte, dans cette affaire, elle est témoin à charge. Sans son témoignage, l’accusation ne tient plus, ce qui explique qu’elle soit cachée et protégée par la police.

Témoignage accablant, celui d’une prostituée, Kristin Davis, ayant eu DSK pour client en 2006. Elle organise deux rendez-vous au tarif préférentiel de 2400$ les deux heures. Des deux filles, l’une ne fait aucune remarque, l’autre raconte qu’il a simulé avec violence un viol qui semble être son fantasme. Il est décrit comme brutal. Pour elle, c’est un homme qui maltraite les femmes (en tout cas, les prostituées). Ce qui l’a amenée à témoigner est son indignation d’apprendre que DSK a payé un million de dollars pour sa caution suite à des violences alors qu’elle a dû en payer deux pour proxénétisme.

Le procès va devenir de celui de la femme de chambre, de sa crédibilité en tant que victime, puis de la femme avant d’être celui du machisme et du sexisme en France. Le lièvre est levé. Les françaises reprennent du poil de la bête. Cette histoire leur rappelle de mauvais souvenirs, l’extrême difficulté à vivre un viol et de s’en sortir. Et surtout cet incroyable dédain que l’homme continue d’entretenir face à un crime aussi déplorable.

L’attitude française est outrancière. Jack Lang affirme qu’un tel déballage policier est inutile puisqu’il « n’y a pas mort d’homme ». Jean-François Kahn dit que c’est beaucoup de tapage pour le « troussage d’une domestique ». Jean-Pierre Chevènement compare DSK à Dreyfus. BHL pense que son ami, homme irréprochable, est supérieur face à la parole d’une simple domestique. Un homme aussi intelligent que DSK ne mérite pas son sort puisqu’il est innocent. Bernard Tapie reprend cette idée que l’intelligence n’est pas compatible avec le viol. Ségolène Royale croit bon souligner que « sa pensée va à l’homme pour l’épreuve qu’il traverse. » Et celle de la victime ? La théorie du complot est une bouée de sauvetage à laquelle s’agrippent de nombreuses personnalités. Pourquoi les américains prendraient-ils un tel risque pour si peu, DSK étant démissionnaire de son poste ?

Dans ce tintamarre de mauvaise foi, la sociologue Irène Théry rappelle dans un article publié sur http://www.lemonde.fr/ le 23 mai, le principe de véracité d’une femme atteinte au plus profond d’elle-même. On comprend le retard pris en France pour le respect des femmes. Clémentine Autain, elle-même martyre d’un viol, affirme que le droit d’une victime doit primer sur toute autre considération. Présumé innocent ne signifie pas innocent. La présomption d’innocence ne doit pas faire oublier la présomption de culpabilité, ni surtout celle de vérité de la victime. Cette dernière devance sur toute autre.

Les langues se sont déliées entre temps. DSK n’est pas l’homme abordable qu’on imaginait. C’est un récidiviste. Si la réputation de séducteur est valorisante pour un homme politique français, le voici apparaissant comme un être violent incapable de dominer ses pulsions sexuelles pouvant aller jusqu’à la violence. Il n’est pas le seul. Des journalistes femmes se plaignent en privé de l’attitude arrogante de certaines personnalités politiques et autres, mais comme il n’y a pas mort d’homme, à quoi bon en parler ?

Hélène Jouan, actuelle directrice de la rédaction à France Inter, raconte que, lorsqu’elle a commencé à exercer son métier, elle a failli raccrocher suite à la pression sexuelle soutenue de certains politiques. Son témoignage bouleversant ne fait pas tilt dans la tête de nombreux hommes.

Le témoignage de Tristane Banon dans l’émission de Thierry Ardisson, en février 2007, sur Paris Première, http://bit.ly/iVsqRk, malgré son climat incroyablement délétère, n’a pas fait de bruit à l’époque, il est passé inaperçu. Tristane raconte sur un ton badin (en réalité, elle a bu pour se donner du courage) qu’elle a été sexuellement et violemment agressée par DSK lors d’un interview en janvier 2002 (Tristane a 21 ans). Les invités s’amusent de cette histoire qui ne choque personne. Elle n’a pas porté plainte comme la grande majorité des victimes de viol. Sa mère Anne Mansouret, élue socialiste de Haute Normandie, a dissuadé sa fille de le faire pour ne porter préjudice à personne.

Non tout le monde ne connaissait pas les penchants de DSK. L’homme est suffisamment intelligent pour ne pas s’en vanter, surtout à des amis proches, je pense à Manuel Valls et Pierre Moscovici, guère portés sur la question. Tout le monde le savait séducteur, mais tout le monde ne le savait pas violent.

Piroska Nagy, employée au FMI, reconnaissant une relation consentie avec son patron, dit que « l’homme lui paraît incapable d’assumer son travail dans un environnement féminin ». Si l’affaire fait grand bruit au FMI, la chape de plomb est telle que personne n’a cru bon devoir mener une enquête pour savoir ce que voulait dire un témoin qui a la faiblesse d’être une femme. Aurélie Filipetti (née en 1973), députée PS de la Moselle, affirme qu’il est un « homme à femmes… un dragueur, très lourd, très appuyé. J’ai évité de me trouver seule avec lui. » Le journaliste Jean Quatremer (né en 1957) dit : « le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). » Le propos n’a pas été retenu par son journal Libération estimant qu’il s’agit d’une atteinte à la vie privée.

