Toulouse-Lautrec (1864-1901)

Un visage d’enfant rieur hirsute de poils noirs, les membres courts, homme sans pouvoir l’être, génie de la peinture, cela fait beaucoup pour une personne. Rarement un être a tout contre lui, plus rarement encore il transforme ses handicaps en une formidable machine à créer, à commencer par sa liberté. Il aime rire et faire rire, plaisir de provoquer, se déguiser, un affranchi.

A la Mie, 1891

A la Mie, 1891

L’esprit, la révolte, la dérision, la fuite sont la conséquence de l’absence de ce corps tel que l’aurait souhaité son père, Alphonse de Toulouse-Lautrec (1838-1912), rêvant de guerre et de chasse. Il vit dans un autre monde, celui d’un héroïsme qui n’existe que dans sa tête. Son fils unique dit de lui « quel drôle de bonhomme… Le vieux con. » Cette famille fait partie de l’aristocratie provinciale, pas riche, mais à l’abri du besoin. Ce sont des royalistes. Il se serait bien paradé de ganacheries aristocrates, son physique le lui interdit.

Lautrec au Moulin Rouge, 1893

À l’âge de 8 ans, il est atteint de fièvres lui enlevant toute énergie. Il passe une grande partie de son enfance dans un lit. Il ressent de fortes douleurs dans les cuisses tout en ayant des maux de tête persistants. Il est immobilisé. Il est atteint de pycnodysostose, une maladie osseuse très rare. Il se fracture les jambes en mai 1878, puis en août 1879. Sa vie est obstacles, il se déplace avec difficulté. Durant son akinésie, il dessine et se met à la peinture. Sans renier ses origines, par défi, Henri lorgne le réel qu’il décortique.

L’aristocratie française décadente est décalée des réalités bourgeoises de fin de siècle. Henri hérite de la dégénérescence de sa famille. Nombreuses relations entre proches cousins. On dit sa mère Adèle pieuse, sévère, possessive et avare. Sûrement un peu de tout ça et rien. Henri est son fils adoré. Elle l’encourage et donnera beaucoup d’argent pour la création du musée d’Albi qui, sans le savoir, sera un jour celui de son fils.

Son arrière-grand-père est peintre. Un cousin veut créer un musée à Albi. Son oncle Charles de Toulouse-Lautrec (1838-1917) l’incite à dessiner. Son père fréquente des peintres, des classiques. Un des amis du père est le peintre animalier, René Princeteau(1843-1914). Cette aristocratie est soucieuse d’art. Pour le jeune Henri, ce souci est sérieux.

Princeteau dans son atelier, 1881

1872, ses parents s’installent à Paris, dans le quartier de La Madeleine. Ses études sont fortement perturbées par ses maux. Spectateur de sa vie d’enfant, ce sont les femmes de la maison qui s’occupent de lui. Il est gai, ce qui est surprenant dans un entourage qui cache mal ses inquiétudes. Henri est physiquement fragile, il casse pour un rien. L’esprit, lui, est en fer, souple et ouvert. S’il avait eu une force physique, il aurait pu partager les folies de son père. Infirme, il ne le peut pas. Il montre ses folies.

Justine Dieuhl, 1889

Dès 1874, Henri se passionne pour le cirque dont il commence à faire des dessins. Il dessine tout le temps. Il suit les cours de Princeteau dans son atelier, rue du Faubourg-Saint-Honoré où il rencontre d’autres peintres, dont Jean-Louis Forainqui l’influence énormément. Ses parents ne s’opposent pas à sa vocation. Tout ce qu’il ne peut faire, il le réalise dans sa peinture. Sa vie physique est contrainte, sa vie picturale est souveraineté et audace. Aucun ressentiment, un amour de la vie, une vie qui existe, pas celle où l’on réfugie ses rêves. Fuir l’amateurisme et le superficiel, affronter l’essentiel, entrer dans la vibration de la vie, la danser jusqu’à l’extase. La beauté est un idéal, un arrêt, la mort. La vie est une matière en ébullition, un mouvement dont on ne connait que les instants éphémères.

L'acteur Henri Samary, 1889

Dans la vie ou dans son art, il n’est pas révolutionnaire. Il poursuit le dessin de Degas avec la lumière de van Gogh. « Ça, Lautrec, on voit que vous êtes du bâtiment » s’exclame Degas, en 1893, en voyant ses œuvres. Henri n’a pas besoin de vendre puisqu’il touche une pension de sa famille. Mais il veut le statut de professionnel. Le peintre expose à partir de 1883, à Pau. Il a besoin de reconnaissance. Il ne trouve guère de considération. En 1886, il expose au Salon des Arts incohérents des peintres anticonformistes montmartrois.

