Amedeo Modigliani (1884-1920)

Cette personne si proche, on ne connait rien d’elle. Ce que l’on croit savoir, une légende qui s’est accolée à sa vie. Les êtres sont intérieurs et secrets. Ils montrent ce qu’ils jettent en pâture aux fauves sous une carapace de mystères. On laisse aller une force pour en contenir une autre. On révèle ce que l’on donne. On ne montre pas le long et fastidieux travail pour se réaliser, l’allumette brulée. On donne ce que l’on consume.

Autoportrait

Modigliani donne peu, mais intense. Des visages, des corps, des gestes, des mouvements, rien ne semble fini, tout est parfait. Comme un van Gogh ou un Matisse, ce peintre ne nous livre pas une œuvre finie, mais une source. Quand l’art perd sa magie ou qu’il n’est pas capable de la trouver, il tourne en rond, satisfait sans aspérités, lisse comme un insaisissable savon qui s’use.

La Juive

Une œuvre impossible à achever. L’ultime moment où il n’existe plus rien à dépasser, juste passer. Ne plus suivre la lumière, devenir la lumière. Vermeer l’avait compris, van Gogh en a poussé la logique jusqu’à son extrême. Tous les êtres sont énigmes, très peu en assument la logique. Ils se perdent dans les certitudes que leur offre le quotidien. Parfois l’art invente des solutions, celui qui reste, sachant que les solutions sont des béquilles, se fait énigme.

Amedeo Clemente Modigliani est né à Livourne, en Toscane, de petits bourgeois juifs séfarades, le 12 juillet 1884. Il est le quatrième enfant de Eugénie Garsin, de famille juive originaire d’Espagne ayant fui à Tunis avant de venir s’installer à Livourne, qui a épousé Flaminio Modigliani, juif livournais d’origine romaine, en 1872. La situation financière de la famille n’est pas florissante. Le père, absent, est en Sardaigne où il essaye de maintenir sans succès l’entreprise familiale. Les dettes s’accumulent. Sa mère est une femme brillante parlant anglais et français qu’elle apprend à ses enfants. Dès 1893, il griffonne des caricatures sur ses cahiers.

L'amazone, 1909

Dedo (diminutif de Amedeo) est atteint de pleurésie en 1895. Il n’a rien d’autre à faire, commence sa vocation artistique. Les études ennuient le jeune homme. En 1898, la typhoïde contractée lui laisse des séquelles dans les poumons. Il ne suit pas des cours classiques, il est l’élève de maîtres de la mouvance postimpressionniste. Il admire les préraphaélites. Il n’est guère assidu aux cours et préfère dessiner au café, voire au bordel. C’est un garçon timide et introverti, mais soucieux de réussite. Il sait qu’il a un chemin à mener. Il est beau et, même de taille moyenne, il s’impose grâce à son élégance naturelle. Il a le regard pénétrant. Il plait aux femmes qu’il aime. Un avenir prometteur, il se torture avec l’art en lui. Il semble que son goût du haschich ait été acquis en Italie. À ce moment, enchainé au passé, aucun génie chez lui. Fin 1900, nouvelle crise de pleurésie.

Rachèle Osterlind, 1919

Amedeo arrive à Paris, capitale culturelle du monde où toutes les audaces semblent possibles, au cours de l’hiver 1906. Il se désintéresse du mouvement avant-gardiste, notamment du cubisme dont il refuse la géométrie anguleuse. Il se penche sur Toulouse-Lautrec, dont la technique le fascine, il en délaisse l’aspect caricatural. Il apprécie le fauvisme et l’expressionnisme, sans plus.

La légende différencie le doux Dedo italien du parisien, perverti aux débauches d’une grande ville. Il abandonne l’influence de la peinture italienne, peinture critiquée par les avant-gardistes parisiens. Dès 1902, la vocation de Dedo est la sculpture. À Paris, il veut devenir sculpteur. C’est grâce à l’argent de sa mère qu’il peut s’y installer. Elle l’entretiendra toute sa vie. Il n’existe rien de précis sur l’homme, tour à tour élégant, courtois, timide, cultivé, cabotin et ivrogne. Il s’inscrit à l’Académie Colarossi au 10 rue de la Grande-Chaumière.