Que peut signifier vie privée quand on est un personnage public et médiatisé ? Où s’arrête le public, où commence la vie privée ? On peut gloser sans fin quand ces personnages publics n’hésitent pas à parader leur intimité. La vie privée sert aussi à valoriser la vie publique. Beaucoup d’hypocrisie pour cacher une stratégie du voir sans montrer. L’intimité n’a pas besoin d’être cachée, il suffit de ne pas la montrer.

Le dimanche 22 mai, 3000 personnes se réunissent à Beaubourg autour des sculptures de l’artiste féministe Niki de Saint Phalle (1930-2002) au nom des femmes. « Nous sommes toutes des femmes de chambre », « le machisme tue des femmes », etc. Caroline de Haas, porte-parole de l’association Osez le féminisme, créée en 2009, affirme : « on a sifflé la fin de la récré machiste ». On évoque un renouveau du féminisme guère virulent en France où le phénomène est resté marginalisé. Le féminisme français est resté une affaire d’intellectuelles dans un univers macho plus dur que dans les pays anglo-saxons. Les femmes françaises ont été parmi les dernières européennes à obtenir leurs droits, droit de vote, à la contraception, à l’avortement et à la reconnaissance du viol, aujourd’hui du harcèlement.

On attend le déroulement du procès pour en savoir plus. Plaider non coupable entraîne un procès sans fin. Plaider coupable devient une affaire entre un procureur et un accusé (la victime n’a rien à dire) sous forme de marchandage, plea bargaining, afin de convenir d’une accusation et d’une solution arrangeante, pour tout le monde moyennant finance.

De l’argent, il y en a. Le salaire net de DSK au FMI est de 500 000 US$. Anne Sinclair (née en 1948 à New York), troisième épouse de Dominique Strauss-Kahn depuis novembre 1991, est la petite-fille et l’héritière d’un marchand d’art très célèbre, Paul Rosenberg (1881-1959). DSK s’est payé deux ténors, William Taylor et surtout Benjamin Brafman (né en 1948), parmi les plus chers (entre 500 000 et 1 million de dollars) qui ont levé une armée de détectives privés pour rechercher une faille dans le passé de la victime. On est en pleine caricature, le tout puissant contre le tout faible, le scénario d’un film hollywoodien. DSK, cette fois, a le rôle du méchant.

Pourquoi un homme à qui tout réussit commet-il un délit aussi grave juste avant de quitter le territoire américain afin de se lancer dans une campagne longue et difficile pour les présidentielles ? Le sentiment de toute puissance est connu du criminel sexuel. Se croyant tout permis, il commet l’erreur et se fait prendre. Il n’en est pas à son coup d’essai. Cela dure depuis des années et sans aucune conséquence. Cet acte ne serait-il qu’une routine parmi d’autres ?

Parce que l’intelligentsia française est passée à côté de l’affaire DSK, certains intellectuels essayent de rattraper le coup en parlant des vertus du libertinage comme esprit de liberté. Plus personne ne semble savoir faire la différence entre le flirt entre deux êtres humains et une agression à l’égard de quelqu’un qui ne peut se défendre.

Si tout le monde s’accorde à reconnaître un viol comme un crime, le libertinage est vu comme une qualité masculine sans tenir compte de la femme qui en est victime. Que l’homme fasse joujou avec sa virilité, mais pourquoi au détriment de la féminité ? La liberté de l’un ne termine-t-elle pas là où commence la prison de l’autre ? Quand le libertinage est partagé, c’est affaire de personnes, quand il ne l’est pas, c’est un problème de société. Libertinage donne son nom à un comportement unilatéral très différent du jeu de la séduction.

On parle viol et harcèlement, on répond libertinage et puritanisme. La distinction opérée par les hommes est faite selon des normes qui les arrangent. Inclure le désir et la volonté de la femme dans cette décision arbitraire n’est pas un puritanisme. Les fantasmes grossiers et lourds des garçons ne laissent plus la femme impuissante. Rien ne se fait contre l’homme, mais contre sa bêtise. Comment peut-on aimer un être que l’on ne respecte pas ?

Nous sommes devenus incapables d’aimer. Ce que l’on appelle libertinage est une incapacité à vivre avec un être. Taux de divorce de plus en plus élevé, des crises de plus en plus criardes, on ne prend plus le temps des autres. L’homme et la femme sont devenus des marchandises animées du seul jeu de séduction. Respecter la femme ne sert pas à grand chose si l’on ne respecte pas tout ce qui en fonde l’intimité et la vérité. Il en est de même pour l’homme. Le libertinage cache l’hypocrisie d’une société repliée sur elle-même.

