Hypermarché, la solution à 1 centime d’euro

Une chose insignifiante prend des proportions gigantesques avec la quantité. On ne pense jamais assez à la quantité. Les petits profits font les gros business. Les commerçants n’y ont pas pensé. Les écologistes ont eu l’idée. Monsieur Leclerc l’a mise en pratique. Tant qu’à prendre les idées des autres, autant les emprunter à la bonne conscience, la pilule est plus douce à avaler. La quantité a cet avantage qu’au bout d’un certain nombre, on abandonne le calcul pour s’installer dans une confiance où tout coule inaperçu. 

Édouard Leclerc

Le sac en plastique fourni par les grandes surfaces n’est pas gratuit. Rien ne l’est jamais. Même si je n’ai pas réussi à connaître le prix exact d’un sac en plastique acheté en très grosse quantité, il se situe aux alentours d’un dérisoire centime d’euro. Multiplié par le nombre de clients des grandes surfaces, une autre dimension. Il est vendu 3 centimes d’euro (gratuit, le coût était camouflé dans le prix du service). Toujours répercuté, payé deux fois, trois fois plus de profit.

Entre temps, on dénonce la pollution de cet objet pratique. Depuis longtemps, on connait la parade. On fabrique des sacs non polluants, biodégradables, à un prix équivalent. Mais l’idée a germé, une fleur du capitalisme : vendre du vent. Le souffle pousse le grand bateau du profit. Le prix des sacs est répertorié sur le prix final du produit. Si l’on suit l’évolution des prix des marchandises, aucun ne baisse, au contraire, tous connaissent une hausse significative pour la bourse des ménages, lors même qu’il n’existe aucune augmentation de matière première. Miracle, le prix des petits sacs s’est volatilisé de la conscience de l’acheteur, pas de celle du comptable.

Le plastique pollue une centaine d’années nos paysages pas tant du fait d’un produit résistant à la dégradation naturelle que par la négligence de gens à jeter n’importe où leurs déchets. Le sac pollue, le sac est responsable, pas ceux qui s’en débarrassent. Monsieur Leclerc, troubadour de l’écologie, est moins regardant quant aux produits pourris vendus dans ses magasins. L’homme a le nez du profit substantiel à réaliser. Au lieu de remplacer les sacs polluants par de non polluants, il les a échangés avec d’autres qui, eux, ont la particularité de se vendre. Remplacer du faux gratuit par du vrai payant, l’esprit d’un capitalisme digne de ce nom. Où est passé le budget des sacs pollueurs ? Disparu sans laisser d’adresse dans le porte-monnaie du client. Personne ne compte les centimes.

Les grandes surfaces qui participent allègrement à la pollution de nos sociétés, comprenant l’intérêt financier, se sont transformées, du jour au lendemain, en chantres de l’écologie. Il existe un budget consacré aux sacs en plastique, cette fois doublement supporté par la clientèle. Le portage à trois centimes d’euros ! Sortant du bureau, celui qui n’a pas prévu le cabas à provisions n’a guère le choix. Désormais, pour faire son shopping, il faut être ingénieur dans la tête et gorille dans les épaules. Toutes les combines y passent. Une anguille sous roche, mais laquelle ? Forcément, à moins de connaître tous les prix et quantités, on est condamné à errer entre les rayons en priant le ciel qu’on ne se fasse pas trop arnaquer. On baisse le prix d’un silence ou d’un malentendu, une fois chez soi, on se trouve coincée dans un silence ou un malentendu.

Le consommateur n’en a jamais assez d’être pris pour un naïf n’achetant pas cher des produits dont personne ne veut. Ces produits ne sont pas chinois, ils viennent de Chine, sur des commandes françaises. Les Chinois ne produisent pas pour le plaisir, mais pour répondre à une demande européenne. Si l’on veut le respect des normes de sécurité, il faut les préciser à la demande. Si le consommateur français comprend ça, il devient mature.

Les produits chinois bon marché existent depuis longtemps, les Chinois ne s’y intéressent guère, préférant des produits plus développés, même si leur coût est plus élevé, niveau de vie oblige. Carrefour, s’est lamentablement cassé la figure en plein Hong Kong. Les magasins avaient choisi un environnement propice de petits commerces avec l’espoir, comme en Europe, de leur massacre. Les commerces chinois connaissent cette stratégie. Au bout d’un an, Carrefour a jeté l’éponge. Le produit de mauvaise qualité a fait son temps et son déclin commence à s’amorcer en Europe. Le consommateur commence à sortir de sa torpeur et à mieux penser ses achats. Sans doute l’effet de la crise ? Souci d’un produit de qualité minimum, souci écologique, souci social, un produit servant à l’économie nationale, bref, le retour aux sources.