Maternité, 1919

Il loue un atelier à Montmartre et se procure des pierres dans des chantiers. La poussière de la taille directe, irritante pour ses poumons lésés par la typhoïde, l’oblige à arrêter la sculpture. On peut aussi penser que sa vocation est entravée sentant quelque chose lui manquer. Il devient l’ami intime de Maurice Utrillo avec lequel il partage de mémorables beuveries. Il voit Suzanne Valadon comme une mère spirituelle. L’histoire affirme qu’il doit se battre quotidiennement pour assurer sa survie. Ce serait dans la misère, l’obligeant à sortir de lui-même, qu’il trouve son génie. La légende du peintre maudit. En réalité, il reçoit régulièrement un petit pécule de sa mère, vite dépensé. Le prix de la sculpture et de la peinture, l’usage des drogues obligent Dedo à de grosses dépenses.

Automne 1907, il rencontre le docteur Paul Alexandre, passionné d’art, à qui il vend une toile. Il en prend 25 par la suite. C’est grâce à lui que Modigliani découvre les sculptures des Baoulés (Côte d’Ivoire) au musée ethnographique du Trocadéro. Dedo expose au Salon des Indépendants en 1908. La famille du docteur lui commande des portraits, six en tout. Le docteur Paul, usager de haschich, reconnaît que Dedo en prend trop, sans pour autant constater un comportement anormal, lui toujours bien élevé. Le peintre, inhibé, a besoin de libérer son art par l’alcool et les drogues. Cela dit, d’après de nombreux témoignages, il n’en consomme pas plus que les autres artistes. Il fait des mélanges de haschich et de cocaïne en buvant de l’alcool. Gino Severini dit : « il prenait de l’absinthe ou du haschisch pour se donner du courage, à l’époque, tout le monde en prenait. C’était un moyen de survie, non une fin. » Dans ses délires, il crie à tue-tête des vers de Rimbaud.

Paul Alexandre

Atteint de tuberculose, de santé fragile, il est décrit comme un garçon anxieux, exalté, capable de violentes colères. Comme Toulouse-Lautrec, il ne boit pas d’un coup, mais régulièrement pendant qu’il travaille. Timidité et agressivité sont les mamelles de la solitude. Son art n’est pas compris, il se décourage, il se rabat sur la drogue. Cette drogue est sans aucun doute un moyen de subsister, de durer dans un monde hostile à ses yeux. Quand il passe l’été 1909 à Livourne dans sa famille, celle-ci ne parle pas de dégâts physiques dus aux drogues. Il peint normalement. Fin 1909, il s’installe dans le quartier de Montparnasse, dans la cité Falguière. Modigliani veut être sculpteur.

Il est fasciné par le sculpteur Brancusi, son voisin de la cité Falguière (depuis le printemps 1909) rencontré grâce à Paul Alexandre, même s’il n’existe guère de parenté entre les deux artistes. De 1911 à 1913, il se consacre exclusivement à la sculpture. Il s’isole. Il refuse le modelage tel que le pratique Rodin et qu’il voit comme une perversion de l’art (Camille Claudel modèle, mais travaille merveilleusement la pierre). Rageurs, le marteau et le ciseau se déchainent sur la matière. Quelque 25 sculptures nous sont parvenues.

L’histoire fait de l’homme un séraphin déchu et ivrogne. Il est beau, il est tentant d’en faire un ange, il boit, il n’est pas le seul, on le transforme en pochard titubant dans la vie. En réalité, Modigliani possède, dès le départ, un nombre d’atouts lui permettant d’entrer dans la légende. Ses problèmes ne viennent ni de son alcoolisme, ni de son goût pour les drogues, mais d’une santé fragile et de trop de dépenses.

