Satan

Dans l’Ancien Testament, Satan signifie « adversaire » ou « accusateur » traduit en grec par diabolos, « diable », adversaire de l’homme. Satan est aux ordres de Dieu, un fonctionnaire zélé dont la tâche est de surveiller les activités humaines et d’en reporter la teneur auprès du Big Boss. Un procureur divin chargé de veiller à la juste punition de celui qui a commis une faute ou est susceptible d’en commettre une. Dans le langage humain, un Satan est l’humain qui pousse un autre à commettre une vilenie. Satan est de l’ordre de l’humain, pas du divin. « Vade retro Satanas, tu m’es scandale, tu ne tends pas vers Dieu, mais vers les hommes (Matthieu, XVI, 23). »

Giovanni Modena, L'enfer, 1440

Giovanni Modena, L’enfer, 1440

Dans le Livre de Job (I, 6), Satan met en doute la sincérité de Job, un « homme droit et parfait. » Il demande : « est-ce gratuitement que Job craint Élohim ? » Dieu semble avoir un doute et autorise Satan à mettre à l’épreuve l’infortuné Job sur qui s’acharnent les calamités de la terre. Il perd ses biens, ses enfants, pour couronner le tout, il est atteint d’une maladie répugnante le reléguant dans les immondices. Restant fidèle à sa foi, il tient bon. Satan reconnaît son erreur et Job retrouve non seulement ce qu’il a perdu, mais plus encore. Plus grande la souffrance, meilleure la récompense, une récompense se mérite, la logique du diable parce que celle du divin.

Léon Bonnat, Job, 1880

Léon Bonnat, Job, 1880

Le chapitre XVI du Lévitique parle d’un sacrifice le jour de l’Expiation, Yom Kippour (dixième jour du septième mois, équinoxe de septembre), de deux boucs « l’un pour l’expiatoire et un bélier pour l’holocauste », ce dernier, chargé de toutes les fautes et les péchés des enfants d’Israël, le bouc émissaire, est livré au désert où règne un certain Azazel. C’est la première référence à un démon chargé de garder le mal qui est en l’homme. Son rôle est bénéfique puisqu’il s’accapare du péché à son seul nom. Il libère l’homme du péché.

Je suis la pauvre diable, 1550

Je suis la pauvre diable, 1550

Daimôn désigne un dieu ou une déesse, au pluriel, les âmes des morts doués de pouvoirs sans être méchants. Le démon s’empare de la personnalité d’un individu et le dirige à sa convenance, une disconvenance, une maladie. On ne plaisante pas avec le démon, le démon sans cesse plaisante avec nous. Satan est chargé de remettre un peu d’ordre dans ce charivari en inculquant, à sa manière, l’idée d’un châtiment. On ne tente pas quelqu’un avec ce qu’il ne désire pas. On ne désire rien qui n’est déjà en soi.

Rien n’est plus tentateur qu’un tabou. Il suffit d’interdire quelque chose pour trouver des gens pour le désirer. Le désir est d’autant plus ardent que l’interdit est sévère. Le mal n’est pas l’objet de la tentation, la tentation elle-même. Rien n’est plus humain que la tentation. Avec le désir, l’humain met ses mains dans le cambouis, avec la dévotion, il met sa tête dans un sac pour ne voir que ce qui l’arrange. La mise à l’épreuve est la condition obligée de la sainteté.

Ary Scheffer, La tentation du Christ,1854

Ary Scheffer, La tentation du Christ,1854

Emmené au désert par l’Esprit saint, Jésus est mis à l’épreuve. Il jeûne 40 jours et 40 nuits. Il a faim, Satan dit que s’il est fils de Dieu, il n’a qu’à transformer les pierres en pain, ce qu’il refuse de faire. Satan emmène Jésus sur le pinacle du Temple en lui disant « si tu es fils de Dieu, jette-toi, les anges te porteront. » Ce à quoi Jésus répond qu’on ne demande pas à Dieu de prouver qui il est par un miracle. Satan propose à Jésus « tous les royaumes du monde et leur gloire » en se prosternant devant lui. Jésus repousse les trois tentations, Satan s’en va. Avant toute élévation spirituelle, la confrontation avec Satan est nécessaire. Il est la condition de toute quête mystique.

