Céline teste la Saint-Valentin

Valentin est un martyre, l’histoire ne dit pas si c’est pour avoir malencontreusement uni deux êtres incompatibles ? Ces conneries sur l’amour malheureux, ce serait vrai ? Pire, la fête a été instituée pour inciter les couples à faire plus d’enfants. Là j’ai commencé une déprime. Mes rêves d’enfance se sont effondrés d’un coup. Il suffit juste d’offrir des fleurs à une fille pour qu’elle ait envie de faire une flopée de bambins ? C’est quoi, cette humanité qui prend les femmes pour des arriérées ? À voir les villes tentaculaires à ne plus savoir qu’en faire, ça marche. Pourquoi n’arrêtent-ils pas de célébrer cette fête, les enfants, il y en a suffisamment non ? À quand la Saint Virilentin ?

Alfred Courmes, La vieille coquette, 1928

Bon, c’est pas tout ça, il est où mon mâle à moi toute seule ? Un animal en voie de disparition à mesure qu’on prend de l’âge. Une espèce fragile qui tombe comme les mouches dès que le froid arrive. La beauté, c’est comme le vinaigre, ça attire les bêtes, mais ça fait fuir les mecs les plus intéressants qui n’aiment pas faire la queue. Revenons à nos moutons, je parle du loup, celui qui me fait durcir les tétons. L’homme déprécie ce qu’il voit, il préfère ce qu’il imagine, qui veut un diablotin fait la sainte femme, qui veut un saint, fait la diablesse. Surtout éviter celui qui cherche sœur âme, l’ennui vient vite au bout de la quéquette. Frère et sœur, bonjour les insultes.

Dubout, à la recherche du coquin, Le Rire, 1948

Le moyen de rencontrer l’oiseau rare ? Les chiffres causent. Par l’intermédiaire d’amis, il faut bien que ça serve à quelque chose les copines, elle parle d’un mec, donc, tu le rayes, justement, elle avait prévu, c’est le bon qu’elle veut se garder. En vacances ou en voyage, le moment où on se relâche tout est trompeur, au retour, s’il est encore là, on se cache derrière la fin des vacances pour faire la tête. En fréquentant une association, des personnes investies d’une mission quasi divine recrutant des anges, démons s’abstenir. Sur le lieu de travail, des gens qui rêvent à l’heure de la sortie.

30 % des liaisons ont lieu grâce aux sites de rencontres sur Internet, la pochette surprise de ceux qui n’arrivent à rien dans la vraie vie, 26 %, dans les boites de nuit, bourrée entre deux joints, défoncée par la danse, suis pas sûre que ce soit le meilleur endroit, mais bon, ça détend, 13 %, dans les agences matrimoniales, l’amour pro qui fourgue les invendables. Bref, trouver un mec, pas simple, le garder, encore plus compliqué ! Les stats, c’est bien, ratisser large, c’est mieux.

Waterhouse, Hylas et les nymphes, 1896

Se méfier des cancans, on ne vit pas longtemps avec une opinion. On se terre derrière l’image qu’on veut donner de soi. Les moins bêtes montrent un visage sensé, les autres font dans la décoration. Le rire nerveux, limite idiot, qui tombe dans une discussion cache ce que l’on ne peut pas dire, un maquillage comme un autre. Dis-moi de quoi tu ris, je te dirais de quoi tu as peur.

Il y a autant d’amours que de mecs. Ce n’est pas l’amour qui manque, mais la façon de le vivre. Notre manière d’aimer révèle notre être, peu importe l’amour. L’amour satisfait rivalise avec l’amour insatisfait, l’amour vécu avec celui qu’on veut vivre, l’amour équilibré avec l’amour bancal, l’amour qui vacille l’une se pose trop de questions, l’autre donne trop de réponses. L’amour est une savonnette, glissante quand on veut la tenir, usée quand on veut la lâcher.

Dubout, Tendre passion, Le Journal, 1931

Le souci de l’homme, se rappeler le nom de sa femme en pensant aux autres. Il dit mon cœur parce qu’on est censée avoir toute le même. Le reste, il s’en fout, à commencer par les dates. Pour les fêtes de Noël, j’étais une gamine, pour le Nouvel An, une nouvelle née, pour mon anniversaire, il s’est trompé et maintenant il est assommé avec une nouvelle fête, celle de l’amour. Trop pour son cerveau, fou ce que l’on fait endurer à un mec ! Un cadeau, c’est facile pour une femme parfaite, pour celle qui l’est moins, c’est plus difficile. On oublie les vêtements, reste le plus cher, le bijou, trop petit, on ne le voit pas, trop gros, on ne voit que lui et la moyenne est désespérante de médiocrité. Il devrait y avoir des cours pour aider les hommes à faire un cadeau à une femme.

