Céline teste l’insignifiance

Jeune pousse éphémère au milieu d’un jardin de printemps, feuille mûre d’un soir d’automne ou particule au milieu du désert, je suis insignifiante. Je l’ignorais, personne ne me le dit jamais. Tiens, tu baisses aujourd’hui, tu es moins belle, tu as moins d’idées, tu es moins ceci ou cela, ça baigne, j’ai l’espoir de faire mieux. Égale à moi-même, insipide du levé au coucher, je ne sais plus si je dois me réveiller ou aller dormir. Tous les chemins mènent à l’indifférence.

Ma sincérité glisse sur lui, il ne répond rien. Ce que je dis n’a aucun intérêt à ses yeux. Je loge dans cet intervalle entre ce qui n’est plus tout à fait moi et ce qui ne l’est pas encore. Quand je traverse au vert, pas de klaxon, pas d’injures, personne ne me voit. Je suis passable. Invisible, je ne fais même pas attention à moi. Pourquoi il me regarde comme ça celui-là ! C’est pour tourner le couteau dans la plaie, pour me montrer combien je suis négligeable.

Fussli

Fussli

C’est comme si je n’avais pas de prise sur la mémoire des gens. Je m’évapore sans prendre la forme d’un souvenir. Je passe, rien ne reste. Je suis un trou de mémoire que personne n’a sur le bout de la langue. Je n’ai pas le temps de déprimer, ce serait attirer trop d’attention. Je n’en suis pas triste, je ne sais pas ce que je dois en penser. Ça ne veut rien dire, personne n’y comprend rien, tout le monde se tait sur mon passage, comme si elle n’existait pas.

Cette futilité frise le fanatisme, voire le terrorisme. Invisible, tout peut arriver. Un fou fonce sans regarder et, bing, il nous évite sans même savoir qu’il l’a fait. Heurtée, on s’inquiète de savoir si l’on est blessée, personne ne s’arrête, mon amour propre perd des litres d’hémoglobines. C’est fatigant la transparence. Au lieu de parler, il faut crier. Ces paroles qui ne reçoivent pas le moindre écho, pourtant je fais le vide autour de moi, la cage de résonance est vaste pour lancer l’écho très loin et il ne dépasse pas mes lèvres. Le son sort, timide, il se perd vite fait, je me perds avec lui.

Je suis si anodine que je reste confidentielle même quand je gesticule. Je parle en faisant de grands gestes. Quand on me voit, c’est pour se demander ce que je fais là. Forcément, je n’ai de place nulle part et il ne vient à l’idée de personne que je sois là par nécessité. Quand on me perçoit, on voit le petit plus ou petit moins dont on peut se passer sans nuire à l’histoire. On demande pourquoi on tombe, pas pourquoi on ne tombe pas. Je fais la funambule, ça indiffère.

L’inexistence déteste la solitude et le silence. Personne pour ne pas la remarquer et ne pas l’entendre. Dans une réunion d’amis, on se voit rejetée par les autres discourant entre eux. Seule, on entretient le doute de sa banalité. S’il y avait quelqu’un, peut-être me verrait-il ? Je me dénude. Dans mes rêves, c’est ce que je fais, nada, j’y suis aussi insipide qu’ailleurs. Pour exister, il faut faire semblant, sinon personne ne nous voit.

Pour vivre heureuse, vivons la cachotterie. C’est en chuchotant que j’ai le plus de chance de me faire remarquer. On se dit, elle exprime sûrement quelque chose sans intérêt ! Je me sens comme une goutte d’eau dans un verre rempli à ras bord. Si encore j’étais la dernière provoquant un débordement, on pourrait dire, celle-là, c’est celle de trop. Même pas, je suis à l’heure, au moment propice, la forme appropriée, évanescente.

Se faire remarquer, l’art de se déshabiller sans rien montrer, la stratégie de la signifiance. Je montre tout, je lasse. La gentillesse est prévisible. J’ai voulu faire un stage dans la méchanceté, on m’a envoyée dans ma féminité. Si tu ne trouves rien là, tu ne le trouveras nulle part. Trop gentille, pas assez féminine. On n’est pas femme tant que l’on ne ressent pas le besoin de blesser sa copine ou de faire comprendre à un copain qu’il serait un amant d’enfer s’il quittait le paradis. On passe sa vie à recoller les morceaux. Et quand ça ne colle plus, il n’y a plus rien à décoller, on s’ennuie.

Pour échapper au dérisoire, l’homme tire sur sa queue comme un forcené, pas mieux que de s’enfouir dans une caverne en espérant la venue du messie. Un wagon n’a pas le choix, il lui faut une locomotive, un dieu, un maître, un gourou, un des machins qui gueule plus fort que les autres. Quand on n’existe pas par soi-même, il faut se laisser tirer par les autres, autant choisir par qui, ça nous donne de la gravité.