La Première épitre aux Corinthiens (V, 5) est limpide : « que cet homme soit livré au Satan afin que son esprit soit sauvé au jour du Seigneur. » Satan continue d’œuvrer dans le sens du divin en permettant la libération du corps et de la matière. Quand l’humain s’empêtre dans le vice, englué dans la matière, Satan l’en sort pour le remettre dans le droit chemin.

Apocalypse, Saint Jean et la bête de mer, 1380

Apocalypse, Saint Jean et la bête de mer, 1380

Avec Paul, Première épitre aux Thessaloniciens (II, 18), Satan gagne en indépendance et en liberté, il n’est plus un fonctionnaire de Dieu, un être capable d’œuvrer pour son seul but grâce à sa faramineuse intelligence. « Satan nous en a empêchés. » « L’adversaire qui s’élève contre toute déité au point d’aller s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu, en se déclarant Dieu (Deuxième épitre aux Thessaloniciens, II, 4). » Malgré tout, Paul affirme que « Dieu leur envoie une énergie d’égarement pour se fier au mensonge afin que soient jugés tous ceux qui, au lieu de se fier à la vérité, approuvent l’injustice (II, 11/12). » Satan conserve son rôle de mise à l’épreuve. Il n’est plus seulement l’adversaire de l’homme, mais de Dieu lui-même.

Beatus Facundus, La femme et le dragon, 1047

Beatus Facundus, La femme et le dragon, 1047

L’Apocalypse de Jean (XII, 9) lui donne un visage monstrueux, « le grand dragon, l’antique serpent, lui qui égare, il a été jeté sur terre et ses anges ont été jetés avec lui. » Mais l’Apocalypse reconnaît que Satan reste impuissant, il ne peut agir que par l’intermédiaire des suppôts qu’il engendre, « venant de la mer, la bête à dix cornes et sept têtes et sur ses cornes, dix diadèmes et sur ces têtes, des noms blasphématoires (XIII, 1). » En fait, ce monstre est l’Empire romain et les noms blasphématoires sont les titres impériaux. Satan ne peut agir à visage découvert, mais au moment du cataclysme final, il réapparaitra pour mener le combat final avec les armées du bien.

Il faut être plus malin que le malin, plus bluffant que la duperie, plus odieux que l’odieux, il faut vivre en démultiplié pour parvenir tant bien que mal à se hisser au-dessus de la navrante condition humaine. Satan nous attache à la terre en nous faisant miroiter ses avantages, à nous de lui démontrer que ces prétendus avantages ne sont que fardeaux et farandoles une fois que l’on s’élève de sa condition.

Bartolomé Bermejo, Le Christ dans les limbes, 1475

Bartolomé Bermejo, Le Christ dans les limbes, 1475

Dans l’évangile de Luc, Satan dit à Jésus régner sur le monde terrestre et se doit de le mettre à la tentation pour savoir s’il est digne de sa mission. Jésus affirme à ses disciples que le règne de Satan tombera. Plus loin, il suborne Judas pour qu’il trahisse Jésus afin de le conduire à la Passion. Jean pense que Satan a poussé Caïn a tué son frère. Satan a le pouvoir de la mort régnant en maître sur terre. Jésus descend sur terre pour vaincre la mort. Mais à quoi bon l’éternité si c’est pour commettre méfait sur méfait ? Satan joue un rôle essentiel en faisant comprendre à l’humain le mal qui est en lui. Jésus ne vient pas combattre Satan, il vient parfaire son enseignement.

Biblia Pauperum, Bénédict conjurant le monstre des 7 péchés, 1415

Biblia Pauperum, Bénédict conjurant le monstre des 7 péchés, 1415

Satan est le Jésus de la terre, Jésus, le Satan du ciel, alliance indissociable, fraternité de sang, de cœur et de raison. Ce que fait l’un dépend de ce que fait l’autre. Jésus révèle Satan au monde, Satan révèle Jésus, il est le Jean-Baptiste, l’Annonciation, la Visitation et la Passion. Il porte en lui toute la religion qui, sans lui, resterait enfouie en terre sans pouvoir germer. Il est la terre, l’eau, le feu et l’air, Jésus est lumière, mais il éclaire ce qui fermente dans la terre.