Dubout, Les emplettes, 1958

L’amour au travail, à déconseiller aux âmes sensibles. Dans la fièvre d’un rapport à fournir d’urgence, les réactions sont imprévisibles de brusqueries. Au boulot la séduction. C’est là où l’on trouve le plus grand nombre de divorcés passés et à venir. Entre deux rendez-vous, pas facile de sortir la touche sensuelle sans provoquer de harcèlement. Il ignore la différence entre la subtilité d’un regard et l’éructance d’un défoulement. Déjà quand il ne pense qu’à moi, il rate des choses, alors quand il bosse, il passe à côté de tout. Et quand il comprend mal, il faut faire dans le pesant.

Peynet, Les amoureux aux colombes

L’amour au sex-shop, un lieu où l’on met le romantisme dans des boites de conserve. Il n’en revenait pas que je lui donne rendez-vous là, moi non plus d’ailleurs, c’était la première fois, je voulais avoir l’air d’une affranchie. Je lui ai expliqué plein de trucs que je ne comprends pas et, quand il me regarde l’air vaguement ahuri, je lui sors, laisse béton, c’est un truc de nana ! Je ne suis pas fleur bleue, encore moins rose, j’aime le direct qui percute, le fait chavirer en se demandant s’il ne sait pas tromper de genre. Le désarçonner sans lui laisser le temps de réfléchir, ne pas l’abreuver de paroles, culte du silence lourd de chez lourd. Faire comme si on attendait tout de lui sans lui dire quoi. Il culpabilise, le fruit est mûr, il tombe de lui-même.

Dubout, Hommage à Peynet, 1948

L’amour grincheux n’est jamais content. Il pense avoir raison quand les autres ont tort. Il a l’art d’appuyer sur les choses futiles comme si elles avaient le pouvoir de changer ce qui ne convient pas. Pour être sûr de pouvoir se plaindre, il déteste changer. L’amour répète ce qui marche une fois. Quand il commence à voir le mal, il ne sait plus s’arrêter et tout devient pire autour de lui, la moindre rancœur, c’est la faute aux capitalistes, la moindre déception, c’est la faute aux impérialistes, la moindre humeur, c’est la faute aux financiers. Il érige son impuissance en valeur boursière. C’est un amour qui ne sait s’adapter ni à la vie, ni aux êtres. Il vaut mieux avoir de bonnes gambilles, les jambes, il n’y a que ça qu’il voit en restant scotché des heures devant la télé et il peut y poser ses doigts quand il est angoissé.

Le bricoleur pense qu’un tournevis peut solutionner ses problèmes. Quand il se sent utile à réparer, il oublie le reste, il se concentre sur le brin de mécanique dont il sait venir à bout. L’amour bricoleur improvise en fonction des réparations à faire, mais, en réparant tout, il ne comprend pas que l’amour est fait d’une multitude de petites choses qui ne vont pas. À vouloir que tout soit parfait, on passe à côté de la vie. Ce que l’on bricole tout seul dans son coin ne vaut jamais ce qu’on bricole à deux, même si c’est imparfait.

L’amour rappeur pense que la virilité est agressive. Cette meuf, c’est de la balle, la Bg vaut la grimpette, c’est pas pour les bouffons et si elle me kiffe pas, m’en branle, zyva j’m’en carre ! Elle me rend chelou, à force de la mâter, j’en perds ma race. Pour celle-là je m’fais creuvard, adieu les frangins et les cousins, je la veux pour moi tout seul. C’te meuf, j’la fissure, trop bonne ! Tavu’, elle a le nichon à la graille ! La taspé, son cul, on dirait un disque d’Eminem. Quand tu sors avec c’t meuf, t’es sûr que t’as tous les mecs qui t’suivent des fois que tu la lâches en route. Ouaille, c’est un gun c’t meuf, elle fait gicler les mecs. Attends, c une pouff’, t’as vu comment elle m’a zyeuté ! Arrêtes, c une tepu ! Zarma la meuf, tu la kérave, tu la bouyave et tu la jettes ! Il me prend pour qui ce taré ! Arrêtes, j’t manque pas de respect, j’te chicane.

L’amour misogyne est un sommet de l’intelligence masculine. S’il suffisait d’accuser les autres pour être innocent, il n’y aurait pas de coupables sur terre. À la question pourquoi n’aime-t-on pas une femme, la première réponse venant à l’esprit est qu’on estime qu’elle ne nous aime pas assez ? La femme valable est celle qui ferme son clapet surtout quand elle a quelque chose à dire des fois qu’elle dérange les idées toutes faites qu’il a mises à l’abri dans son cerveau. Bonjour l’amour galère. Les femmes rament et, lui, il tape sur son petit tambour.