Dans la loterie de la vie, on trépigne, on se lamente, rien n’y fait, on reste absente. Ni nulle, ni exceptionnelle, moyenne, tout le monde nous reconnaît, personne ne fait attention à nous. On nous écoute comme une émission de télé ennuyeuse, plus vite finie, plus vite oubliée. J’ai l’impression de voler mon dû. Forcément, ce que je fais est probable alors je suis celle qui fait comme unetelle. Dans la grande lessive de la vie, je déteins sur tout le monde comme tout le monde déteint sur moi.

Je ne t’ai jamais vue, c’est comme si je t’avais déjà vue, comme si on s’était tout dit, comme si on n’avait plus rien à dire. Ça a le mérite d’éviter de gâcher de l’énergie à faire semblant. Investie de la mission de passer inaperçue, de boucher les trous, d’être pareille au même, je réussis ma tâche. Je me dis, à force d’être là, on va m’apercevoir. Je n’ai pas le temps de me demander si je suis originale, tout le monde regarde ailleurs. Je suis celle qu’on n’arrive pas à différencier des autres. Même les paléontologues ne sauront pas que j’ai existé, je ne laisse aucune trace !

Rien de mieux qu’une séparation houleuse, la haine d’un couple aigri est le meilleur moyen de sortir de l’anonymat. On ne choisit pas ses amants, mais on choisit la façon de les quitter. J’égrène mon chapelet d’insultes soigneusement choisies pour cingler ses oreilles. Les reproches tournent autour de ce que l’on estime être un manque de respect, pire une négligence. Comment oses-tu porter des slips de cette couleur ? C’était pas une raison pour verser du détergent liquide dans mes pâtes ! J’ai confondu avec l’huile. Comme je te cherche encore dans le plume, je me suis rabattue sur la clé anglaise que tu y as égarée. Avec tout le bordel que tu mets dans la maison, tu as tué tout ce qu’il y a de bien en moi ! Je lui annonce triomphalement, je te quitte. Je m’attends au pire. Il me répond, si tu y tiens, pas de souci. Ça a l’air de lui faire plaisir, à se décourager de vivre à deux.

Quitte à être insignifiante, autant l’être dans une situation valorisante. L’avantage d’être quelconque, on nous laisse entrer, on ne nous remarque pas. C’est pour ça qu’il y a tant de soirées où l’on s’ennuie mortellement. Moi, je suis d’accord pour faire la claque, faire la ventouse sympa, servir de paillasson à ceux qui viennent juste de sortir de l’anonymat sans être entrés dans le potentat, j’accepte tout du moment qu’on m’invite. Vous savez, nous n’avons que 200 invités, alors nous sommes obligés de les trier sur le volet. Le problème, c’est qu’il n’y a qu’un volet et c’est moi.

Dans le beau monde, on se sent peu de chose. Je ne vais pas fréquenter le club de ceux qui ont raté le train, ça leur donnerait de l’importance. Je la garde pour moi l’importance, je ne risque pas de m’étouffer avec. Même invitée, je me sens clandestine. Je ne leur donne pas mauvaise conscience, je suis genre miroir, je leur renvoie leur bonne conscience, alors ils me tolèrent. Ils me lancent des miettes, il faut juste que je ne les laisse pas tomber, je ne suis pas ici pour faire le ménage.

Je me mets subrepticement devant lui. Par miracle, j’arrive à m’emparer d’un verre de champagne après plusieurs tentatives infructueuses faute d’être visible. Bien sûr, il ne me voit pas. Je lui balance la coupe sur son veston et je me rue sur lui. Pas de bol, au même moment, il voit sa nana et se dirige vers elle, c’est un gros antipathique qui se tape le champagne. J’éponge, je m’allonge d’excuses. Il n’y a que moi qui n’ai rien bu dans cette soirée. Dommage que les fleurs n’aient pas de mémoire, au moins elles se seraient souvenues de moi, peut-être ?

L’insignifiance est contagieuse. C’est drôle comme deux insignifiances se jalousent, personne ne les voit, elles ne voient qu’elles. Incroyable le bruit que ça peut faire quand ce n’est pas content une banalité. Chaque matin, il prend combien de temps ton mec pour te retrouver dans le lit ? Et toi, il te perd combien de fois par jour ? La dernière fois, à la soirée, il croyait que tu étais rentrée toute seule alors que tu l’attendais dans un coin. Ton mec, il ne doit pas te reconnaître, vu le temps qu’il passe avec les autres filles. Avec les mecs que tu attires, il y en a qui pensent que tu es directrice d’hospice. Eux, ils me payent ce que je veux, toi, tes ados, ça fait un sacré trou dans ton budget, non ? Le plus marrant, c’est quand deux insignifiances se crêpent le chignon : elles font quoi les filles là-bas, oh, elles testent une nouvelle danse. Elles ont beau hurler et s’enfiler des coups, tout le monde s’en fout. Deux inconsistances donnent encore moins de consistance.