Femme à la cravate noire, 1917

En mars 1911, il expose des sculptures et des gouaches dans l’atelier de son ami, le génial peintre portugais Amadeo de Souza Cardoso (1887-1918) d’une riche famille. Sobre, il est l’exact contraire de Modigliani. Max Jacob lui fait rencontrer le sculpteur Ossip Zadkine avec lequel il devient ami. En 1913, il se lie d’amitié avec son voisin de la cité Falguière, Chaïm Soutine. Cette même année, il réalise un portrait du docteur Paul Alexandre où corps et visage s’allongent à la manière d’un Le Greco. Il a trouvé son style. Il ne pouvait pas faire mieux en sculpture. Se débarrasser de toute influence, atteindre l’essentiel en épurant et polissant. « Le trait est une baguette de magicien. »

Elvira, 1918

En juin 1914, par l’entremise de Max Jacob, il rencontre une écrivaine britannique, Béatrice Hastings avec laquelle il entretient une relation orageuse, mais passionnée jusqu’en 1916. Le coup de foudre. C’est une femme cultivée, poète et journaliste de talent, une compagne pour le peintre. Féministe, elle a le tempérament autoritaire, elle ne se plait que dans l’originalité. Elle est portée sur l’alcool et les drogues, on la dit débauchée. Elle le soutient financièrement. On estime que cette période est la plus inventive du peintre. Sa peinture devient fluide et intense. Réformé pour la guerre, blessé de savoir ses amis au front alors que lui ne fait rien, il déprime se réconfortant dans l’alcool. Moïse Kisling, blessé, revenu du front, trouve son ami dans un état pitoyable. Ils se jettent à corps perdu dans la vie pour en retrouver le goût. Il peint comme il travaille des sculptures.

Beatrice Hastings

Grâce à Max Jacob, qui lui a présenté Modigliani, Paul Guillaume (1891-1931), le marchand d’art, passionné d’art nègre, commence à lui acheter des œuvres en 1914 (il a ouvert sa galerie en février). Il dit de lui : « poète ardent… il passa tel un météore, il fut tout grâce, tout colère, tout mépris. Son âme hautaine d’aristocrate flottera longtemps parmi nous dans le chatoiement de ses beaux haillons versicolores. » Il lui loue à bas prix un petit atelier. Les deux hommes ne s’apprécient pas, ils se respectent. Fin 1916, il rencontre le poète polonais et marchand d’art Léopold Zborowski (1889-1932) qui devient son meilleur soutien. Les deux hommes sympathisent, ils se complètent à merveille au point de partager leur vie. Ils aiment la poésie et la peinture.

Léopold Zborowski

Léopold Zborowski

L’homme ne livre de confidences ni sur lui-même, ni sur son art. Une grande exigence à l’égard de son métier. Il voue sa vie à son art. Il a le souci de faire mieux, de se dépasser, d’atteindre une espèce d’absolu. Il réalise ses tableaux d’un seul jet. Il définit les volumes à l’aide d’une brosse large par de longues touches suivant les contours. La chair est posée sans surcharge. Il détruit les œuvres dont il n’est pas satisfait. Comme son ami Max Jacob, il aime l’ésotérisme. En 1907, il s’écrie : « ce que je cherche, ce n’est pas le réel, pas l’irréel non plus, mais l’inconscient, le mystère de l’instinctivité de la race. » L’apparence révèle l’âme.

Fillette en bleu, 1918

Sa palette est réduite. Jaunes de chrome ou de cadmium, ocres, rouges de vermillon, verts de chrome et bleus de Prusse. Selon le besoin, les couleurs sont plus ou moins diluées à l’essence. À chaque nouveau tableau, des tubes de couleurs sont ouverts, pas plus de cinq. Face à la toile, son premier geste est de définir un contour. L’œuvre achevée, il repasse du noir sur certains contours, notamment autour du visage. Les deux tendances évidentes de sa peinture sont un raffinement du pourtour et une couleur moins épaisse, presque transparente. Au début, il travaille la couleur comme une pâte à sculpter qu’il se plait à épaissir. Avec le temps, il allège cette matière au maximum jusqu’à la rendre lisse. S’affranchir de toute contrainte.