L’abécédaire du marketing, tout à sa place. Le client suit les directives de son cœur, son cœur, c’est celui du magasin, chacun battant à l’unisson de millions d’autres. Réconfortant de ne pas se savoir seule, angoissant de se dire qu’on pense comme tout le monde. Dans cette grande surface, le standard domine en affichant une différence ostentatoire. Un unique uniforme pour tout le monde. Communion de grands sentiments, vivre et mourir, vendre et acheter. On se trouve rarement, on se retrouve sur un terrain d’entente, là où l’on doit faire avec, on plie et on s’adapte.

La distribution est un jardin de fleurs ne demandant qu’à être cueillies. Bourgeonnantes en entrant, elles s’élèvent en déambulant dans les allées, se déploient en faisant ses choix, éclosent au tiroir-caisse arroseur, flétrissent en sortant. Le fleuron de la culture, pas besoin d’être cultivé, un salaire minimum suffit, les bouquets sont entre les mains de jardiniers experts. Tout est question d’engrais psychologique. Une culture plus durable que le pétrole et moins qu’un cierge d’église. Dans cette cathédrale, tout doit disparaître pour mieux réapparaitre. Des apparitions comme s’il en pleuvait. Un temple propice à l’annonciation des marques et la résurrection des vendeurs.

On suçote une hostie avant d’avaler le tonneau acidulé de vin de messe, la bouche accrochée à l’entonnoir. Miracle de la promotion. Pour mieux s’y préparer, rien ne vaut un guide spirituel, une publicité en gros caractères, on se sait en terre sainte, une prophétie, une annonce dans un micro, il ne reste plus que quelques instants pour en profiter, rares seront les élus. Le porte-monnaie comme commandement, le crédit comme pardon, le salut dans le brouhaha des confessions, tellement moins cher, ne se priver de presque rien. Avant de plumer l’oie, il convient de la gaver. Ce besoin si fort de combler un manque remonte aux origines du vivant. Qui dit que demain la source donnera encore son vin, la fontaine, son chocolat, les arbustes, ses fraises ?

Le supermarché est un microcosme, on s’en doutait. Gâchis à volonté, carambouilles en tout genre, TVA invisible, l’illusion d’un monde d’abondances où patauge le désir du consommateur voué à sa satisfaction. Un monde existentiel. Une onde de plaisir dominée par la raison. Il suffit de calculer dans sa tête ce que l’on va gagner par quelques substantielles économies pour dépenser avec bonhomie. Sans elle, on préfère rester à la périphérie, on se méfie du retour à la maison en se taraudant de trop dépenser. Convaincre du bien-fondé d’un achat reste la préoccupation de tout commerçant. Amadouer l’achalandage.

Nous passons notre existence à nous rassurer. Pour y arriver, on fait tout pour convaincre les autres, histoire de se tranquilliser. Un supermarché est une pièce montée à conviction. On peut douter, ici, on est sûr de tout même si on ne sait jamais ce que l’on achète. Un tribunal dont nous sommes les juges. Nous apprécions, soupesons, tâtons en se remémorant le vague souvenir d’une publicité, on donne un sens à l’existence. La victime fait sourire, ça pourrait être nous, ça ne l’est pas.

Règle : le contenu n’égale jamais le contenant quand il adopte une forme incongrue pour mieux attirer l’attention. Pour vendre, il faut affriander le porte-monnaie, blasé comme il est, il faut le séduire en lui montrant ce qu’il n’attend pas. Rien n’est pire que cette routine où l’on sait trouver chaque chose à sa place comme si elle était immuable. Désarçonner le cavalier, le provoquer, l’insulter, n’importe quoi pour l’obliger à sortir ses armes. Tout est bon pour expurger cet infime dixième auquel personne ne prête attention.

Les vases communicants, un moins vaut un plus et un plus, un moins. Un sanctuaire de la roublardise et de la décontenance. Quand on ne pense pas à tout, d’autres y pensent pour nous, il faut s’attendre au pire. Ces petites arnaques quotidiennes créent un énorme malaise au bout du compte. Et quand on dérobe, la foudre s’abat sur les mécréants.