Bouguereau, Jeune fille se défendant contre Eros, 1880

Pas facile de trouver des amoureux en ces temps de crise, adieux les grands restaus, les endroits romantiques coup de barre, adieu Venise, gondoles et surtout gondoliers, il faut faire avec ce que l’on a, surtout quand on n’a pas beaucoup. Les riches fêtent l’amour avec les yeux et la bouche, un beau cadre et une bonne bouffe, le nez, un bouquet de roses rouges, parfois les oreilles, un orchestre la mode et le toucher, un baisemain, trop facile, ça manque de finesse. La grosse machinerie d’amour avec plein d’effets spéciaux, pas mon truc. Les pauvres, c’est avec tous les sens qu’ils font la fête parce qu’il ne leur reste que ça, alors ils les utilisent du mieux qu’ils peuvent. On y met son cœur tant que la rancœur ne prend pas le dessus.

L’amour prend une autre allure quand on vient de se faire rembarrer par son mec. Si j’avais porté ça, sûr qu’il ne serait pas conduit comme ça avec moi, il n’aurait jamais osé. Je me laisse aller, moi, j’ai fait l’impasse sur la présentation et me voilà dans la lingerie jusqu’au cou.

Dubout, Album, 1947

L’amour ado. Incroyable le nombre de boutonneux qui veulent coucher avec nous comme si c’était une évidence. Je suis un légume sur un étal qu’on tâte du regard comme si la seule chose qui compte, c’est d’être choisie. Le chichi des adultes, peut-être ça la civilisation ? Avec un ado, on en vient à regretter d’être née. La seule chose qui les motive, c’est de perdre ces boutons qui ravagent leur petit minois, le reste, ils n’ont pas le temps d’y penser. C’est quand on sait que rien ne peut aller plus loin qu’on comprend que c’est fini.

Avant d’avoir un sexe, l’amour a un œil. Je retire prestement la première jambe de mon Jeans, puis, après une lascive caresse de volupté, la deuxième qui tombe délicatement sur le sol. Je déboutonne mon corsage. Il bave du regard. Je lui balance mon soutif sur le nez. Tu préfères que je m’arrête ? L’amour à pleines dents, je lui mords les fesses, je lâche pour lui dire, ça va, je ne te fais pas trop mal ? Non pas trop. Bon je continue et je mords.

L’amour timide. J’ai envie de courir dans tous les sens en hurlant ma joie et en embrassant tout le monde, je vois des amoureux partout. Pourquoi ne me voient-ils pas ? Peut-être parce que je suis assise, attendant un signe de lui. Je suis tombée sur un timide, ce genre de gars qui n’ose rien exprimer de peur que tout s’effondre. En fait d’effondrement, c’est dans ma tête le tremblement de terre, il ne sait pas réagir quand il faut, il me laisse comme une gourde à me demander si je suis trop ceci ou pas assez cela ? J’ai le tempérament exubérant, le sien est réservé, j’ai l’émotion visible, lui cache tout, je veux qu’on me dise je t’aime toutes les cinq minutes, lui ne le dit qu’une fois dans sa vie. Le timide a des qualités, mais il faut passer plus de temps à les décortiquer qu’à en profiter.

Grandville, Le vieux célibataire, 1844

L’amour propre. Tu t’es lavé les mains ? Ben oui, pourquoi ? Tu es allée aux toilettes ? Oui, normal de se laver après. Ben oui. Et les dents ? Les dents ? Tu les as lavées ? Je me lave deux fois pas jour, matin et soir, mais là, non, pas eu le temps. Tu es consciente du risque que tu me fais courir ? Pas vraiment non. Je suis sûr que tu n’as pas lavé tes mains au savon, n’est-ce pas ? Mais il va me faire chier encore longtemps ce mec ou quoi ? Fais-moi confiance, suis du genre propre. Tu as pris une douche ? Ben après, non ? Non ! Avant et après ! Veux-tu que je désinfecte le lit pendant que tu prends ta douche ? Quand il est parti pour la douche, moi, je suis partie par la porte.

L’amour malade. Tu veux un cachet d’aspirine ? Ben non là en ce moment, suis plutôt bien. Moi, j’en prends deux. Tu es malade ? Non, mais mieux vaut prévenir que guérir. Imagine que je tombe malade juste au moment où ? Où quoi ? Tu vois ce que je veux dire. L’amour est un investissement physique demandant beaucoup d’énergie et une dépense d’énergie peut rendre malade. Ah bon ? Tu es une nana, forcément tu ne peux pas comprendre. Comprendre quoi ? Tu prends des médocs ? Comme tout le monde quand je suis malade. Je suis très prévoyant, j’ai une ordonnance pour chaque moment de vie. Et tu n’es jamais malade ? Si tout le temps, forcément, ils n’ont pas encore inventé un médoc pour chaque maladie. Savais-tu que c’est l’amour qui provoque le plus de maladies ? Vraiment ? Si on supprimait l’amour, on diminuerait les maladies des 2/3 et il y aurait beaucoup plus de gens sur terre. Reste à savoir comment on les ferait ?