Tu ne m’arrives pas à la cheville question insipidité. Ça me ferait mal, je suis imbattable ! Cause toujours, personne ne sait que tu parles. Je suis la meilleure, toi personne ne t’entend, moi personne ne me voit. Remarque, en ne te voyant pas, ils ne perdent pas grand-chose. En ne t’entendant pas, ils perdent une occase de rigoler un bon coup. Tu es injuste avec toi-même, ils te voient parce qu’à chaque fois tu te retrouves avec tous les manteaux, ils te prennent pour la bonne. Toi, je confirme, ils ne t’entendent pas parce qu’ils ne se sauvent pas en courant. Ce qui est bien dans l’insignifiance, c’est qu’on peut se traiter de tous les noms, ça n’a pas de conséquence.

L’insignifiance rend bavarde. D’abord, on n’a pas grand-chose à dire, mais plus on se sait insignifiante, plus on en parle. N’importe qui a une conversation avec n’importe qui d’autre. Ils ne font pas n’importe comment, question de dignité. À coup d’insignifiance, on peut faire avaler n’importe quoi. Maille à l’endroit, démaille à l’envers, pelle de ci, mêle de là, brique en haut, braque à gauche, volte qui peut, face au bout, la discussion bat son plein. On ne se méfie jamais assez du détail insignifiant, il suffit d’en mettre plusieurs bout à bout pour faire une cacophonie.

Mourir frappe l’esprit. Tout le monde se sent concerné. Quand on a peur de quelque chose, pas besoin d’en faire une tonne, une allusion et la machine s’emballe. Nul besoin d’accessoires, les suggérer, en détournant les objets de leur fonction initiale. Quand on est végétarienne, qu’on ne fume pas, qu’on ne boit pas, qu’on se couche tôt, c’est pas facile de choper une crise cardiaque, même factice. Le plus difficile n’est pas de mourir, mais d’en convaincre les autres.

Tout dans la simplicité, l’annonce d’un grand voyage. Les gens arrivent, ils ne partent pas, ils n’osent pas. Je vais partir très loin. Tu as une bonne assurance, j’espère ? Là où je vais, pas besoin. Alors tu ne vas pas très loin. J’hésite entre le cimetière du Père-Lachaise et celui de Montmartre, pour les peintres. Plein de romantisme ces endroits. Morbide oui. Tu crois à la vie après la mort ? J’en suis restée à la mort après la vie, un Update ? Ma copine adore me chambrer. Je suis à deux doigts du sabordage et elle se marre de moi.

Attraper une maladie, genre coqueluchonnerie, ça fait parler. Le danger est d’être placée en quarantaine. On me verra encore moins. Tu as vu un médecin ? Non, j’en ai vu quatre, chacun a trouvé un truc différent, je ne sais quoi penser. C’est dû à quoi ? Je n’ose lui répondre que c’est parce que je suis insignifiante, ils voient ce qu’ils veulent chez moi, sans jamais rien de trouver de grave, que des trucs bénins, c’est vexant. Même quand je suis malade, c’est sans importance. On ne me demande même pas si je vais mieux, il paraît que ça se lit sur mon visage. Quand je pense qu’il suffit de regarder mon visage pour tout savoir sur moi, ça me donne envie d’en changer. L’avantage avec l’insignifiance, c’est qu’on peut en changer, personne ne s’aperçoit de rien.

On assassine l’insignifiance à coup de contre-pieds. Oui, je réponds non, peut-être, sûrement, demain, aujourd’hui, à droite, je prends la gauche, sur la tangente, la contre tangente, à l’ami, je fais l’ennemie, à l’esprit, la matière, à contre-courant du moment que c’est opposé. Ça ne marche pas. Quand on ne veut pas regarder l’endroit, je ne vois pas pourquoi on voudrait voir l’envers ?

I think to myself, what a wonderful insignificance ! Je n’ose pas me suicider. Il n’y a rien de pire que de passer inaperçue dans un hôpital là où justement tout le monde est censé faire attention à chacun. Vénielle comme je suis, ils seraient capables de me laisser agoniser avec une seringue dans les fesses. Tiens, où étiez-vous partie ? J’en viens à me demander comment il fait dieu pour savoir si j’existe ou pas ?

Je veux m’évader du cachot de la platitude. Par les airs ou dans un tunnel ? En fait de reine de l’évasion, jusqu’à présent j’ai surtout réussi à me mettre en prison, alors pour en sortir, je me pose des questions. On dit que les gens restés longtemps hors de la lumière, quand ils la voient, ils en sont aveuglés. Est-ce je risque d’être aveuglée de sens ?