Le vol est la plaie du commerce. On nous annonce des chiffres catastrophiques. Les vols de slips et des saucissons mettent à bas la puissance de la grande distribution. On place des agents de sécurité qu’on paye avec la vente de slips et de saucissons pour surveiller chacun de nos gestes grâce à un système vidéo n’ayant pas grand-chose à envier à celui d’une banque. Dans ce monde hypersécurisé, on continue d’affirmer que trop de clients sont des desperados. Porter trois soutifs, quatre slips, plusieurs teeshirts, découvrir un sexe en forme de saucisson, voilà pourquoi la mode se penche sur les anorexiques. Maigre, il est plus facile de s’envelopper de fringues sans être voyante. Selon cette logique infaillible, les maigres sont plus malhonnêtes que les gros, on les surveille.

Le magasin pleure sur la malhonnêteté des clients. Tout client est un gangster en puissance qu’il faut surveiller jusque dans les moindres recoins. Mais qui s’interroge sur l’honnêteté du commerçant, qui le surveille ? Une erreur de 10 centimes dans chaque caisse rapporte une fortune, qui recompte à chaque fois la note ? Qui peut vérifier l’exactitude du prix affiché ? Les gangsters sont rarement ceux auxquels on pense sinon il serait facile de les empêcher de nuire.

Le vendeur prend un malin plaisir à pérorer sur la méchanceté du monde sans résoudre les petits tracas du quotidien. On discerne les affreux rapaces dépouillant sans vergogne la population effarée se laissant dépouiller sans réagir, mais on méprise ce qu’un service approprié peut apporter de soulagement à une âme en peine. Bref, quand on a une réclamation à faire, on la fait à dieu sinon on reste à maudire dans son coin le mauvais sort qui nous accable. Plus haut est le responsable, moins on trouve une solution adéquate au problème. On se plie en vilipendant un monde injuste. Il y a des gênes qui ont de petites solutions, accessibles grâce à d’infimes aménagements. Cet effort à réaliser est vu comme une défaite et l’on préfère ne rien faire.

Un orchestre dont on se croit le chef. Cacophonie de produits tintant comme des cloches, dans la mélodie des prix, le client en est à peine une petite note, note de frais, fraicheur garantie. Dans les mille et une brillances aveuglantes, on se laisse aller à la valse, des petits pieds furetant la belle affaire, des prix aguichants vêtus de leurs plus beaux atours, conduits par la main d’une princesse dans le palais de la caverne d’Ali Baba. La féérie se heurte au caddy d’un client, le long serpent s’étirant apathique dans le couloir d’une caisse.

Alunissage, on commence à faire le décompte dans sa tête, atterrissage, on se demande si on n’est pas allés trop fort, amerrissage, la queue n’en finit pas de caser les resquilleurs, enterrement, on s’aperçoit qu’on est tous pareils, qu’on a fait les mêmes bonnes affaires, on se voit enfin tel qu’on est, volaille à plumer. Si la moitié des achats est inutile, l’autre l’est, impossible de faire marche arrière, il faut caser sa mauvaise conscience dans son porte-monnaie. Le croque-mort s’active à la caisse qui ne laisse rien passer de nos péchés. L’enfer au bout d’un couloir, une foule s’y presse.

La grande distribution, le superlatif du un pour cent, super hâtif, pas le temps de prendre du temps, la bonne occase rapetisse à vue d’œil. Super produit, super client, super vendeur. Dans ce monde où l’on voit de moins en moins, le travailleur reste tapi dans l’ombre. Exception, l’hôtesse de caisse, aux avants-postes de la lutte pour la survie de l’humanité. Super caissière, on ne voit qu’elle, centre des attentions, super exploitée, super fatiguée, une sainte sacrifiée à l’autel de la consommation. Dans cet univers dépersonnalisé, elle est la seule personne visible. Forcément, elle n’en sort pas indemne. L’œil se focalise sur elle et, si l’on fait semblant de passer à côté sans la remarquer, on ne pense qu’à elle durant d’interminables minutes, coincé derrière une rangée de chariots bondés.

Les commerces ont inventé le nouveau capitalisme : le service. On glose sans fin sur le labeur d’une caissière. Présenter un panier devant la caisse, en saisir les produits, les scannériser et les placer dans un sac paraît être un travail hors de la portée de l’humanité. C’est vrai qu’à force de soulever son kilo, à la fin, le poids est là. Du coup, le client s’y colle. C’est magique. Il pose avec soin des produits sur une table glissante jusqu’à la portée de la caissière qui n’a guère de délicatesse à les jeter sauvagement de l’autre côté de la caisse où le client attend avec angoisse son kilo de fruits qui lui coûte les yeux de la tête. Après tout pourquoi pas ? Le seul hic est qu’on paye la caissière comme si elle faisait tout le travail. On paye plus pour en avoir moins au nom de l’écologie et de la compassion pour une laborieuse comme si elle était la dernière de notre société.