Après avoir obtenu son bac en 1881, grâce à Princeteau, en avril 1882, il devient élève de Léon Bonnat, futur professeur aux Beaux-Arts en novembre 1883. Parce que Bonnat renonce à enseigner, Henri reste trois mois. De novembre 1882 à mai 1887, il étudie dans l’atelier de Fernand Cormon (1845-1924), rue de Constance, au bas de la rue Lepic. Cormon est un peintre reconnu, c’est un technicien habile, pas un artiste, il est tolérant à l’égard de la nouveauté. Avant d’être artiste, il faut maitriser la technique. Henri un travailleur acharné. Copier les maîtres là est l’enseignement, reproduire les astuces de ceux qui ont précédé. Quand on comprend, on s’en fait une idée, parfois une théorie, elle vient toujours trop tard. Au Louvre, il est fasciné par les maîtres espagnols.

Il est l’ami de Louis Anquetin (1861-1932) qui le pousse à sortir de l’académisme. Il rencontre aussi Émile Bernard et van Gogh. Gustave Lucien Dennery (1863-1946) pose souvent pour lui ainsi que François Gauzi (1861-1933). Cormon pousse ses élèves à peindre en dehors de l’atelier, plus proche de la vie. En sortant de l’atelier, nos amis sont près du quartier de Montmartre. En 1884, il découvre et adopte la technique de Raffaëlliconsistant à diluer la peinture dans de l’essence de térébenthine pour l’étaler sur un carton.

Jeanne Avril dansant, 1893

Ses tableaux plaisent et il vend. En 1890, son condisciple en huitième et ami intime, Maurice Joyant (1864-1930) remplace Théo van Gogh comme directeur de la galerie Goupil boulevard Montmartre qui avait acheté, en 1888, des œuvres de l’artiste. Par la suite, il sera en contact avec Paul Durand-Ruel, Ambroise Vollardet d’autres qui l’apprécient. En 1893, Maurice Joyant organise dans l’hôtel particulier de Goupil, au 9 rue Forest, une exposition personnelle. En 1898, la maison Goupil organise une exposition à Londres. On raconte qu’il s’est endormi lors de la visite de membres de la famille royale. Comme en France, le public est choqué par les personnages, mais reconnaît son talent. On lui reproche sa vulgarité. Il dit en 1891 : « je ne suis d’aucune école, je travaille dans mon coin, j’admire Degas et Forain. »

Yvette Guilbert, 1894

En décembre 1887, van Gogh expose ses œuvres avec celles d’Émile Bernard, Louis Anquetin et A. H. Koning, au Grand Bouillon, un restaurant au 43 avenue de Clichy. Toulouse-Lautrec est fasciné par la peinture d’un condisciple rencontré dans l’atelier Cormon. En 1888, le Groupe des XX, exposant à Bruxelles les peintres modernistes, lui demande d’exposer. En 1890, il provoque en duel le peintre belge Henry de Groux qui a osé traiter son ami van Gogh « d’ignare et d’esbroufeur. » Paul Signac se propose de continuer le duel si jamais Henri est tué.

Sa vision de la société est conforme à la pensée de l’époque. La femme reste vouée au monde domestique, l’homme sort et va dans la société pour jouir de ses privilèges. Il choque par la crudité des personnages, pas en montrant ce que l’on ne saurait voir.

Au Moulin Rouge, 1893

L’esprit critique est aiguisé par un don d’observation exceptionnel. Il raffole des caricatures. Saisir le défaut, l’exagérer jusqu’à l’outrance tout en offrant un aspect esthétique, Henri est doué. La dérision côtoie constamment le drame et la comédie. Les objets et les paysages ne l’intéressent pas. Ce qu’il veut, c’est l’être dans sa profondeur. Il n’hésite jamais à se moquer de lui-même. Il a l’humour cynique, aucune méchanceté, encore moins d’aigreur. Pour cet être au physique ingrat, l’observation est son oxygène. Aucune idéalisation, seul le réel le préoccupe. Pour s’emparer de ce réel, il le dessine. Plus tard, il le met en couleur. Ses pinceaux deviennent sa revanche sur la vie.