Pour le moment, les choses restant imprécises, il est difficile d’en mesurer l’exact impact dans la vie française. Il est fort à parier que cet événement va bouleverser bien des idées reçues. Tous ceux qui savaient, qui se sont tus et qui ont défendu un coupable ont porté un coup terrible à la Gauche en principe du côté des faibles.

Non ce n’est pas un rapport entre hommes et femmes, mais un rapport élitiste entre les êtres. Apitoiement sur les faibles pour laisser place à la toute puissance des bien-pensants d’en haut. Difficulté plus grande de trouver un job quand on est enfant de parents immigrés, difficulté de garder sa dignité dans un monde qui n’obéit qu’au luxe de l’argent, précarité de la vie et de l’emploi, difficulté de gérer un rapport équivalent entre hommes et femmes, etc. Le petit monde français élitiste est foncièrement inégalitaire. Et si nous apprenions enfin à vivre les uns avec les autres.

Monsieur DSK, voici comment on entre dans l’histoire en en sortant.

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Comments
23 Responses to “L’affaire DSK”
  1. marc lessard dit :

    Hum oui comme tu l’écrit a la fin une questions de droit faudrait revenir a ce que lon jasait il y a 40 ans quand javais 15 ans !!!

  2. M1 dit :

    Même si je suis d’accord avec toi sur les déclarations honteuses de quelques défenseurs de DSK (pas tous, l’écrasante majorité des déclarations ne portent pas atteinte aux droit de la supposée victime) j’ai constaté que ceux qui ont déjà fait le procès de DSK ont des déclarations encore plus honteuses, dans une ambiance digne de l’inquisition. D’ailleurs, toi aussi t’as déjà fait le procès de DSK et tu le juges coupable alors qu’il est toujours présumé innocent…
    Et juste pour la petite histoire, la vidéo de DSK quittant précipitamment l’hôtel n’a jamais existé, de l’aveu même de la police de NY, il s’agissait d’une intox du bureau du procureur, qui va surement se retourner contre lui pendant le procès.
    Pour moi, il faut respecter deux choses en ce moment : la présomption d’innocence de DSK, les droits de la victime, et aussi les éléments de l’enquête…

    • cieljyoti dit :

      tu as raison. juste un point à souligner. ce n’est pas cette affaire douteuse et confuse qui m’a tant choquée que les révélations de plusieurs femmes dont celle de Tristane lors de l’émission avec Thierry Ardisson http://www.ubest1.com/?page=video/24962#null dont l’ambiance m’a vraiment mise en colère. à supposer que DSK soit innocent, ce dont je doute, il reste ces affaires françaises étouffées dans l’œuf. une fois la thèse du complot écartée (un complot de qui contre qui ??), reste une affaire de mœurs. on peut admettre que les fait décrits sont exagérés. il n’empêche qu’il y a une femme meurtrie que l’on peut difficilement ignorer, je crois ? Or, en dehors de quelques femmes et pas toutes, personne n’en a vraiment parlé (au niveau des médias bien entendu). avant de s’offusquer de la situation dans laquelle s’est mis DSK, je préfère m’offusquer pour une femme qui doit se sentir bien seule en ce moment, non ? cela dit, d’accord avec toi, attendons la suite de l’enquête

  3. Jérôme dit :

    On a vraiment hâte d’entendre la version des faits de DSK …

    • cieljyoti dit :

      cet événement nous a tous saisis par surprise et il n’a pas fini de nous poser beaucoup de questions. malheureusement, je suis assez convaincue que nous ne saurons jamais le fin de l’affaire. il est fort à parier que tout se termine par un compromis souterrain et financier qui arrangera tout le monde. je suis persuadée que c’est sur quoi travaille activement la défense de DSK, sortir de cette mauvaise affaire, même la tête un peu basse, non ? et dans six mois, tout le monde en sourira ?

  4. Ici tu affirmes ta qualité de journaliste cependant il semblerait que tu mettes la charrue avant les bœufs, DSK n’est pas encore jugé. Va-t-on vers une histoire de gros sous de laquelle il sortira blanchi je ne l’espère pas, j’ai la candeur de croire que si il est coupable il paiera. Mais il est vrai qu’au pays de la corruption l’argent est roi
    Je découvre dans ton article un certain nombre de choses que je ne savais pas concernant la « victime ».
    J’ai visionné la vidéo de Tristane chez Ardisson dont on s’empresse de parler maintenant alors qu’à l’époque elle est passée sous silence. Je suis surpris que pour préserver la carrière politique de sa maman elle ne soit pas allée au bout de sa démarche.
    Si monsieur DSK se conduit comme un animal et que cet état de fait soit de notoriété publique chez les journalistes et la classe politique pourquoi personne n’a vendu la mèche ?
    Je suis scandalisé que personne n’ait dénoncé les faits même de façon anonyme, lancer un pavé dans la marre fait toujours des remous. En d’autre temps les journalistes ont été muselés par Mitterand mais il ne s’agissait pas d’un acte aussi condamnable.
    Cette histoire me sidère.