La caissière a remplacé le mineur de fond dans la mentalité de l’exploitation de la classe populaire. Si une caissière française faisait un stage chez son homologue chinoise, elle comprendrait mieux sa chance. Puisqu’elle est si à plaindre, autant la remplacer par une machine, ça évite les erreurs malencontreuses, les fruits abimés, le temps perdu à attendre son bon vouloir et d’avoir à dire merci à quelqu’un dont on fait le travail. Ce travail va disparaître, on soutient un travailleur au lieu de protéger son travail. Bientôt, on ne verra plus que les agents de sécurité nous lorgnant.

On sent qu’on vient de se faire flouer en beauté, une tonne d’achats, parfois utiles, parfois moins, parfois pas du tout, on déprime, on culpabilise, on se sent mal, elle est là, elle ne passe pas inaperçue. Ces petites additions de 1 %, mine de rien, font des montagnes d’or, il y a de quoi se sentir écrasé sous ce poids. On lui a appris qu’il faut être poli avec le client, bonjour, bonsoir, merci, au suivant, même s’il n’est pas d’excellente humeur. La plupart des gens qui sortent d’une grande surface sont agressifs, voire violents. Toutes les rancœurs de la société remontent à la surface dès que l’on voit apparaître le petit minois innocent de la caissière. On n’a pas le choix, on se tait.

La caissière n’est pas la dernière travailleuse du monde civilisé, mais elle est, en dehors des vendeuses, la seule visible. On se dit, elle n’y est pour rien, comme nous elle est une victime, pas de raison de passer sa mauvaise humeur sur elle. Peut-être est-elle sympathique, faire l’effort d’être correct, faire comme si de rien n’était. La grande distribution se camoufle derrière ses caissières, s’il y a embrouille, ce ne peut être qu’elle la responsable, d’ailleurs, il n’y a pas de responsables, que des victimes, on les pousse sur le devant de la scène, c’est pour aider à avaler la pilule. Plus la caissière est une martyre, moins on a envie de la rabrouer. On rêve de se défouler, sacrer son rôle de client roi, on se retient, on esquisse un sourire, on voudrait tant lui expliquer qu’on ne lui dit rien.

Sûr que ça fait mal de se retrouver derrière une caisse après quelques années d’études supérieures, on se sent dégradée, reniée, paria de la terre. Cette manie du diplôme en France pour un oui ou pour un non. On crée des générations d’aigris. Pour garder des enfants, plus besoin d’en avoir, quelques années d’université suffisent. En France, le jour où l’on donnera des diplômes en fonction du travail, et non l’inverse, on aura fait un grand pas. Une fois les bases acquises, l’expérience est la meilleure des compétences dont on puisse rêver, c’est elle qui aboutit à la vraie compétitivité qui manque si cruellement à ce pays.

Le centime d’euro dû. Trop souvent la caissière pense que le client peut offrir ce petit euro que personne n’arrive à caser, le petit rejeton dont personne ne veut. Mais voilà, un centime d’euro multiplié par des millions n’est plus une somme négligeable. Qui irait beugler pour un centime sans passer pour un horrible avare ? La dignité vaut bien un centime, et c’est avec des millions de dignités qu’une grande surface fait son profit. Le petit détail négligé est à la source des grandes crues du bénéfice. Simple pièce d’échiquier enfiché dans le damier de la grande surface, on obéit aux lois de la distribution. Dans l’enclave du paraître, les esclaves de l’avoir. Dans la surenchère du pas cher, on finit par payer très cher.

La solution à 1 % colle à la peau, on s’y fidélise, une carte qui fait notre supériorité, enfin. Cadeau royal, sur 1000 centimes d’euro donnés, un offert. Fière de suivre la cohorte des clients de la grande distribution sur qui tout repose, car à quoi bon tous ces mensonges si je ne suis pas là pour m’y abreuver ? Ces frais sont pour la bonne cause, tout ce que je dépense fait vivre plein de gens. Ils ne m’en remercient guère, mais qu’importe, une œuvre sainte vouée au salut de son âme. C’est enjouée et souriante que j’arrive à la caisse, heureuse de faire partie de la grande famille humaine, je ne suis peut-être qu’un petit détail, mais qui a son importance.

On sait qu’on se trouve dans une foule quand on a des actes dont on n’avait pas idée jusqu’ici. Normalement, on devrait se méfier, on se laisse aller, un oubli, un réveil douloureux quand la foule se dissipe. L’idée est simple, puisque dans une foule on perd son individualité, entasser le plus de gens possible en les attirant par tous les moyens possibles et attendre le prodige, un se décide, les autres se ruent, ils ne pensent plus, ils copient, ils veulent faire pareil, surtout ne pas être en reste. Cette tonne de produits qui se ressemblent, on ne sait où donner de la tête, il suffit qu’un seul fasse un choix pour que les autres suivent. Le tour est joué.

