Un conte d’hiver

Dans l’immensité étriquée d’une plaine noircie par le soleil couchant, l’hiver gronde ses caillots de glace. Fièrement élancés au froid, des arbres décharnés aux formes humaines désespèrent de leurs racines gelées. La nature enfouie sous la terre rumine sa vengeance, pour survivre, elle ressasse ses ressentiments. S’il fait si froid, c’est la faute au vent, disent les uns. La faute aux arbres qui ne nous protègent plus, disent les autres. La faute aux nuages qui s’en sont allés laissant place à un ciel plus noir que le jais prétendent les suivants. Mais le vent, les arbres et le ciel souffrent comme nous clament les derniers. Et s’il suffisait qu’un arbre prenne la place du ciel et le ciel du vent pour que les beaux jours reviennent ?

Friedrich, Abbaye des chênes, 1810

Friedrich, Abbaye des chênes, 1810

Dans ces ténèbres, au loin, de faibles lumières scintillent timidement des fenêtres de maisons resserrées pour se tenir chaud. Des oiseaux transis douillettement emmitouflés sous leurs plumes n’y prêtent aucune attention. Une petite ville s’étend frileusement aux confins du monde civilisé. Chaque maison est un clan, ce besoin d’appartenir à une tribu comme si l’humanité n’était pas une vaste famille. C’est ainsi. Le besoin de se sentir en communion prime sur toute autre considération. Et l’on se sent en intimité lorsque l’on sait l’ennemi à l’extérieur. L’ennemi, c’est l’autre, un voisin. Il nous épie et son indifférence est une atteinte à notre intégrité. Tout est insulte pour qui veut se blottir dans le creux tiède et confortable de bras secourables sans oser s’y assouvir.

Maximilien Luce, Terril de charbonnage, 1896

Maximilien Luce, Terril de charbonnage, 1896

Dans cette ville, parmi la multitude anonyme, il y a sept familles qui s’aiment et se détestent. Sept haines rêvant d’amour, sept amours lustrant inlassablement cette haine qui éloigne ceux qui se sentent trop proches. Une famille est un terreau pour faire pousser l’insupportable sentiment de se sentir dévoré par ceux que l’on aime. Il est dangereux de franchir les frontières. Se côtoyant quotidiennement, ils apprennent à vivre tant bien que mal ensemble. Les apparences servent à cela. Des générations de petits pas perdus tournant en rond, usant leurs souliers à faire le tour d’eux-mêmes sans jamais oser franchir la porte. Entrer et sortir, dans le confinement de paroles rassurantes susurrées dans le coin d’une oreille.

Ce village offre toutes les commodités. Un garagiste assure l’entretien et la réparation des véhicules. Un médecin réputé, habitant une maison cossue, se dévoue à soigner les miséreux dont le porte-monnaie est bien garni. On n’imagine pas à quel point il y a de malades en ce monde, beaucoup plus que de bien portants. Le boulanger fait un excellent pain et cultive les saveurs délicates dans une pâtisserie raffinée. L’épicier assure la survie de la communauté grâce à un surplus de marchandises qu’il renouvèle avec science. Une femme de ménage marié à un ouvrier œuvrant à différents petits travaux de réparation s’occupe de nettoyer les maisons du village avec un soin assidu. Une famille de retraités vit calfeutrée derrière ses volets en épiant les allers et venues, notant scrupuleusement chaque fait et geste comme pour écrire le grand livre du monde.

Roméo Dumoulin, En ballon, 1930

Roméo Dumoulin, En ballon, 1930

La vie est remplie de petits incidents obligeant les uns à prendre contact avec les autres comme pour s’excuser de déranger leur quiétude. Ça ne se fait pas de taper à la porte de son voisin pour lui demander comment il va et s’il est possible de lui apporter une quelconque aide. Il faut attendre le moment convenu, l’évidence légitime pour mettre en branle la solitude des chaumières. La sollicitude est affaire de conventions. Un chien écrasé est un drame qui fait jaser même ceux qui n’ont plus rien à dire depuis longtemps. Un vol est une atteinte à l’intégrité d’une demeure. Un accident, une mauvaise chute, un mensonge sont autant de grains de sable venant bloquer un moteur que rien ne semble venir perturber jusqu’ici.