    • cieljyoti dit :

      quelle que soit la part de culpabilité dans cette dernière affaire, DSK est à l’évidence quelqu’un de pas très clair, non seulement très lourd, mais carrément agressif. comme tu le dis, le plus effrayant dans cette histoire est ce silence français. imagine, je rêvais d’interviewer cet homme politique dont j’étais fan et personne ne m’aurait prévenue !!! comme disait quelqu’un, celui qui se tait est aussi coupable que celui qui commet le crime. comme aucun jugement n’a été prononcé, j’ai essayé de conserver un ton neutre, mais j’aurais vraiment préféré utiliser mes mots de façon plus méchante, tu t’en doutes.

      • Alors méfie-toi il semblerait que la classe politique mène ardemment harcèlement et intimidation. Je t’invite à prendre toutes les précautions utiles pour ne pas tomber dans des pièges aussi grossiers.
        J’aurais je pense pu voter pour ce gugusse, il est évident que la donne sera changée et que maintenant méfiance sera mère de toutes les décisions.
        Ne devrait-on pas faire des enquêtes de moralité concernant les gens qui aspirent à de hautes fonctions ?

      • cieljyoti dit :

        c’est triste à dire, mais oui, il va falloir mieux s’interroger désormais sur les personnes qui sont censées nous représenter. je ne sais plus qui disait, quand les politiques nous observent, c’est la tyrannie, quand c’est nous qui les regardons, c’est la démocratie, alors prenons soin de bien ouvrir les yeux

  5. Vincent dit :

    Excellent billet. Je partage complètement cette analyse. On ne peut avoir que mépris pour l’attitude de ces hommes. Je ne comprendrai jamais ces hommes qui prennent les femmes pour des morceaux de viande.

    Le pouvoir absolu corrompt absolument. En voilà encore la preuve.

  6. Désolé d’avoir un peu traîné à te soumettre mes réflexions, mais, sachant à quel point les sujets que tu as abordés ici te tiennent à cœur, combien tu en as presque fait le combat de ta vie, je voulais tout de même t’écrire quelques mots, certes un peu critiques par moments, mais toujours sincères et constructifs, je l’espère, car l’un de tes mérites, et non des moindres, est sans aucun doute d’avoir réussi à mieux me faire comprendre ce qu’une femme peut éprouver face à certains comportements excessifs à nous, les hommes, à avoir honte de certains réflexes machistes que moi aussi, j’ai pu avoir par le passé ! Et qui sait : si j’avais été indifférent à tes messages, désireux de faire primer la logique comptable de mes intérêts personnels sur le besoin de gagner en humanité, peut-être ne serais-je pas en train de partager l’essentiel de tes propos, pas aussi choqué par de telles manifestations d’arrogance, d’abus de pouvoir, de mépris à l’égard des plus faibles et d’irrespect pour les parties les plus intimes du corps humain ; peut-être serais-je bien plus heureux de juger DSK hors-course en 2012 au nom de mes opinions politiques légèrement altermondialistes que de me soucier du sort de la victime présumée, considérant qu’en fin de compte, il n’y a tout de même pas eu mort de femme et que le viol de Nafissatou Diallo, quand bien même il serait avéré, ne constituerait qu’une banale, mais ô combien opportune affaire de mœurs face aux souffrances que le FMI, l’institution de DSK, fait endurer à des continents tout entiers (comme si le probable remplacement de DSK par Christine Lagarde, qui laisse d’ailleurs les féministes de marbre, avait de quoi y changer quelque-chose)… !