Le Montmartre de Toulouse-Lautrec est attaché à Paris en 1860. Il existe deux Montmartre à l’époque, le Nord pauvre, habité par des ouvriers et fréquenté par une faune désœuvrée, le prolétariat de la Commune, et le Sud, un quartier bourgeois. Sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart, séparant Paris de Montmartre, s’installe l’industrie du spectacle avec ses bals et ses cafés-concerts, axés sur les plaisirs du sexe.

Yvette Guilbert, 1894

Aristide Bruant devient célèbre avec des chansons tristes utilisant la langue des souteneurs, des gangsters et du prolétariat. Il commence sa carrière au cabaret du Chat noir, ouvert depuis 1881. Il ouvre son propre cabaret, le Mirliton, en 1885, au 84 boulevard Rochechouart. Le public bourgeois adore venir s’y encanailler. C’est un lieu de commerce pour faire de l’argent. Pour cela, la publicité joue un rôle important dont le support est l’affiche. En 1886, Henri reçoit sa première commande de l’Élysée-Montmartre. En 1891, il obtient la commande d’une affiche pour le Moulin Rougequi détermine une grande part de sa carrière puisqu’il s’y consacre entièrement. Les bals de Montmartre et leur succès commercial font le bonheur des artistes. Les affiches de Toulouse-Lautrec sont conçues dans un esprit commercial. Elles lui permettent de toucher un public plus vaste.

Moulin Rouge, 1891

Sa première expérience avec Montmartre, c’est avec le cirque Fernando établi en haut de la rue des Martyrs depuis 1873. Ferdinand Beert (Fernando), cavalier, inaugure un bâtiment en dur en juin 1875. Le spectacle est centré autour du clown Medrano. Le cirque décline avant d’être récupéré en 1897 par Medrano qui lui donne son nom. Sa famille le dirige jusqu’en 1943. Il ferme en 1963. Les peintures de cirque de Lautrec datent des années 1887/1888.

Manège au cirque Fernando, 1888

Il adore le théâtre, surtout les acteurs et actrices. Sa vision d’artiste est remplie de théâtralité. La mise en scène, les personnages, les lumières et jeu d’ombres, les loges, le public sont sa matière première. Sa peinture est théâtrale. Le texte l’intéresse moins que l’atmosphère dans lequel il baigne comme un poisson. En 1896, il travaille en collaboration avec d’autres peintres sur les décors de Ubu roi d’Alfred Jarry monté par Lugné-Poe.

Apothéose de son œuvre, les maisons closes. Ses amis prétendent qu’Henri trouve chez les prostituées un accueil digne d’une seconde famille. L’hypocrisie de l’époque critique avec virulence ces peintures, non le bordel en soi, jugé nécessaire par les contemporains, mais sa représentation. La prostitution est vue comme le garant de la famille en drainant la sexualité irrépressible des hommes. La prostituée est isolée par tous les moyens de la société. Ce sont des femmes soumises à des contrôles médicaux réguliers. La misère croissante oblige de plus en plus de femmes à se prostituer, échappant à la bureaucratie.

Au salon, le divan, 1894

À Paris, on compte quelque 100 000 prostituées, plus ou moins, beaucoup sont occasionnelles. Les femmes des maisons closes sont déclarées, celles qui font les trottoirs ne le sont pas. L’industrie du vêtement propose désormais un habillement de qualité pour un prix modique, permettant aux femmes pauvres de s’habiller avec goût. À l’époque de Lautrec, la maison close est en déclin. En 1856, on recense 202 bordels, ce chiffre tombe à 65 en 1888 avec 686 filles déclarées. La tenancière retenant la moitié des gains, il est plus intéressant de devenir indépendante. En cette fin de siècle, dans la littérature et les arts, la prostituée s’humanise.

Au salon de la rue des Moulins, 1894

Il est illégal pour un homme de résider dans une maison close. Henri n’a jamais peint ses œuvres dans le bordel. Le travail du peintre est de l’ordre du reportage, montrer les filles dans leur quotidien et l’ennui des heures d’attente. Dans la majorité des représentations, il supprime tout aspect érotique et le client est absent. Le spectateur n’est pas un voyeur, mais un témoin. Les femmes sont habillées, elles sont sérieuses et dociles. Les maisons closes offrent un spectacle de la vie.