Madame Dupont, femme de notaire, élevée dans la tradition catholique, trois enfants, harnachée de son rôle de mère telle une Jeanne d’Arc échappant au bûcher et épousant le feu de Gilles de Rais, un étendard de vertu au vent d’un monde concupiscent. Madame Dupont devient folle quand elle ne trouve plus cette boite incrustée de fausses pierres dans laquelle elle range des babioles sans valeur, mais d’un intérêt sentimental immense. Elle devient encore plus folle quand elle découvre une boite inconnue qu’elle n’avait jamais vu jusqu’ici, un objet parasite dévorant ses objets à elle.

Steinlen, La rentrée du soir, 1897

Steinlen, La rentrée du soir, 1897

Madame Ducommun, femme de médecin, ménagère hors pair, cuisinière par passion, dotée d’un enfant et d’une dent déchaussée, devient folle quand elle ne trouve plus ce petit écrin fétiche qu’elle aime tant caresser, lui rappelant l’enfance qu’elle n’a pas eue. Elle se sent volée, trahie, meurtrie, dépossédée d’elle-même. Elle prend peur quand elle s’aperçoit qu’un autre écrin inconnu parade à la place où elle posait délicatement son fétiche. Elle ne sait quoi penser, une femme ne peut perdre la tête que son mari accapare.

Madame Levure, femme de boulanger, boulangère de son état, ayant appris par cœur les goûts de ses clients qu’elle reconnaît même les yeux baissés dans son tiroir-caisse au seul son de leur pas et de leur voix, devient folle quand elle ne voit plus son tableau sur le mur du magasin et qu’un autre le remplace avec morgue. Sûrement pas un tableau magique ce gribouillage réalisé par son père au temps où il rêvait encore, mais une auréole de tendresse indéfinissable que le tableau étranger est incapable de combler.

Madame Ahmed, femme d’épicier et mère de famille, devient folle quand elle découvre avec horreur le symbole du Christ bien en apparence dans son magasin comme posé là depuis des années alors qu’hier soir, elle en est sûre, il n’était pas là, Jésus. Son assiette décorée de versets du Coran a disparu, elle s’est volatilisée, une ignominie, un acte raciste, une guerre de religion, une farce ?

Madame Rodriguez, femme de garagiste, s’aperçoit avec horreur que son bibelot préféré trônant face au bureau de secrétaire de son mari a été remplacé par un autre. Elle se demande avec angoisse si elle devient folle ou si elle l’a toujours été ? Elle se pose tant et tant de questions qu’elle sent son cerveau avoir des ratés comme une soupape déréglée ou un carburateur à moitié bouché. Elle en est à un tel point qu’elle n’ose même pas appeler son mari. Après tout, à part ce léger détail, tout est absolument normal.

Antonio Puga, vieille femme assise, 1640

Antonio Puga, vieille femme assise, 1640

Madame Michot, retraitée de son état, voit son existence toute retournée quand elle enfile des pantoufles toutes neuves remplaçant les siennes toutes usagées. Elle croit d’abord avoir pris celles de son mari encore navigant dans quelque rêve somptueux. Après vérification, les pantoufles de son mari sont là, sagement à leur place, pétaradant de plaisir à l’idée du réveil du maître de maison. Elle ne se savait pas folle, mais avec l’âge, qui peut dire ce qu’il advient de nous ?

Madame Camara, d’origine camerounaise, se lève comme tous les matins, tout est normal dans son petit appartement, son mari est parti travaillé comme ouvrier mécanicien dans le garage Rodriguez. Sa vie paisible n’est troublée en rien. Elle sait simplement que les tâches quotidiennes l’attendent et que le monde s’impatiente d’elle pour remettre un peu d’ordre après les ébats d’une soirée passée devant la télé.