    Une fois n’est pas coutume, je commencerais par la forme… Après avoir déjà eu amplement l’occasion de t’admirer pour ton art d’écrire à peu près aussi vite et spontanément que tu ne sembles penser (parfois au prix de quelques menues étourderies ou expressions bancales du genre « ON TEMPÊTE PAS directement contre la personne », on se défoule… » ou « Déconcerter l’adversaire,LÀ EST L’ART de la victoire » dans ton billet sur la colère), avec ces qualités qui me font revenir ici avec bonheur chaque semaine, je découvre à présent, encore bien plus qu’à la lecture de tes compte-rendus sur le mythe du nouveau capitalisme, les talents d’une journaliste capable de concilier à merveille les caractéristiques d’un vibrant éditorial aux allures d’intime conviction et une remise en perspective de l’affaire, assortie de recherches manifestement si exhaustives que j’en ai même appris les années de naissance des principaux protagonistes. Au vu de cette quête de détails et d’arguments destinés à venir étayer ton raisonnement et prouver le sérieux de ton travail d’investigation, au vu du temps et du soin manifestes que tu as pris pour écrire ces lignes, je suis d’autant plus surpris que tu n’aies pas jugé utile d’indiquer le lien exact vers la très intéressante analyse d’Irène Théry « la femme de chambre et le financier ». D’une part, parce qu’il s’agit de la première référence que tu nous donnes, c’est-à-dire la première occasion de nous faire une idée de tes sources d’information et d’inspiration. Or, en supposant un court instant que je sois un lecteur lambda qui aurait atterri ici par hasard, si je ne me trouvais pas d’emblée dans une disposition d’esprit favorable, et voyais simplement en ta contribution une page parmi les quelques centaines de milliers dont DSK a fait l’objet depuis près de trois semaines, je risquerais d’être rebuté par quelque-chose qui me semblerait être un manque de professionnalisme ou une provocation gratuite et d’arrêter là ma lecture sans jamais avoir écouté tout ce que tu souhaites nous transmettre. J’estime, en effet, que de renvoyer simplement le lecteur vers la page d’accueil du « Monde.fr » pour l’abandonner ensuite à la zone de recherche du site afin qu’il y retrouve le contenu en question par ses propres moyens est vraiment la pire des solutions, à mi-chemin entre le prendre pour un sombre crétin qui ignorerait l’existence du « Monde » au point de ne pas connaître l’adresse http://www.lemonde.fr et avoir l’air assez paresseuse / négligente pour le laisser faire, à ta place, un travail de recherche qui relève clairement de TA compétence dans la mesure où c’est toi qui veux lui prouver quelque-chose, alors que lui ne cherchait pas nécessairement à recueillir ton opinion ou à être ébranlé dans ses confortables certitudes. Alors, de deux solutions l’une: soit, nous amener directement à bon port en nous indiquant l’adresse précise, de quoi nous simplifier l’existence tout en nous prouvant que tu as bel et bien consulté l’article ; soit, mentionner le nom du journal en toutes lettres sans aucun lien pour appliquer jusqu’au bout la logique prévalant dans les bonnes vieilles publications imprimées, en cette belle époque où il fallait encore courir à la bibliothèque ou chez le buraliste pour consulter un quotidien auquel on n’était pas abonné…, histoire de nous laisser, d’emblée, libres de notre technique de collecte de l’information (pour ma part, j’ai trouvé mon moteur de recherche habituel bien plus réactif que le site du « Monde » sur ce coup-là) !
    Je sais bien que les adresses de leurs articles sont d’une longueur abominable, mais, d’une part, il existe pléthore de racourcisseurs d’URL pour les réduire à une vingtaine de caractères, et d’autre part, WordPress permet d’afficher un intitulé textuel en lieu et place du lien, par exemple « Vous aussi, soutenez DSK dans sa campagne présidentielle ! » Au lieu de http://dsk2012.canalblog.com/« . Pour une fois que c’est moi qui peux t’aider à traduire du « chinois » en un langage qui te soit compréhensible, n’hésite pas à me demander toutes les explications dont tu pourrais avoir besoin;-) ; pouvoir enfin te rendre service à mon tour serait mon plus grand plaisir !

    Sur le fond, les mots me manquent pour te dire combien tu as raison de lutter pour une meilleure reconnaissance de la condition féminine, d’être exaspérée par le fait que tant de violences faites aux femmes soient passées sous silence ou reléguées au stade de querelles privées que les intéressés sont priés de bien vouloir régler à l’amiable pour ne pas embarrasser la Justice du poids de leur intimité, de souligner la différence fondamentale entre amour et libertinage, d’être écoeurée par l’immunité de fait dont DSK (et vraisemblablement d’autres puissants de ce monde) ont bénéficié/ du pouvoir de leur caste d’imposer le silence complice au reste de la population, quitte à agiter l’épouvantail de l’antisémitisme pour étouffer dans l’oeuf toute critique à l’égard de quelqu’un qui se trouve être de religion juive et avoir beaucoup d’argent… la parole d’une femme n’étant pas toujours considérée à sa juste valeur, me taire pour vous permettre, à tes semblables et toi, d’exprimer bien mieux que moi ce qui vous anime est le mieux que je puisse faire…, à deux réserves près.

    1. Affirmer qu’aux États-Unis, la Loi s’applique à tous, n’est-ce pas un peu naïf et réducteur, compte-tenu, précisément, du déroulement de l’affaire DSK ? Oui : je partage parfaitement ton idée selon laquelle la Justice française n’aurait jamais été amenée à enquêter sur les agissements de DSK (du moins pas aussi longtemps que le pouvoir souhaitait le protéger…), parce que la pression des plus hautes autorités aurait été telle que même le juge le plus tenace et indépendant de ce pays n’aurait pas risqué sa peau. Oui : je partage également tes réticences devant l’argument de la présomption d’innocence, car pour s’être déroulés à New York, et non dans l’Hexagone, les faits incriminés sont exclusivement soumis au droit américain, donc à une législation pénale où prime la présomption de culpabilité, en vertu de laquelle c’est à l’accusé de démontrer son innocence. Mais pour autant, si c’est à la Justice américaine que nous devons d’avoir eu vent de l’affaire, n’est-ce pas également à cause d’elle que les poursuites seront abandonnées ? Car, sinon, comment expliquer que DSK soit autorisé à séjourner dans une prison dorée du seul fait de sa capacité à payer une caution d’un million de dollars en liquide, entouré par ses plus beaux tableaux de maitres, libre de quitter son domicile pour y pratiquer sa religion, libre de communiquer à distance avec qui bon lui semble…, pour ne citer que quelques faveurs plutôt extravagantes à mon gout, alors que d’insistantes rumeurs prêtent à sa défense l’intention de remuer ciel et terre pour trouver de quoi compromettre Nafissatou Diallo, de sorte que cette dernière doit désormais craindre de voir des armées de détectives privés s’intéresser aux moindres détails de son passé ou d’être confrontée à des personnes qui auront été payées pour salir son honneur par des témoignages à charges susceptibles d’accréditer la thèse selon laquelle c’est elle qui aurait provoqué DSK ? Le degré d’impartialité de la Justice américaine étant conditionné, encore bien pus que chez nous, par les moyens financiers et techniques de la défense, comment affirmer qu’au final, la loi se montrera réellement plus clémente qu’en France avec Mme Diallo, à qui l’on risque fort de proposer une juteuse indemnité pour soldes de tout compte alors que la faute, elle-même, n’aura même pas été réparée par de simples excuses de la part de DSK ?