Femme tirant son bas, 1894

Lautrec aime peindre les lesbiennes. Le lesbianisme est couramment représenté dans le monde de la pornographie. Il existe une tradition dans la peinture, peut-être depuis le XVIè siècle, de représenter les femmes entre elles. Courbeten a fait plusieurs représentations. L’homosexualité masculine est condamnée, pas féminine. Le lesbianisme est associé à une décadence. Il est toléré, car il ne remet pas en cause la virilité de l’homme.

Les deux amies, 1895

C’est un peintre relativement reconnu. Aucune malédiction ni malheur si ce n’est son physique et son alcoolisme. Cela ne signifie nullement que son art a été compris, mais il n’a pas été rejeté. Le premier à parler de Toulouse-Lautrec avec pertinence est Henri Focillonqui, en avril 1931, lors de la rétrospective au musée des Arts décoratifs, dit « Lautrec et Degas sont cousins germains dans cette vaste entreprise de mise à nu de l’humanité… Lautrec est plus insidieux et apparemment plus libre. » Disons qu’il vient après.

La femme au boa noir, 1892

Une peinture sans sentiments, sans fioritures, sans lyrisme, à la limite du caricatural, tonifiant et réaliste. Une immense sensibilité sous un trait sans compassion. Le corps effroyablement maladroit, la pensée aiguisée à l’extrême, jusqu’à la cruauté. Ces gens qui parlent de grossièreté ont raison, le monde humain est grossier, arrogant et prétentieux. Lautrec est un observateur continuant la tradition d’un Jérôme Bosch à Georg Grosz en passant par Daumier, sans complaisance.

Lautrec n’est pas impressionniste. La lumière est décorative. Ce qu’il traque, c’est la nuit qui n’existe que grâce à la lumière artificielle. C’est l’artifice qu’il dévoile, pour le décortiquer. La franchise le définit au mieux. Pas d’effet futile, des couleurs nettes, un contour précis, libre et vigoureux, aucune fioriture, pas d’impression, mettre le doigt là où ça fait mal. Quelques couleurs, la simplification extrême. Comme chez Degas, le contour devient couleur. Ce sont des lignes qui font l’art. Rien n’est laissé au hasard. C’est un virtuose.

Jane Avril dansant,1892

Le peintre est un portraitiste. Il innove en ne peignant pas seulement le visage, mais l’attitude entière qui soutient l’intensité. Le visage est un corps et le corps, un visage. On ne sonde pas un être à son regard, mais à l’expression générale de son corps dont la posture est révélatrice de la personnalité. Comme les mains, les pieds ont leur importance autant que les vêtements. L’aspect officiel ne l’intéresse pas, il sonde l’intimité. De cette intimité, il tire un type humain.

Jeanne Avril quittant le Moulin Rouge, 1893

La vision caricaturale exagère les traits pour mieux en révéler la réalité, de façon ironique. La caricature est courante à l’époque du développement du journalisme moderne. En 1870, la presse quotidienne publie un million d’exemplaires par jour, en 1910, cinq millions. En 1887, à lui seul, le Petit Journal diffuse un million de journaux par jour. Les nouvelles techniques d’impression permettent de baisser le prix de vente. La presse est friande de caricatures. Elles jouent un rôle déterminant dans le développement artistique du XXè siècle. Daumier, puis Forain, Steinlen et Lautrec font de la caricature un art à part entière. Une nouveauté qui influence l’art à venir.

La caricature ne laisse pas indifférent et permet d’accéder à l’image. Elle offre un message immédiat et brutal. Un message social et politique qui dénonce et critique. Un langage de révolte qui enthousiasme la jeunesse dont fait partie Lautrec. La caricature se développe en même temps que la presse. Son avantage, elle est comprise par tous. Son défaut, comme elle fait rire, on ne la prend pas au sérieux. Peut-être n’y a-t-il que dans la caricature que le peintre se reconnaît.

Arrivée la Goulue au Moulin Rouge, 1892

Le trait féroce met à nu une absence. Pas d’enjolivures, de regards nous rappelant l’âme qui fait l’être vivant. Cette intensité de la vie est celle d’une déchéance. Avant d’être oublié, le corps en sursis exprime ses derniers soubresauts, un pied de nez à la mort. La vie est une difformité, ankyloses d’hypocrisies, de tromperies, d’errances et de solitudes. Un univers grotesque.