Il rencontre Jeanne Hébuterne (1898-1920), jeune élève de 19 ans à l’atelier Colarossi, le 31 décembre 1916 (date du premier portrait daté). L’élève est décrite comme « une jeune fille sérieuse, intelligente et douée d’une forte personnalité (témoignage de madame Roger Wild). » Douée pour le dessin, elle est belle, sérieuse, douce, ouverte, elle rêve d’entrer à l’École nationale des Arts décoratifs. Elle ne se maquille pas, elle reste vraie. Dedo tombe sous le charme. Ces deux êtres sont faits l’un pour l’autre.

Jeanne Hébuterne

Le couple emménage, en juillet 1917, rue de la grande Chaumière. Ils ont une fille, née le 29 novembre 1918, également baptisée Jeanne (tout le monde l’appelle Giovanna). Dedo a eu un fils d’une autre femme, Simone Thiroux, étudiante canadienne (morte en 1921), mais qu’il refuse de reconnaître (on ignore ce qu’il est devenu). En octobre 1917, Léopold Zborowski organise une exposition. Le jour du vernissage, la police embarque cinq nus sous l’accusation d’offense à la pudeur. Aucune vente. Dedo travaille sans relâche, sa santé empire.

1917, une période de frénésie picturale où éclate son idéal féminin libéré de toute contrainte. Une femme resplendissante de sa beauté conquise. La pudeur d’autrefois laisse place à une exaltation rayonnante de chair. Les cous s’allongent, les poses s’alanguissent et les yeux fuient dans on ne sait quel mystère. Comme Toulouse-Lautrec, il est un des peintres modernes ayant le mieux révélé la femme, non la femme physique et apparente, celle de l’intériorité.

Grand nu couché, 1917

Modigliani adoucit les visages. Le corps révèle une expression poussée. Généralement, un détail est accentué pour mieux exprimer la personnalité du sujet. En 1919, il est reçu par Renoir, lui qui ne veut plus voir personne, « parce qu’il a entendu dire qu’il est un grand peintre. » L’entretien se termine mal. Dedo ayant du mal à contenir son manque d’intérêt pour les nus du vieux peintre quitte la pièce en claquant la porte. « Je n’aime pas les fesses ! » lance-t-il rageusement au maître. Renoir ne réagit pas. Peut-être a-t-il reconnu le génie ?

Nu couché, 1917

Lorsque Jeanne tombe enceinte, en mars 1918, le couple s’installe à Nice. Les relations entre Dedo et sa belle-mère sont tendues. La naissance de la petite Jeanne est déclarée, à la mairie, de père inconnu (il est absent). Il est fier de sa femme et de fille, mais les responsabilités l’accablent. Dedo rentre seul à Paris, le 31 mai 1919. Jeanne ne dispose pas de l’argent du retour. Quand elle revient, elle laisse la petite Jeanne à une nourrice. Elle tombe de nouveau enceinte. Le 7 juillet 1919, Dedo s’engage à épouser Jeanne. Malgré toutes les difficultés, Modigliani commence à être un peintre connu. Il pourrait vendre davantage sans son mauvais caractère.

Nu couché, 1917

Une exposition organisée à Londres par Zborowski est un succès. Dedo se sent condamné à brève échéance. Il fuit dans l’alcool et les drogues. Obstinément, les parents de Jeanne refusent la liaison. Quand Modigliani meurt de la méningite le 24 janvier 1920, le 26 (selon Jeanne Modigliani), elle se défenestre du 5è étage. Son amie Chantal Quenneville raconte que son corps est récupéré par un ouvrier qui le monte chez ses parents. Ceux-ci, épouvantés, le refusent. L’ouvrier le transporte dans l’atelier de la grande Chaumière, là encore refusé, il l’emmène à la police qui l’oblige à la ramener rue de la grande Chaumière avec un ordre de police. Les funérailles de Dedo sont grandioses. Jeanne, enterrée à Bagneux, est réunie à son époux au Père-Lachaise un an plus tard, sur l’insistance de la famille Modigliani.