Si pour un vol, il est légitime de soupçonner la femme de ménage, pour un déplacement d’objets, le soupçon est moins évident. Madame Camara ne se doute pas qu’elle se trouve au centre de toutes les pensées du matin. Pour les unes, une personne d’apparence si correcte, pour les autres, une personne au double visage, pour tous un coupable idéal. La réalité, tout ça n’a aucun sens. Il convient de donner un sens aussi misérable soit-il à ce qui nous entoure.

La pensée est une grosse marmite dans laquelle on fait mijoter un tas de choses qu’on oublie très vite si on n’a pris soin d’en noter les ingrédients. La soupe bout à petit feu, vient un moment où la chaleur est si importante que le liquide tente de s’échapper en des effluves bouillonnants impossibles à contrôler. La pensée obsédante devient incontrôlable et s’échappe de tous les pores de la peau en bouffées vaporeuses d’ardeur. Il faut que ça sorte, il faut ça brûle, son seul moyen d’exister.

Avez-vous constaté quelque chose d’anormal ce matin madame Camara demande madame Michot à la femme de ménage qui vient chaque jour éclaircir du mieux qu’elle peut cette maison noircie par l’âge. Camara sait que quelque chose cloche, elle comprend qu’une accusation pointe le bout de son nez, elle s’en inquiète, mais sa sincérité est éclatante, même pour madame Michot. Après tout, une paire de pantoufles ne vaut qu’on se sépare d’une femme efficace et soigneuse.

Tout aurait disparu de son esprit très vite si madame Michot n’avait rencontré madame Rodriguez qui lui raconte sa mésaventure d’une substitution incroyable. Elle le dit presque avec désinvolture connaissant la réponse évidente d’un problème de mémoire passé un certain âge. Quand madame Michot lui parle des pantoufles, elle se dit que, peut-être, elle n’est pas si folle qu’elle le croit. Madame Rodriguez, papotant avec madame Levure qui lui parle en souriant jaune du tableau, comprend qu’il se passe quelque chose d’étrange. Elle téléphone à madame Michot qui lui raconte l’histoire de madame Ducommun lui parlant aussi de madame Dupont et madame Ahmed. Pour la première fois de leur existence, une chape de mystère s’abat sur la tête de ces braves dames. Toutes pensent à madame Camara, leur point commun à toutes.

Rops, Le scandale, 1879

Rops, Le scandale, 1879

Qui est donc cette Camara dont le visage leur paraît plus étrange que jamais. Ces dames qui n’avaient jusqu’ici que des relations lointaines décident de se réunir autour d’une tasse de thé non pour tenter de résoudre une énigme insoluble, pour se rassurer. Ce que ne savent pas ces dames, c’est qu’elles font un tricot entre elles. Elles fabriquent un chandail dans lequel elles blottissent bien au chaud leurs frayeurs. Comme madame Camara est présente, les autres dames apprennent qu’elles ont été les seules victimes puisque Camara reconnait qu’elle n’a rien noté de spécial chez elle. Un aveu. Le pire est que chaque objet de substitution vient des familles elles-mêmes. Qui d’autre que la femme de ménage pourrait ainsi prendre un objet chez une famille pour le placer chez une autre ? Tout l’accuse.

Le lendemain quand les six femmes constatent une nouvelle substitution, elles décident de prendre une sanction et de renvoyer Camara. Une plaisanterie qui ne fait rire personne. Remettre en question la bonne santé mentale des gens est un crime intolérable qu’il convient de sévir avec toute la rudesse nécessaire. Camara perd son travail et Rodriguez songe sérieusement à renvoyer son mari, deux suppôts de l’enfer, une terrible escalade pouvant conduire aux pires extrémités. La pire extrémité est atteinte lorsque les six familles constatent une nouvelle substitution alors que Camara ne vient plus chez eux. Ce n’est plus une farce, un crime diabolique.

L’innocence est le pire des fléaux. Tout le monde se sent responsable de ne pas être coupable. Une fois le coupable idéal trouvé, on s’en donne à cœur joie, un défoulement qui vide un peu le venin en soi. Et plus l’on se sent coupable, plus la haine contre le coupable désigné est virulente. Il ne fait pas bon être coupable parmi les coupables, ils ne pardonnent rien, un trouble obsessionnel du comportement, haïr celui qui place sa tête sous le couperet.