Tout est affaire de confiance. S’il reste de la confiance dans le système et les humains pour le faire marcher, on reste correct, sinon on se laisse aller à être désagréable. Ça ne sert à rien, juste pour se sentir moins bête, moins inutile, moins usé. La crise se caractérise par un surplus de confiance en soi et un manque total en autrui, on reste bloqué sur soi. La prospérité fait place à l’oubli de soi, on se rabat sur une énorme confiance dans les autres nous permettant d’avancer.

Mot à la mode, la crise, la crise pour un oui ou un non, crise du livre, on n’a jamais autant lu, crise du cinéma, on n’a jamais autant regardé de films, crise de tout et de rien, crise économique, crise financière, comme si la crise était une maladie, une excroissance cancéreuse, une tumeur maligne dans un corps sain. Livres et films trop chers, un mode de vie trop élevé, des excès, on se croit plus riche qu’on n’est. Crise de foie, la quantité d’alcool ingurgité est trop grosse, crise de foi, la quantité de spirituel est trop petite pour notre existence.

La crise pointe ce que la société ne sait pas faire tourner. Le plus grave, la raison exclusive, tout ramener à une cause unique, à une espèce de dieu détenant le sort de chacun entre ses dents comme si personne d’autre n’était là. Les crises les plus terribles sont celles où nul ne veut admettre sa faute, la culpabilité aux autres, n’importe qui du moment que ce n’est pas soi, la béance de l’autosatisfaction, un trou dans lequel on sombre. On fait ses emplettes dans le supermarché de la vie. On écume les grandes surfaces pour trouver la bonne âme qui endosse nos pêchés. La bonne occase, le compromis virtuose, la sauce pour avaler le vide de l’existence.

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Comments
7 Responses to “Hypermarché, la solution à 1 centime d’euro”
  1. Oscar dit :

    Chère Cieljyoti,

    Je suis toujours avec grande attention et intérêt le fil de vos articles d’une grande variété (avec tout normalement une prime à la peinture) et le plus souvent d’une densité et d’une richesse peu communes, à mes yeux tout au moins.

    J’approuve votre condamnation d’un consumérisme effréné et irresponsable, même si, une fois n’est pas coutume, je n’avais guère été convaincu par votre parallèle entre les modes de vie et les valeurs chinois et occidentaux paru il y a quelque temps déjà, quand vous parliez d’aller vous établir en Chine.

    Oui, nous sommes responsables en premiers de ce que nous appelons « la crise », bien sûr.
    Cela dit, je voudrais juste souligner que personnellement, le plus affreux dans cette évolution me paraît être le caractère continu et sans espoir d’inversion de tendance, d’une régression sociale généralisée, notamment en matière de protection des plus démunis ou simplement des plus modestes;
    plus que le fait lui-même, donc, « the trend », pour employer une expression anglaise que je trouve très expressive.

    Mais ce n’est là qu’un détail par rapport à la richesse spirituelle incroyable que constituent vos articles.

    Merci encore par conséquent pour cette manne et très bonnes fêtes de fin d’année, au sens le moins matérialiste (sic!) du mot!!

    • cieljyoti dit :

      entièrement d’accord avec vous, c’est pourquoi je crois urgent de comprendre ce qui se passe afin de pouvoir aider ceux qui en ont le plus besoin, de plus en plus nombreux malheureusement.je pense que nous allons changer de monde et j’espère de tout mon coeur que les plus démunis ne seront pas abandonnés sur la route et qu’il sera possible d’avancer tous ensemble vers notre nouveau mode de vie, j’ignore encore lequel ? merci beaucoup en tout cas pour ce commentaire et très belles fêtes à vous aussi

  2. marc lessard dit :

    oui super dimanche à 2Heures du matin a ton heures vas être avec des amis au restaurants La bonne occase, le compromis virtuose, la
    sauce pour avaler le vide de l’existence mais la tricoteuse pour la singularité toujours la merci Céline

  3. M1 dit :

    Quel tableau ! aussi drôle que flippant !
    Moi j’ai toujours un couffin en nattes de jonc pour les courses : )
    Joyeux Noël ; )

  4. Priya dit :

    The points you discussed here are very valuable. Rrt had been such an exciting surprise to see that looking forward to me once i woke up today. They are generally to the point plus easy to understand. Thanks a lot for the innovative ideas you’ve got shared right here.

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