Maître Bedford, Jugement dernier, 1430

Maître Bedford, Jugement dernier, 1430

Les dernières dents d’une mâchoire meurtrie, le dernier espoir de couper et de mâcher ses aliments pour qui se nourrit à la main. Deux dents qui s’entrechoquent, se maintenant l’une à l’autre, les deux vestiges d’une splendeur d’autrefois, le rempart ultime avant le gouffre de l’oubli, un gigantesque estomac ruminant des trésors rutilants, des luxes méprisants, des générosités aussi noires qu’un fruit mûr. Tout dans la besace de la pestilence de la digestion. Soudain deux doigts me saisissent l’oreille, me remontent à la surface, me jettent en vrac sur l’herbe d’un magnifique jardin, un engrais.

La terre se pourlèche de chacune de ma chair. Puis l’on se sent prise par le nez, accrochée à un hameçon qu’on jette sans ménagement dans l’eau sans pouvoir respirer, juste gigoter comme un beau diable jusqu’à être avalée par un poisson. Nous qui rêvions de conquête nous voilà condamnés à n’être que vulgaire nourriture. La pêche est bonne. Une barre de fer traverse le corps avec d’autres anciens compagnons, une broche, un feu, un manège, nos chairs brûlent. Nous voilà dans un plat magnifique, peut-être n’est-ce qu’une simple écuelle. Un souffle violent fouette nos blessures. C’est comme si, à cet instant précis, nous étions exactement là où nous aurions dû toujours nous trouver. En levant le regard, une gueule immense où paradent deux dents noircies et brinquebalantes, devant un précipice d’où l’on ne revient jamais.

Psautier d'Henry de Blois, L'enfer fermé par un ange, 1140

Psautier d’Henry de Blois, L’enfer fermé par un ange, 1140

Assaillis de tentations, des saveurs vertigineuses nous enchainent dans un palais. Un son divin nous ensorcelle pendant que deux dents aux gestes raffinés nous massent délicieusement. L’une, douce, tolérante, belle, gentille à se blottir contre elle, l’autre, cruelle, acerbe, tranche, elle ne pardonne rien, elle nous fait payer jusqu’au dernier centime la faute commise. Ce n’est pas notre faute, des circonstances dans lesquelles nous avons sombré, nous saisissent la gorge jusqu’à nous étrangler, le temps de prendre conscience de ce qui s’échappe à jamais de nous.

Quand on va vers l’une, l’autre nous rattrape. Deux dents jumelles destinées à rester ensemble. Un vieillard terrible. Une barbe n’en finissant pas, un brasier sur la face, tombant majestueusement jusqu’en terre. On dirait qu’il est fait d’une multitude de forêts, de lacs et de montagnes, ses veines sont des fleuves se dirigeant vers la mer, l’immensité azur de ses yeux, parfois clairs, parfois marrons foncés, parfois noirs, des couleurs partout jaillissantes en sources comme autant de crevasses sur sa peau ridée. Sous ses pieds se trouve sa tête, une prodigieuse masse presque ronde, nulle frontière nulle part, tout baigne en tout. Un calme inouï, des orages d’une violence incroyable, des masses d’eau et de laves traversent son corps dont la forme semble s’épuiser en quelque infini.

Un sourire de titan, une amertume de nain, un rire colossal d’où s’échappent des larmes. Le vieux semble si jeune, si loin, si près, et quand on le touche on frotte l’écorce d’un arbre immense, si misérablement petit dont le feuillage fait ses cheveux inondés de vent. Et cette gueule gigantesque où seules deux dents sont éructantes, Jésus et Satan, le bien et le mal, tout ça n’a aucun sens. Des frères de lait pour une parade de chair sanguinolente. Des gerbes éblouissantes de bave. De cette gueule sort un arc-en-ciel dont les couleurs forment le monde. Je suis là, l’admiratrice effrénée de sa féérie. Ses mains sont des racines, elles plongent en moi, traversent chaque parcelle de vie. Je sens des arbres poussant en moi, je me sens emportée dans le souffle. Deux dents grignotent ma chair.