    2. D’autant plus interpellé par ta phrase « … un homme déchu ne mérite aucun égard quand il est accusé de viol avec violence… » que ce coup de poing verbal marque l’entame de ton billet, j’ai commencé par trouver ces propos non seulement revanchards, mais surtout intolérables parce que contraires au principe de base d’un État de Droit et d’une démocratie civilisée, dont la France et les États-Unis, en vertu duquel tout être humain a le droit de conserver sa dignité, fût-il accusé des crimes les plus barbares. Considérant que ce qui vaudrait pour les violeurs de femmes dans un système juridique conforme à tes désirs pourrait tout autant servir à justifier l’existence de Guantanamo (après tout, un terroriste islamiste accusé d’avoir planifié de sanglants attentats susceptibles de tuer d’innombrables civils innocents ou des militaires américains dans l’exercice de leur mission de libération de l’Afghanistan mérite si peu d’égard que la Société a de bonnes raisons de se venger sur lui en le traitant comme un animal…). Cela dit, pour être honnête avec moi-même avant tout, comme il m’est arrivé, plus d’une fois, d’avoir des envies de meurtres contre des personnes qui ont abusé de mes pires faiblesses pour chercher à me détruire au plus profond de moi-même, il est vrai que la nature humaine a ses raisons que la froide rationalité de la norme juridique et sociale ne saurait canaliser, et je dois bien admettre qu’il est difficile de te reprocher cette phrase sans nier avant tout mes propres faiblesses de caractère… ! Par contre, tu peux compter sur moi pour adhérer pleinement à ces paroles au cas où il serait démontré que DSK a fait exprès de se présenter aux regards du public dans un état si lamentable (mal rasé, la chemise mal boutonnée), dans le seul but de susciter pitié et compassion devant des conditions de détention qui apparaîtraient excessivement inhumaines ou de marquer ainsi son mépris pour l’institution judiciaire, prétendument trop intouchable et intègre pour avoir à se soumettre à sa volonté, car quiconque viole intentionnellement sa propre dignité, homme ou femme, d’ailleurs, ne méritera assurément plus aucun égard de ma part !!!

    Heureux d’avoir trouvé très largement de quoi apprécier dans tes mots, je te souhaite bonne inspiration pour dimanche prochain et te dis « à très bientôt », Céline, ma grande journaliste de l’âme et du cœur !

    • cieljyoti dit :

      j’ai déguster avec délectation toutes tes critiques que je considère comme entièrement fondées. merci pour le lien d’Irène Théry que je n’ai pas su intégrer dans l’article (je vais essayer de corriger mon erreur). je suis la première à reconnaitre pour DSK un droit à l’innocence tant que le jugement n’a pas eu lieu. néanmoins, ce à quoi j’ai réagi dans ce petit article n’est pas tant ce qui s’est passé à New-York que ce qui s’est passé à Paris et qui n’a eu aucune suite juridique. si c’était la première affaire, je n’aurais jamais réagi comme ça, mais voilà, l’homme n’en est pas à son coup d’essai. c’est l’interview de Tristane avec Ardisson qui m’a littéralement révoltée. je t’assure que soucieuse de justice, j’ai pris soin de garder un ton neutre puisque subsiste un doute quant à la culpabilité de DSK. depuis 2 semaines, je ne cesse de ressasser cette question : si j’avais pu interviewer DSK, quelqu’un m’aurait-il prévenue du danger ?? je ne me fais guère d’illusion sur la justice américaine, je suis sûre que tout va se terminer par un arrangement financier, mais au moins, désormais, les choses sont dites. tous les journalistes pro que je côtoie sont formels, la classe politique française a pris une énorme claque et les langues vont de délier de plus en plus. rien que pour ça, je suis admirative du système américain qui a osé ce que la France n’aurait jamais osé imaginer. mon admiration s’arrête là, car le reste de ce système ne me plait guère. merci de ton aide Christian

      • Mon commentaire précédent comportant plus de deux liens, il était normal qu’il soit mis en attente avant d’être publié. Merci, donc, de l’avoir validé et d’y avoir répondu si vite ! Très heureux que tu apprécies mes critiques au point de t’en délecter, car, de mon côté, même si je suis le premier à avoir de l’estime pour la sincérité de ceux qui me disent franchement ce qu’ils pensent de moi, j’ignore si je pourrai, un jour, aller jusqu’à y prendre du plaisir !