Van Gogh, L'église d'Auvers-sur-Oise, 1890

Van Gogh, L’église d’Auvers-sur-Oise, 1890

Malgré les dévots, l’église du village tombe en décrépitude. Monsieur le curé reçoit ses oboles, mais le cœur n’est plus là, le foie a tout remplacer, un énorme foie évidé de son cœur. Croire par habitude, c’est ne plus croire, c’est ânonner de vagues réminiscences, se rappeler au bon souvenir d’un dieu lointain qui en a assez de ces gens qui ne voient plus rien. À force d’indifférence, un trou s’est creusé devant l’église. Tout le monde le sait inconsciemment, personne ne songe à le réparer, il fait partie de la procession du dimanche, la petite embûche donnant son épice à une vie tellement rangée qu’on n’y trouve plus rien. Personne ne remarque que le trou est réparé un jour sans que l’on sache par qui. Personne n’aurait jamais remarqué la réparation si, à chaque fois que quelqu’un passe ici, il trébuche. Un trou qui n’existe que dans la tête des gens est plus dangereux que celui existe vraiment. Quelqu’un a réparé le trou à l’entrée de l’église, pas celui se trouvant dans la tête des fidèles.

Il n’empêche qu’il faut faire cesser ce trouble prenant des proportions grotesques. La famille Camara ayant perdu son emploi et sa dignité s’inquiète de son avenir. Les autres familles deviennent folles. Une dimension titanesque, un phénomène local se répand à la vitesse du son, une épidémie de ragots amplifie tout. En l’espace de quelques semaines, la ville brisée par le froid s’est transformée en une fournaise de suspicions. Chacun y va de ses révélations, la ville devient dangereuse, jamais la gendarmerie n’a été autant sollicitée. Pour un oui ou un non, chacun voit le mal partout, tous s’emparent du mal, le mal s’agrippe au moindre événement un tant soit peu troublant. La police le sait, c’est dans ces moments que tout peut arriver.

Il suffit d’imaginer le pire pour qu’il se produise. Il faut si peu pour le sortir de son trou, un peu de sel, le voilà qui éructe sa gueule, les crocs sanguinolents de bave, les canines ne sont rien, le pire, la langue et les lèvres, les mots qui sortent de la bouche, les mots qui déchirent. L’âme lacérée laisse s’échapper les relents d’hostilité. Les purulences de la lâcheté colmatent les trous.

La municipalité doit faire quelque chose. Elle décide d’organiser à contrecœur et à contre-courant un grand bal. Réunir ceux qui se sont séparés, les obliger à se parler, à se toucher, à retrouver les gestes normaux de la vie. La ville placarde des affiches partout. Un grand bal à entrée libre avec orchestre et buffet à volonté. Chacun y met du sien en préparant de la nourriture. Les jeunes musiciens ne manquent pas, l’occasion de leur offrir la chance inespérée de révéler leur talent. Une ébullition contre une autre ébullition.

Devant les réticences de la population, la municipalité envisage de passer une loi pour obliger les gens à aller au bal. La haine est peureuse, devant cette menace, tout le monde se met au travail. Les femmes font la cuisine, les hommes arrangent la salle des fêtes si peu utilisée. On croirait voir des fourmis à l’ouvrage. Occupés, les gens pensent moins, la tension descend d’un cran, l’objectif de la mairie est en bonne voie. Les bouches aiment le fiel, les mains préfèrent le miel, faire ce qui est le plus facile. Dans le feu de l’action, chacun s’affaire au grand soir, l’ouverture des festivités.

Jean-François de Troy, La toilette pour le bal, 1735

Jean-François de Troy, La toilette pour le bal, 1735

On se croirait à Noël, une ambiance se crée, on sent ces gens s’investir dans leur tâche comme si un enjeu capital devait en découler. Les préparatifs d’un long voyage, on ne veut rien oublier, mieux vaut plus que pas assez, que sait-on ce que l’on va trouver là-vas ? Voilà la ville prise de folie de bien faire comme pour laver une conscience encombrée de préjugés. Le génie humain est fait de bricoles et de bricolage, le petit problème résolu confère un aspect quasi divin à ce que l’on fait.