Justin de Naplouse,Justin Martyr, originaire de Naplouse en Cisjordanie, né autour de l’an 100 et mort en 165 à Rome en martyre, est l’un des tout premiers à prétendre que Satan est responsable de la chute d’Adam et Ève en prenant la place du serpent tentateur sans mission divine particulière, juste pour le plaisir de faire du mal. Cette idée a un succès planétaire. Désormais, Satan n’est plus investi d’aucune mission divine, mais agit comme mal absolu, d’où sa chute, un ange déchu indigne de rester auprès du tout puissant. À partir de ce moment, le mal se détache du bien pour acquérir une personnalité propre et indépendante en dehors du divin et de l’humain. Dès lors, tous les efforts de l’humain et du divin sont de détruire ce mal pour s’en débarrasser une fois pour toutes.

Maître de Castelsardo, Saint Michel terrassant le dragon, 1500

Maître de Castelsardo, Saint Michel terrassant le dragon, 1500

La Sagesse de Salomon, Chapitre II, 24, affirme « par l’envie du diable la mort est entrée dans le monde et la subissent ceux qui sont de son parti. » Oui, mais sans cette mort, le monde divin n’existe pas. Pourquoi dans un lieu comme le Jardin d’Éden, une espèce de paradis avant l’heure règne un interdit aussi injuste si ce n’est pour être enfreint ? Le serpent tentateur offre le divin à l’humanité. Sans Satan, Jésus n’a aucune raison de descendre sur terre. Je le sais, pas Dieu ?

Hugo van Goes, Le péché originel, 1475

Hugo van Goes, Le péché originel, 1475

L’influence de Tertullien de Carthage (vers 160-225) devient prééminente dans le christianisme. Il assimile le péché originel à une tromperie satanique. À l’origine, le serpent n’en est pas un, une espèce de reptile à pattes, à visage aimable pour être convaincant, condamné à ramper après son méfait. Saint Cyprien (200-258) évêque de Carthage ne parle pas de Satan, mais d’Antichrist, un être orgueilleux prêt à tout pour se hisser à la hauteur de Dieu, à prendre sa place, on voit mal comment. Les humains ont des croyances s’accordant mal avec leur divinité.

Signorelli, Actes de l'Antéchrist, 1504

Signorelli, Actes de l’Antéchrist, 1504

Avant d’être diable, l’antéchrist nie la divinité du Christ. Première épitre de Jean (II, 18/22), « l’antéchrist nie le Père et le Fils. » Un antichrétien, sans plus, il y a du monde à postuler au poste. L’église a cette manie de ranger ceux qui ne veulent pas croire en elle en hérétiques diaboliques, suppôts de Satan et autres grimaçants hideux. C’est facile et ça rapporte gros. L’église ne lutte pas contre ceux qui la refusent, contre ceux qui la renient parce que méchants et mauvais. Le diable est un fourre-tout pratique où l’on glisse tous ceux sous les pieds desquels on place une peau de banane. Selon Papias de Hiérapolis, évêque d’Éphèse vers 130/140, nous devons l’idée à un certain Jean le Presbytre, l’ainé (presbuter), dont l’évangile est composé autour de l’an 90 de notre ère.

Codex Bodmer, Julien emprisonne un démon, 1190

Codex Bodmer, Julien emprisonne un démon, 1190

Le mal tel qu’il est conçu par les chrétiens de cette époque est incohérent. Dans l’Ancien Testament, il appartient au divin, dans le Nouveau, il y est encore rattaché, mais, au début du siècle de notre ère, il prend une forme indépendante. Caïn a commis son crime sous l’influence de Satan, une façon pour l’humain de se dédouaner de toute responsabilité. Quel est donc ce mal qui ronge Satan avant de dévorer le monde ? La jalousie, un sentiment d’abandon et de dénégation, un sentiment d’infériorité. La logique humaine construit un démon à son image.

Gustave Doré, Chute de Lucifer, 1866

Gustave Doré, Chute de Lucifer, 1866

Le Jésus du mal est Lucifer, Porteur de lumière (de Lux, lumière, et Ferre, porter). Un nom donné par les Romains à l’étoile du matin, la plus lumineuse, la planète Vénus. Le chapitre XIV, 12, du Livre d’Isaïe parle d’un astre brillant, fils de l’aurore, tombé du ciel alors qu’il veut s’égaler au Très-Haut. Lucifer est présenté comme un ange vantard destiné à être condamné au Shéol, le lieu des morts, plus connu par la suite sous le nom d’enfer.