Jeanne Modigliani, élevée par sa tante paternelle, Margherita (non mariée, elle a 46 ans quand elle adopte sa nièce), raconte ses souvenirs dans un texte publié en 1958, Modigliani sans légende. Ce n’est pas avant 1930 que l’Italie honore le grand peintre. Sa tante l’entraîne à Venise voir la première rétrospective Modigliani, mais c’est plus tard, grâce à Sebastiano Timpanaro qu’elle découvre van Gogh et qu’elle se passionne pour la peinture de son père. En 1952, elle se lance dans une recherche sur une biographie sociale de van Gogh où elle décèle plusieurs analogies avec son père.

Chaïm Soutine, 1916

Chaïm Soutine, 1916

Il peint comme personne avant, personne après. S’il fréquente la plupart des grands peintres de l’époque, il n’est l’ami que d’Utrillo, Léopold Survage, Soutine et Moïse Kisling, sans complicité artistique. Selon une confidence révélée par Beatrice Hastings, « il méprisait tout le monde à part Picasso et Max Jacob et détestait Cocteau. » Il aime les êtres humains dans leur simplicité dont il se sent proche. Il dit à son ami Oscar Ghiglia : « ton devoir réel est de sauver ton rêve. (1902) »

Il est unique. Dans le bouillonnement artistique du début du XXèsiècle, il fait preuve d’une originalité totale, son apport dans l’art moderne est secondaire. C’est oublier, dans cette manie de placer tout le monde dans des tiroirs étiquetés, que l’art est unique et que les écoles sont faites avant tout pour être niées et dépassées. L’originalité est l’irrespect du passé.

Max Jaco, 1916

L’étirement est la forme de Modigliani. Le Greco allonge pour se rapprocher de l’absolu. L’eau et le feu. Les artistes sont des danseurs dans l’âme. Un tableau qui ne danse pas ne nous entraine pas dans son tourbillon. La transe de la danse déforme la vision des personnes. Les cous s’allongent et se tordent, l’expression devient insaisissable. Luigi Bartolini (1892-1963), poète et écrivain italien, écrit en 1938 : « il peignait en état de transe, réussissant à dédoubler son âme et à la faire jaillir de lui… en état de grâce, il était un saint amoureux… personne n’eut un trait plus pur que le sien. » « Pour parvenir à ses rouges angoissants, Modigliani a vécu sur des cendres ardentes… La peinture était feu. (R. Carrieri, 1950) »

Cette impression de feu vient d’un travail rapide. Il peint comme il respire, avec frénésie, comme il voit, sans souci des détails. C’est le premier jet qui est le bon, impossible d’ajouter quoi que ce soit, la toile est complète. Il observe son modèle jusqu’à s’en pénétrer, il réalise de mémoire les traits. Pour un portrait, cinq heures suffisent. Le feu ne fait pas l’art, le feu est tout, l’art en est l’éphémère contrôle. On s’habille de hardes de braises, on brûle. Ce que n’achève pas le peintre, le spectateur en assume la vie en soufflant l’incandescence.

Nu assis sur un divan

On s’inspire des autres, on partage, on échange, reste à trouver l’expression qui est la nôtre. Très peu y arrivent avec une telle assurance, une incroyable puissance qui reste. Vermeer, van Gogh, Toulouse-Lautrec, Matisse, sont des exemples lumineux. Modigliani appartient à cette lignée. Pour apprécier l’art, il faut fermer les yeux. Seul ce qui vit en nous existe.

Femme assise

On exprime ce qui est intérieur. Maladresse, il n’est pas simple d’exposer son intimité. On montre, personne n’y prête attention. L’indifférence est un couperet qui déchiquète l’existence. On tente, par tous les moyens qui nous sont donnés, d’atteindre cette expression qui révèle, tout en préservant. Les gens n’attendent pas une énumération, mais un bouleversement, une caricature. C’est par l’art de la déformation qu’on existe. Ce que l’on déforme le mieux, c’est ce que nous maitrisons. Le génie chevauche les sensibilités féminines et masculines. Peu importe qui est qui pour celui qui avance. L’alchimie de l’art réussit quand il nous transforme. Le but est atteint, on le réalise dans sa plénitude, il faut admettre que la vie est finie, elle appartient à d’autres.

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