J’ai creusé tout ce qu’il y a à fouiller, genre si tu dis ça, c’est que tu veux dire autre chose. À coup de pourquoi et parce que, on creuse son trou. Sans les bonnes questions, ni les bonnes réponses, on creuse en rond. Par un tunnel, ça donne un petit côté diabolique, tiens voilà la diablesse, elle arrive pile pour le barbecue, espérons qu’elle ne brûle pas les saucisses.

De dépit, je m’élance dans les airs. Aérienne, je peux tout dire, tout est dans le courant d’air et, moi, je ne suis au courant de rien, pas même de l’air à avoir. Par les airs, ça donne un petit côté céleste qui me plait bien, tiens voilà un ange qui passe, espérons qu’il ne rate pas l’atterrissage, des fois qu’il s’écrase sur nous, des trainées de sang, ça fait désordre. Bonjour l’accueil dans le monde de la signifiance !

Suprême désinvolture, l’univers repose dans la magnificence de ses milliards de galaxies. Un atome, c’est exagérer. Je ne savais pas qu’il faut être physicienne atomiste pour parler de soi. Je n’avais pas compris qu’il faut crier toute une vie pour disparaître sur un malentendu. J’ignorais que cela puisse faire tant de bien d’entendre dans cette immense solitude : suis-je donc la seule à porter un string jaune à points vert et orange !

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Comments
16 Responses to “Céline teste l’insignifiance”
  1. marc lessard dit :

    Hum Salut ton BILLET un peux comme un espace virtuel !

  2. gabale dit :

    Chère Céline,

    J’ignore si ce texte fait référence à une expérience vécue, mais il est tout simplement magnifique. En tout cas, il me rappelle des sentiments que j’ai éprouvés quand il m’a « fallu » quitter ma compagne il y a déjà plusieurs années de ça.

    Bien à toi.

    • cieljyoti dit :

      un peu de mon vécu, beaucoup de celui des autres, mais que je partage, très heureuse de savoir que je t’ai touché en espérant ne pas avoir ravivé des sentiments difficiles, merci pour ton commentaire

  3. M1 dit :

    Nous créons notre univers, notre espace, nos galaxies, nos étoiles …
    Le string jaune à points vert et orange, c’est pour s’affirmer ; )

  4. …Il est préférable je l’admet aussi de se sentir insignifiant devant l’Univers que devant une amoureuse ou amoureux qui par maladroitesse sentimentale ou simple méchanceté, nous enlève toutes notre signifiance, envalée par le remous maudit de cette légendaire froideur humaine… Bien de remettre les choses en perspective et souligner par ta belle Plume une autre preuve qu’il faut être sans compromis dès qu’on tente de nous rendre insignifiant…Surtout en couple;-)

  5. Caitrin dit :

    …Il est préférable je l’admet aussi de se sentir insignifiant devant l’Univers que devant une amoureuse ou amoureux qui par maladroitesse sentimentale ou simple méchanceté, nous enlève toutes notre signifiance, envalée par le remous maudit de cette légendaire froideur humaine… Bien de remettre les choses en perspective et souligner par ta belle Plume une autre preuve qu’il faut être sans compromis dès qu’on tente de nous rendre insignifiant…Surtout en couple;-)
    +1

  6. marc @lesexdanslacite dit :

    ha salut vacance pas de service dici le 5 aout vas aller dans une bibliotheque

  7. oussamamuse dit :

    L’insignifiance lourdeur de l’avoir été est-elle moins lourde à porter voire à supporter que l’insoutenable légèreté de l’être élu et lu ou de ne pas l’être… las, là, n’est pas la question!

  8. kapoian véronqiue dit :

    j’ai toujours éprouvé une grande tendresse, pour  » l’invisible » , pour l’insignifiance, le quotidien, le banale…. votre texte mérite de sortir de l’ombre d’un blog . Il a la force de donner a entendre ce qui ne se voit pas .
    Avez vous songer au théâtre ?

    • cieljyoti dit :

      j’ai toujours pensé que c’est ce que l’on ne voit pas qui est le plus important. vous avez tout à fait raison, le théâtre, quand il maîtrise les non-dits, est un art merveilleux et fascinant. je ne m’y suis pas encore essayée, mais j’y songe beaucoup, merci pour votre commentaire

  9. marc lessard dit :

    Oui Céline ce qui est visible

    A vous peux étre invisibles à d’autres milan Kundera

    Je regardé tomber les feuilles des érabled eu route vers l’aéroports départ à 19h30) arriver à 19h30 à Montréal toujours les MÊME feuilles aux s’arbres ce qui est invisibles aux yeux l’ais au coeur

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