Origène d’Alexandrie (185-253), l’un des pères fondateurs de l’église, franchit une étape décisive en évoquant un principe du mal, une existence autonome du mal, une espèce de trou dans lequel sombrent les plus faibles, les orgueilleux, ceux qui sont incapables de se suffire de ce qu’ils ont, les insatisfaits de Dieu. Satan sort de son cadre divin pour entrer dans la sphère d’un empereur du mal, le dualisme chrétien, qui l’entraine dans des méfaits sans nom contre ceux jugés, inquisitionnés, barbotant en dehors de la foi de l’église. Dieu a créé Satan bon, mais Satan s’est révolté contre Dieu et a choisi le côté obscur de sa force pour répandre le mal sur terre, pourtant création divine. Une solution de facilité diffamante pour Satan se retrouvant à l’origine de ce qui est nuisible. Déchéance, on le transforme en jaloux d’Adam, l’être parfait voulu par Dieu.

Cornelisz van Haarlem, La chute des titans, 1588

Cornelisz van Haarlem, La chute des titans, 1588

Quand on fait le ménage, on veut que tout soit propre, le problème, se débarrasser des déchets. Pas simple en matière de culture et de religion. La paganisme restait aux portes de la foi encore timide et hésitante, il fallait sans débarrasser, une fonction toute trouvée pour le mal. Les anciens dieux prestigieux du paganisme se sont trouvés relégués au rang de monstruosité diabolique, suppôts de Satan et autres grand-guignolesques. Le christianisme s’est transformé en carpette de luxe dessous laquelle on jette négligemment ce qui ne convient plus, ce qui dérange sans trop savoir quoi en faire. Satan, maître de la matière, qui le contrôle, domine le monde. Pour asseoir son pouvoir, un roi part en guerre contre le diable.

Hartmann Schedel, Le garçon loup, 1493

Hartmann Schedel, Le garçon loup, 1493

Saint Augustin tape le clou dans la chair de Satan. Parce que l’humain a péché, normal de le livrer entre les mains du démon. Ce qui n’empêche nullement le père de l’Église d’affirmer que la capacité de faire souffrir et de détruire se trouve en nous, un abcès purulent. Un paradoxe chrétien jamais résolu. Il y a quelque chose de mal dans l’humain, mais le diable est le coup de pouce pour l’exulter, lui donner ses lettres de noblesse.

On pourrait croire le combat inégal, le diable est costaud avec ses pouvoirs, mais le bien a des armes atomiques qu’il met en œuvre quand le mal prend trop d’importance. Pour inventer une guerre, il faut inventer un ennemi, odieux et insaisissable. Le remède est à la hauteur du mal, pour vaincre, il est pire. Quand le diable trompe, il faut plus le tromper, là est la seule loi. Le bien n’existe pas sans le mal qui va avec. Une invention pour se donner bonne conscience, pour se sentir armé contre les méfaits réels et surtout imaginaires. Cette histoire de Satan régnant sur l’enfer est une fantaisie de poètes en mal de martyre. L’enfer n’existe pas plus que le paradis, Jésus et Satan sont ailleurs, dans le cœur des humains.

William Blake, Satan dans sa gloire, 1805

William Blake, Satan dans sa gloire, 1805

Un prétentieux rivalisant avec ce que Dieu a réalisé de mieux pour le dénaturer, l’humilier, le faire souffrir, l’entrainer à sa suite dans sa cour des miracles, rendre infâme l’œuvre divine. Désormais Jésus n’est plus envoyé sur terre pour apporter la lumière, mais pour combattre les ténèbres qui coulent des yeux des pauvres humains perdus dans leur misérable impotence. Le combat que l’humain doit livrer avec lui-même, d’autres vont le mener à sa place. L’archange Saint-Michel terrasse le dragon rouge d’une seule bouchée devant le regard ébahi des humains regardant une scène les dépassant complètement. N’est pas archange qui veut.