Tout étant enfin prêt, il ne reste plus aux gens qu’à enfiler leur plus beau sourire. Peut-être le plus important de tout est-il de se parer de toute la légèreté de l’être. Ne plus s’offusquer de cette pesanteur de l’âge, ne plus s’alourdir de sévérité, se rendre plus léger qu’un courant d’air. Le grand soir arrive enfin. Seule la famille Camara reste à part malgré qu’elle ait été fermement invitée. Nos six commères de substitution restent entre elles devenues depuis les événements d’inséparables amies, suivent leurs maris et enfants enfouis dans la petite foule de la ville.

En s’engouffrant dans la salle de bal, chacun et chacune se sentent comme happés par une envie de bonheur et de frivolité. Comme si, tout d’un coup, les conventions deviennent des chaines qu’ils veulent à tout prix arracher. Une envie de danser, de parler, d’échanger, un impérieux besoin de substitution. D’abord, madame Michot danse avec monsieur Michot, madame Dupont avec monsieur Dupont, madame Levure avec monsieur Levure, chacun au milieu de tous. Mais dès la fin de la première danse, madame Michot danse avec monsieur Rodriguez, madame Ahmed avec monsieur Ducommun. On voit les couples se défaire comme pour se revigorer. Chacun se prend de passion pour ceux dont on avait oublié jusqu’à l’existence. Les jambes s’agitent avec grâce, les bras s’enlacent autour de corps qui semblaient à jamais perdus.

Le bal devient une danse effrénée où chacun s’oublie. Plus d’âge, plus de nom, plus de propriétés, même madame Dupont, femme de notaire, en vient à se moquer des biens de son mari, jusque-là un temple devant lequel elle s’agenouille en faisant ses dévotions. Pour la première fois de sa vie, elle savoure le sentiment de ne rien posséder. Madame Levure n’en peut plus, elle se jette sur monsieur Camara en le tirant de toutes ses forces pour qu’il la rejoigne au milieu des danseurs. Madame Camara se fait inviter par monsieur Levure, ils ont l’impression de former un couple exceptionnel. Ce bal est la fête des Camara injustement accusés, les Camara pleurent, ils sont heureux, tout le monde est heureux.

Hugo Simberg, l'ange blessé, 1903

Hugo Simberg, l’ange blessé, 1903

Un peu plus loin, au même moment, le jeune Camara, oublié des humains, range la truelle qui lui a servi à boucher le trou de l’église. Il est content, les substitutions l’ont beaucoup amusé même s’il a eu très peur pour ses parents. Est-il allé trop loin, lui qui ne songe qu’au bien ? On ne va jamais assez loin. Eux, ils se sont arrêtés en route, sur le bord du chemin, ils se sont mis à attendre ce qui ne vient jamais. Personne ne pourra jamais l’incriminer, pas même ses parents. Le petit Akem est né avec une déficience, un chromosome en plus et mal placé, un enfant au-dessus de tout soupçon, celui auquel on ne pense jamais, le doigt de Dieu que plus personne ne sait se mettre dans l’œil pour le nettoyer. Peu importe Dieu, le doigt ou l’œil, il a sommeil.

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Comments
5 Responses to “Un conte d’hiver”
  1. oussamamuse dit :

    En somme, quand j’y songe, en rêve, dieu se met-il parfois les doigts dans d’yeux ?

  2. Jean-Louis dit :

    C’est vrai qu’ils sont plaisants tous ces petits villages
    Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
    Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
    Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est être habités
    Et c’est être habités par des gens qui regardent
    Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
    La race des chauvins, des porteurs de cocardes
    Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
    Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

    Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
    Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
    Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
    Vous font voir du pays natal jusqu’à loucher
    Qu’ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
    Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
    Ou même de Montcuq il s’en flattent mazette
    Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
    Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

    Etc… Bonne année

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