        Tu as amplement raison de me rappeler que DSK n’en est pas à son coup d’essai, combien tous ceux qui savaient, mais ont préféré se taire se sont rendus coupables de non-dénonciation de crimes, combien le viol et les violences physiques envers les femmes sont des actes lâches, pervers et répréhensibles dont les victimes sont les seules à avoir pleinement conscience pour les avoir subis sur leur propre corps sans même pouvoir l’avouer, de peur de devoir soumettre leur déposition à des juges ou des commissaires de police majoritairement de sexe masculin ! En effet, on en parle probablement encore beaucoup trop peu pour faire bouger les lignes, comme s’il fallait, de temps à autres, que les puissants ou les célébrités de ce monde y soient mêlés pour captiver l’attention du public, et qu’une « victime médiatiquement exploitable » comme Tristane Banon serve, malgré elle, à défendre la cause de bien des sans-voix ; qu’en dis-tu ?

        Peut-être est-ce là, aujourd’hui, mon côté passablement réactionnaire, excédé par la fâcheuse tendance de la télévision à privilégier outrancièrement les sensations fortes aux réflexions de fond, à obliger quiconque veut y avoir droit de cité à se mettre en scène d’une manière conforme à la volonté de personnes que l’on n’appelle tout de même pas fortuitement « téléspectateurs » = participant à distance à des spectacles de tous ordres… Toujours est-il qu’outre le fond de l’affaire, qui devrait révolter toute conscience humaine, j’ai également été très choqué par la forme et l’atmosphère, pour le moins décontractée et indigne du sérieux de la situation, qui ont été imposées à Tristane Banon afin qu’elle puisse au moins commencer à expliquer un peu ce qu’il lui était arrivé.
        Sur ce plateau, tout le monde semblait avoir amplement connaissance des pratiques sexuelles violentes de DSK et de s’en amuser bien plus que de s’en indigner. Et pourtant, alors même que DSK bénéficiait d’un droit à l’anonymat dans la mesure où son nom était occulté par deux bips sur la bande son, Tristane Banon a dû se mettre dans ses pires états pour arriver à témoigner sur un ton badin, trop léger pour me sembler authentique si je ne connaissais pas le fond de l’histoire, si j’ignorais, entre autres, qu’elle avait bu pour se donner le courage de s’exprimer. En clair, si j’avais regardé l’émission en février 2007, à un moment où le simple fait d’entendre parler de condition féminine me donnait déjà de l’urticaire parce que j’étais en délicatesse avec les femmes en général, son rire, que je n’aurais certainement pas interprété comme une manifestation de nervosité et d’anxiété, son ton de voix relativement enjoué et l’apparente légèreté avec laquelle elle racontait son histoire m’auraient agacé pour leur manque de sérieux et de crédibilité, tant et si bien que je me serai demandé instinctivement s’il ne s’agissait pas d’un mauvais coup de la part du comité de campagne de Nicolas Sarkozy en vue de compromettre les chances de DSK de devenir l’un des futurs piliers du gouvernement en cas de victoire de ségolène Royal à peine trois mois plus tard. Et après avoir entendu que Tristane Banon, qui affirmait pourtant avoir monté un dossier solide auprès de l’un des meilleurs avocats de France, s’était résolue à ne pas porter plainte, de peur d’entrer dans l’Histoire pour avoir été la seule femme à ne pas avoir résisté à DSK, je me serais dit qu’elle n’avait qu’à s’en prendre à elle-même pour son manque de courage et de ténacité, voire sa lâcheté, qu’au final, c’est peut-être bien elle qui, par sa tenue vestimentaire ou ses gestes aguicheurs, a réussi à pousser DSK à la faute pour se prévaloir ensuite du statut de victime, qu’au vu de la légèreté et du détachement qu’elle a mis à raconter sa version des faits, sa soudaine notoriété télévisuelle a largement de quoi compenser les menus désagréments qui auraient pu résulter d’une pareille « aventure », et qu’elle ne serait certainement pas en train de se plaindre si elle avait eu le privilège d’être embauchée comme secrétaire particulière d’un homme politique aussi influent… Voilà, en tous cas, comment j’aurais perçu les choses à cette époque-là, à l’image de tant de mes congénères masculins, parce que conditionné par une image intrinsèquement méprisante de la femme en vertu de laquelle il y a rien de mal à projeter ses fantasmes ou ses faiblesses sur un corps féminin…
        Quatre ans plus tard, alors que je n’ai que trop appris ce que signifie de ne pas être pris au sérieux parce que présumé coupable de ma situation personnelle, je suis le premier à réaliser ma méprise fondamentale, à comprendre qu’une femme condamnée au moins implicitement au silence puisse être frustrée par cette attitude, d’où l’importance de promouvoir le concept de présomption de véracité en vue d’encourager quiconque s’estime victime d’injustices à sortir de l’ombre avant qu’il ne soit trop tard !