Carpaccio, Saint Georges et le dragon, 1516

Carpaccio, Saint Georges et le dragon, 1516

Satan n’est rien sans ses suppôts. Très vite un monde d’en bas s’organise à la façon du monde d’en haut. Anges et archanges ont leurs corollaires infernaux. Le médecin Jean Wier (1516-1588) du duché du Brabant, étudiant à Bois-le-Duc, dans son De Praestigiis daemonum et incantationibus ac venificiis libri V publié en 1563, voulant remettre le diable à sa place contre les invectives des prêcheurs, dit qu’il y a 1111 légions de 6666 démons, soit près de 7.5 millions d’affreux. Satan seul ne fait guère le poids devant l’armée céleste, normal qu’il réunisse autour de lui suffisamment de démons pour créer une armée capable de rivaliser un tant soit peu avec celle d’en haut, une question de crédibilité plus que de victoire inaccessible face au tout puissant. Cette armée est une conception relativement moderne. Ni l’Ancien, ni le Nouveau Testament ne l’ont envisagée. Tout en bas, des hommes et des femmes de main, les sorciers faisant les pendants des dévots.Matthias Gerung, Bible d'Otto Heinrich, 1532

Arc-bouté sous le poids des ans et des peines comme si une vie suffit à peine à remplir une éternité, un vieux s’en va son chemin. Une pensée l’obsède, pourquoi générer des êtres approximatifs devant atteindre une perfection ne leur appartenant pas ? Les vieux pensent trop, ils n’ont que ça à faire. Son idée est limpide, d’une profondeur sans fin, ne rien créer qui ne possède son contraire, sa justification. Un moteur digne d’une horlogerie de maître. Une mécanique dont l’huile et les pièces se renouvellent sans cesse. Là est la perfection. Quant aux pièces qui s’usent, peu importe, là est leur sort. Rien de ce qui est n’a été et ne sera et tout recommence à jamais.

Le péché et le vice dans la peau, il suffit d’un coup de chaleur pour que cette fiente sorte par les pores de la peau sous forme de sudation abondante. Justement, il fait chaud en enfer, les coups de chaleur, ils connaissent bien. Un coupable tout désigné, tombé du ciel comme par miracle. La vie passe par là avec son cortège de déceptions. L’avenir promettait prestiges et réussites, elle n’offre que de lamentables échecs, honteux jusqu’au creux de la chair. Il aurait pu s’en contenter, mais ses proches à qui il s’est tant vanté le toisent et la rage fait trembler ses membres. Il ne peut tolérer ça, le reste de ses jours à baisser ce crâne destiné à recevoir une couronne.

Jean Cocteau, Le grand écart, 1926

Jean Cocteau, Le grand écart, 1926

Le vieux mène son bout de chemin quotidien autour de l’univers, une promenade des milliards de fois répétés dont il ne parvient à se lasser. Il ne connait rien d’autre, ça lui suffit. Le chemin est court, il le connait pas cœur. L’univers n’est pas immense, il est invisible. Un reflet perdu dans un reflet, lui-même reflet de reflet se perdant dans l’infini. La matière est finie, son reflet est infini. Un jeu de miroirs, voici ce qu’est le vieux, une image dans une image.

Le vieux est un enfant qui invente ses jeux. Les personnages sont les plus importants. Une fois les personnes là, le reste vient tout seul. Le vieux dans son miroir fait toute chose selon son reflet. Ce qui se réfléchit, c’est l’énergie, pas celle que l’on voit ou que l’on sent, celle au-delà une fois perdue dans le labyrinthe des reflets. Seul le vieux connait le secret des reflets, reflet lui-même, il fait tout ce qui existe à son image, celle de l’énergie qui se concentre jusqu’à façonner un cœur tout puissant. Peuplé de reflets, je suis qui je ne suis pas. L’énergie est le miroir, nul besoin d’exister, je suis celui qui n’a pas besoin d’être, le milieu d’un tournoiement, seuls les extrêmes existent, la vie s’y réfugie, s’y calfeutre et s’y oublie, un cognement.

Jésus est un enfant adorable plein de fraicheur, d’amour, de compassion et d’intelligence, il suit sa route à son terme. Satan, mon préféré, est enjoué, un petit diable aimant élancer à travers les espaces son rire moqueur. Tous les chemins sont les siens, sans en privilégier aucun. Là où le petit Jésus ne s’aventure pas, mon Satan s’y jette à corps perdu, audacieux comme une brise. Jésus s’attache à la terre, Satan ne rêve que de ciel. Comme je les aime les deux à se chamailler pour des broutilles qu’ils prennent au sérieux l’espace d’une querelle pour mieux se jeter dans les bras l’un de l’autre dès que l’orage est passé. Et quand je fais semblant de me fâcher, je vois les deux bambins me tirer la barbe en me lançant de hideuses grimaces, eux si beaux.