Tout a l’air précipité chez lui comme s’il voulait gagner du temps sur la vie. C’est une illusion. Tout est réfléchi. Son œuvre est l’aboutissement d’un travail de recherche que ce soit à partir de photographies, de brouillons ou d’études. Sa peinture intelligente s’attarde dans l’observation. Aucune brusquerie. On ne supprime pas facilement le superficiel. L’essentiel est ce qui demande le plus d’obstination. En rajouter est facile et rapide, réduire à l’essence, nécessite une vie.

Dressage des nouvelles par Valentin le Désossé (Moulin Rouge), 1890

Henri parle de sa première cuite en 1881. Il voue une passion pour l’alcool et ses effets. Reste à savoir ce qu’il en est. Son état physique ne permet pas une consommation outrancière. Il doit rester modéré. Selon ses mots, « boire peu, mais souvent », avec les amis. Ses premiers ennuis avec l’alcool datent de juillet 1897 où il fait une crise. À partir de ce moment, ses confidents le trouvent irritable. Sa santé se dégrade. Il est atteint de syphilis. Il se sait condamné. Des témoins parlent d’un comportement autodestructeur. En 1898, sa production artistique diminue fortement. On dit qu’il souffre de paranoïa et d’hallucinations.

Bal du Moulin de la Galette, 1889

Il connait une grave crise le 4 janvier 1899. Son comportement devient incohérent. Il est interné début mars dans une clinique privée à Neuilly, sans son consentement. Son père n’intervient pas. À ce moment, il connait la gloire pour ses affiches qui ont été choisies pour l’Exposition universelle de 1900. Il peint avec acharnement pour montrer à tous qu’il n’est pas fou. Le 17 mai 1899, il est autorisé à sortir à condition d’être accompagné en permanence par Paul Viaud qui devient son ami. « J’ai acheté ma liberté avec mes dessins. »

Le violoniste Dancla, 1900

Il fait un séjour au Havre puis à Bordeaux, où il séjourne près de 9 mois, fréquentant cirques, théâtres et cafés-concert. Il travaille avec enthousiasme. Il s’est remis à boire. Il est à Paris, pour la dernière fois, d’avril à juillet 1901. Son style de peinture est devenu sombre et empâté. Il meurt au château Malromé, la demeure familiale du peintre en Gironde, le 9 septembre 1901. Le 30 juillet 1922, Maurice Joyant, en présence du ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, ouvre le musée Toulouse-Lautrec à Albi. Les jeunes peintres de l’avant-garde se sont emparés depuis longtemps de son œuvre.

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Comments
2 Responses to “Toulouse-Lautrec (1864-1901)”
  1. art176 dit :

    Céline,

    j’ai adoré
    « …En rajouter est facile et rapide, réduire à l’essence, nécessite une vie… »
    d’ailleurs dans mon domaine on dit souvent « la perfection est atteinte lorsque l’on ne peut plus rien enlever… »

    « J’ai acheté ma liberté avec mes dessins. »

    tout de suite tu donnes la clef pour comprendre TL avec « …Il aime rire et faire rire, plaisir de provoquer, se déguiser, un affranchi… » mais je suis sur qu’au delà de son esprit et son humour, il devait être maitre dans l’art du flirt, et donner aux « dames » quelque chose de plus…
    et même si c’est vrai que la loi interdisait aux hommes de vivre dans un bordel, justement avec la réduction du nombre beaucoup reprenaient l’activité d’hôtel et de chambres a louer (tous les petits et vieux hotels de paris sans ascenceur de 6 a 15 chambres a 1 ou 2 etoiles?), et a ce moment là, il est dit que LT aurait été le seul homme dans un bordel…
    petite anecdote : le surnom de TL? la cafetière 😉

    j’ai lu avec plaisir ton article, merci. Et il serait intéressant de mettre cet article cote à cote avec celui de Van Gogh, ces deux là me paraissent si contraires (pas opposés, contraires)… finalement etre torturé n’est pas indispensable pour faire un grand artiste.

    • cieljyoti dit :

      suis tout à fait d’accord avec toi, malgré sa petite taille ce devait être un séducteur. d’ailleurs j’avoue que son visage d’enfant malicieux ne me laisse pas indifférente… Dans ma série des peintres à venir, j’ai plutôt décidé de mettre en parallèle van Gogh avec Modigliani, mais tu as tout a fait raison, ces peintres sont de la même veine. la richesse des contraires me parait un excellent article à faire. J’ignorais le surnom de Lautrec, la cafetière, très amusant. merci beaucoup pour ton très enrichissant commentaire

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