Les hommes qui se croient doués de pouvoirs magiques, à commencer par celui de faire des sermons, se gargarisent d’amour mystique. Il faut un grand pouvoir pour me sermonner sans m’endormir. Tout ce qu’il fait et attend que l’on fasse a son interprétation divine, c’est l’ancêtre du couple à trois. Il y a le divin entre nous et ça fait une de trop. Le 7è ciel, suis d’accord, pour y monter, pas pour y camper.

L’amour intello. L’homme est un grand intellectuel. Tu fais l’amour comme François Sagan, madame Bovary ou La Princesse de Clèves ? Sais pas trop, y a qu’à essayer, non ? Bien sûr que non. L’idée que l’on se fait détermine notre façon d’agir. On ne peut rien tenter tant qu’on n’a pas trouvé l’idée appropriée. C’est quoi l’amour pour toi ? Bof ? Pour moi, c’est une symphonie des sens. Super ! Et tu la joues à combien ta symphonie parce que s’il n’y a que des spectateurs, on risque d’attendre longtemps la musique.

Picasso, Les amoureux, 1923

L’amour est égoïste pour ceux qui ne veulent pas le partager, mais il l’est plus encore pour ceux qui ne veulent pas se partager. Ils ont un argument. C’est dans l’absolu égoïsme qu’on trouve l’essence de l’autre. Ah ? Et tu as déjà trouvé du pétrole ? Bien sûr que non, je ne suis pas assez égoïste. Entre l’amour pro et l’amour débutant, la différence est infime, l’amour est maladroit par nature et ceux qui veulent le rendre adroit se trompent d’histoire. L’amour parfait est ennuyeux. Le summum de la dégustation est l’amour haine, je t’aime, tu me hais, je te hais, tu m’aimes, le plaisir se renouvelle. Il s’apprécie à deux, mais reste convivial à plusieurs.

L’amour faire-valoir, je l’aime, mais le plus important, c’est le regard. Tout ce que nous faisons, à chaque instant, c’est pour être aimée, n’importe comment, peu importe, n’importe qui, mais se sentir effleurer tout le jour par les caresses de l’émerveillement. Nous sommes prêtes à tout pour un peu d’amour et le n’importe quoi se conjugue mal avec la passion, l’amour déçu. Tu dis ça parce que tu ne m’aimes pas ! Pas du tout, non, je t’aime plus que tout et tu le sais. Je sais ce que l’on me montre et ton amour, suis obligée de le chercher à quatre pattes dans les décombres de notre première rencontre. L’amour vieillit mal quand il oublie sa jeunesse.

Dubout, La Vie parisienne, 1945

S’apercevoir qu’on est absente. L’amour invisible, je suis là, l’amour ne me voit pas, il ne me touche pas, je suis seule. Seule au fond d’un puits. Je gesticule, je fais ce que je peux, parfois jusqu’à hurler, mais rien n’y fait, l’amour est aveugle. Que cherche une femme ? L’harmonie de chaque instant qu’elle entretient des mille petits conflits qui construisent notre intimité. Je l’attends moi ma fête d’amour, pas celle qui dure une journée, celle qui dure une vie. Et si je suis en train d’écrire, c’est que je ne l’ai pas encore trouvée.

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Comments
5 Responses to “Céline teste la Saint-Valentin”
  1. Oscar dit :

    Chère Céline,

    Dommage que Schopenhauer (que j’aime beaucoup, sa misogynie caricaturale, si datée, mise à part) n’ait pas eu l’occasion de lire les articles de votre blog, je suis sûr qu’il aurait modifié bien des passages de son « MCVCR »!! Sans nécessairement se départir de son pessimisme et de sa dénonciation des pièges du vouloir-vivre…

    Passons: par pitié gardez toujours accessibles ces textes superbes, illustrés, cerise sur le gâteau, avec tant de pertinence: un régal d’esprit et de justesse, et très sincèrement, ce que je vous écris-là est dénué de toute flatterie!

    Amicalement!

    • cieljyoti dit :

      moi aussi j’apprécie Schopenhauer malgré ses dérives caricaturales d’un autre temps. j’aurais adoré avoir une conversation avec lui pour lui montrer un autre visage de la féminité, mais bon. suis très fière de votre commentaire qui me touche et me donne de l’énergie pour continuer. merci infiniment

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