Mes personnages ont un caractère, une personnalité n’appartenant qu’à eux. Comme je n’avais pas assez de glaise, j’ai multiplié les caractères à l’infini. Je ne les ai pas voulus en prison, ils sont libres, peu usent de cette liberté. Ils obéissent à ce qu’ils sont se croyant uniques. Ils ignorent que tous les humains sont faits de la même façon, avec un peu plus ou un peu moins, la quantité les différencie, pas la qualité. La quantité modifie la qualité à leurs seuls yeux. Mon peuple forme un vaste tissu écossais, seul l’ensemble compte, ils ne le savent pas, ils ne sont strictement rien les uns sans les autres. Jésus et Satan sont les extrémités du tissu.

Ils sont responsables de leurs actes, ils sont libres. Sur l’échiquier, chacun se déplace comme il l’entend, selon les règles enfouies en lui. Les pieds dans la terre, la tige sort du sol éjecte ses feuilles qui n’ont plus qu’à suivre le soleil pendant que les racines courent en tout sens pour trouver la fraicheur désaltérante. Aucune voie n’est tracée d’avance, la marge est faible, elle est immense pour ceux qui se trouvent à la croisée d’un chemin. L’impression de se trouver devant un gouffre, à peine un caniveau. Eux seuls suivent leur pas, personne ne les pousse.

J’ai créé l’univers et tout ce qu’il contient à mon image, une masse d’énergie sans début ni fin, sans forme, sans limites, tout le reste est une façon de percevoir. Les mêmes choses produisent des effets différents. Les choses différentes produisent les mêmes effets. Tout est affaire d’énergie, une quantité stable avec ses hauts et ses bas. Quand l’un monte, l’autre descend, un équilibre sublime fait de différences et d’approximations pour un résultat identique, moi, l’énergie de l’univers.

Ils me voient en vieillard, la barbe sans doute. Au regard de l’éternité, je suis un jouvenceau inexpérimenté, accumulant gaffe sur gaffe. Il ne suffit pas de vouloir bien faire, il faut avoir le tact, il est difficile d’avoir du tact pour ses créations, pas facile de voir en elles quelque chose de différent de soi. Voilà l’erreur, j’ai fait comme je pensais, pas comme je sentais. On pense à deux, seul on ne fait que des sottises parce qu’on croit bien faire. Heureusement, j’ai mis au point une mécanique corrective permettant de rajuster les erreurs avec le temps. Du temps, j’en ai à foison.

Une création est un délire. Au début, on s’amuse, on joue avec les éléments, petit à petit le jeu prend tournure, les personnages deviennent des personnes, du moins le croient-ils, leur personnalité finit par prendre le dessus. Une personnalité est un aveuglement, on se croit quelqu’un, on ne voit rien d’autre que soi, ce qui arrange. Les voilà, mes créatures, des pantomimes qui oublient qu’elles ne sont rien par elles-mêmes. Ce que je crée reste à jamais lié à moi, une intimité si étroite qu’elle est invisible.

Il y a deux choses dont je suis incapable, juger et aimer. Tout en moi est intensité. J’ai l’intense de l’amour et du jugement, mais je suis incapable de les exercer. Ils s’exercent dans mes créations, mes deux préférées, une capable d’aimer, sentir, une autre capable de juger, mesurer, deux frères indissociables. Mes créations sont ma perfection. Je crée ce qui me parfait. J’ai engendré une multitude de dieux qui sont autant de reflets. Ce que je crée, c’est ce qui vit en moi.