        Et si c’était toi qui avait eu le malheur de l’interviewer ce jour-là… ??? Au risque d’être pessimiste et d’ébranler ta confiance dans le genre humain, femmes comprises, je serais tenté d’avoir le profond et sincère regret de te répondre ceci. Le principal défaut de l’être humain est de se percevoir avant tout comme un individu, voué par ses prédispositions naturelles à penser à lui-même avant de rechercher le bonheur d’autrui. Par conséquent, son sens de la solidarité, c’est-à-dire sa conscience d’appartenir et de contribuer à un collectif (couple, famille, cercle d’amis, réseau social, hommes/femmes, Nation… en contrepartie du degré de protection que celui-ci offre à son individualité, est limitée par son propre instinct de survie dès lors que la solidarité dudit collectif à son égard lui semble insuffisante. Ainsi, il se pourrait qu’un homme, quand bien même au fait des pratiques de DSK, oublie simplement de te prévenir parce qu’il n’aura pas intégré la probabilité d’une agression sexuelle dans son schéma mental d’évaluation de la situation, plus tenté de te prendre pour une paranoïaque voyant un violeur potentiel derrière chaque membre de son collectif à lui que de présumer du bien-fondé d’une crainte féminine = inhérente aux préoccupations du collectif opposé au sien. Quant à une femme, je suppose qu’elle sera beaucoup plus attentive à ton sort…, mais que sa solidarité, pour quasi innée qu’elle soit, s’arrêtera au plus tard le jour où elle pourra t’envoyer au charbon à sa place pour s’épargner à elle-même ce qu’elle te fera subir ; non pas en sa qualité de femme, mais en tant qu’individu en mode « instinct de survie primaire »… Si l’on ajoute à cela la difficulté d’évoquer des questions si embarrassantes en public, de surcroît face à des personnes qui ne nous sont pas des plus proches, il y a fort à parier que tu aurais pu être sa prochaine victime et que tout le monde aurait fait semblant de ne pas savoir, à commencer par ceux qui, pour t’avoir abandonnée précipitamment à ses griffes, auraient été parmi les premiers à t’exprimer leur vive émotion pour se donner bonne conscience a posteriori.
        Je n’éprouve ni plaisir, ni fierté à t’écrire ceci, car, dans un monde idéal, j’aimerais tant te conseiller de ne surtout pas trop te faire de souci pour des choses qui n’ont qu’une faible probabilité d’arriver, mais puisque nous sommes encore loin de la perfection ici-bas, j’aime autant te préparer aux pires travers des hommes, te conseiller de t’équiper d’un bon téléphone portable doté d’une caméra haute résolution pour filmer tes prochaines interviews à huis-clos et disposer de preuves, le cas échéant, et te souhaiter du fond du coeur que jamais, le pire ne t’arrive, car l’amitié sincère, elle aussi, est un collectif, et par solidarité avec toi, tes souffrances ne manqueront jamais de m’affecter au plus profond de moi-même !!!

        Fort heureusement, les langues commencent enfin à se délier : après les vagues accusations de Luc Ferry en milieu de semaine, voilà que Patrick Balkany est accusé d’avances sexuelles par son ex-suppléante, et, qui sait, peut-être que d’autres affaires suivront bientôt. Puissent-elles alors également mettre fin à l’impunité de quelques violeurs anonymes, quand bien même DSK parviendrait à acheter sa liberté et à faire jurisprudence pour le pire, et puisses-tu ne jamais ranger dans ta poche ta langue déjà si déliée pour n’avoir de cesse de t’exprimer à ce sujet, étant donné que même tes propos les plus brutaux vaudront toujours infiniment mieux que ton silence !!!

        Bon courage dans ton combat, ma chère Céline, et au plaisir de te lire encore souvent !

  7. Abidou dit :

    Comment peut-on écrire autant de conneries la dénomée cielj…. , on a l’impression que vous étiez sur place à l’hôtel. Vous ne donnez aucune information intéressante. Vous répétez bêtement ce que vous entendez, lisez et voyez à la télévision. Prenez vos souces ailleurs, et vous serez surprise.

    • cieljyoti dit :

      les infos viennent de la police new-yorkaise, des éléments de l’accusation et de différents témoignages. bien entendu, si vous avez accès à une info différente, je suis ouverte et suis prête à la consulter. et vous-même, si vous n’étiez pas sur place, comment savez-vous qu’il s’agit de conneries ?

  8. oussamamuse dit :

    Ben nous autres, ch’tits chiches empreint de Suisse idées, le DSK cas pathétiquement médiatico franco comique, on s’en branle, même s’il ne l’a pas mâle violée, cette hôtesse de chambres d’hôtes à effets mi…nables!

  9. oussamamuse dit :

    DSK, cas nauséabond, voire DSK, cas nerveux?

  10. oussamamuse dit :

    Un bel abruti, en tout tout cas cas .. !!

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