Francesco Pagano, Saint Michel terrassant Lucifer, 1489

Francesco Pagano, Saint Michel terrassant Lucifer, 1489

C’est durant le 13è siècle que le diable, tel que nous plaisons à le reconnaître, apparaît. En 1233, le pape Grégoire IX crée l’inquisition. En 1272, Thomas d’Aquin rédige le Traité sur le mal où il condamne le diable et ses sympathisants. Jean XXII (pape de 1316 à 1334) compose, en 1326, la bulle Super Illus Specula, où la sorcellerie est taxée d’hérésie. La bulle d’Innocent VIII, Summis Desirantes affectibus, officialise la chasse aux sorcières. Il mandate deux dominicains, Henri Institoris et Jacques Sprenger, pour punir ceux censés suivre le diable. Ils écrivent un manuel, Malleus Maleficarum, le marteau des sorcières, édité en 1487, le bréviaire permettant de mener à bien les procès de sorcellerie durant les 16è et 17è siècles. Ils sont à l’origine de la science des démons, la démonologie. Saint Antoine, célèbre pour avoir triomphé des démons le harcelant, devient leur héros. Le jésuite belge de parents espagnols Martin Del Rio (1551-1608) rédige un autre manuel, Disquisitorium Magicarum libri sex, en 1599. Matin Luther lui-même, au moins au début de sa carrière, est obsédé par le diable. Si l’on s’en réfère aux textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, on mesure combien ces affirmations sont de l’ordre de l’imaginaire d’une époque meurtrière. Le diable triomphe du diable.

Bernardo Martorell, Saint Georges tuant le dragon, 1435

Bernardo Martorell, Saint Georges tuant le dragon, 1435

Dans le Livre de Tobit (III, 8), Sarah, fille unique de Ragouël, a été donnée à sept maris tués par le « méchant Asmodée. » On l’accuse des crimes. Raphaël est envoyé sur terre pour la guérir en emprisonnant Asmodée, l’enchainant dans le désert d’Égypte et permettre à Tobias, fils de Tobit, de l’épouser. L’ancêtre de la possession et de l’exorcisme. Être possédé du malin est, dans l’esprit accusateur, une insulte signifiant être fou selon cette idée que quelqu’un de plus malin dirige un cerveau n’appartenant plus à son propriétaire. Être en proie à un démon, c’est sombrer dans la folie. Délivrer l’être du mal devient la fonction du bien, la garantie de son succès.

The Exorcist, 1973

The Exorcist, 1973

Le roman de William Peter Blatty, L’Exorciste, écrit en 1971 dont un film est réalisé par William Friedkin en 1973, relance la mode de l’exorcisme de salon pour effrayer les bonnes consciences. Du jour au lendemain de nombreux prêtres se portent volontaires pour combattre un mal qui semblait avoir disparu. La pratique de l’exorcisme a surtout pour effet de lancer la mode du satanisme. Dans un monde moutons, le bélier fait figure de Satan.

Jacques Callot, L'exorcisme, 1615

Jacques Callot, L’exorcisme, 1615

Le péché est la liberté humaine, le fondement de la foi chrétienne. Si l’homme était naturellement bon, Jésus n’aurait aucun sens. Non seulement le péché, mais la capacité à le doser selon le plaisir fonde la réalité humaine. Quand l’humain prend conscience du mal qu’il commet, il ne cherche pas forcément à le corriger. La réalité est qu’un homme bon et intègre n’a pas grand-chose à dire du mal qu’il toise de haut, qu’il méprise comme un vice de pauvre hère. Il reste passif à l’égard du mal qu’il condamne sans savoir s’en donner les moyens. On ne combat pas ce qui nous est étranger. On part en guerre contre ce qui est en nous. Celui qui a péché sait de quoi il parle. L’expérience du mal est un passage nécessaire à l’accomplissement du bien, l’œuvre au noir, le stade premier de l’alchimie sans lequel rien ne peut se réaliser. Satan n’est pas en nous, il est nous.

Paul Bril, Le naufrage de Jonas, 1600

Paul Bril, Le naufrage de Jonas, 1600

Dans le Livre de Jonas, Yahvé demande à Jonas de se rendre à Ninive, ville tombée dans la débauche. En mer, une tempête terrible surgit. L’équipage prenant Jonas pour la cause de la colère divine le jette par-dessus bord. Il est sauvé par un gros poisson qui l’avale. Arrivé à Ninive, il lance ses vindictes à la population qui se repent. Dieu pardonne. Jonas s’en inquiète, se met en colère, pourquoi ne pas condamner ces débauchés ? Tout n’est pas si simple.

Philip Loutherbourg, L'ange attache Satan, 1797

Philip Loutherbourg, L’ange attache Satan, 1797

L’humain confond justice avec équilibre. Dieu se fiche de la justice, seul l’équilibre de sa création l’intéresse. Les actes sont considérablement réduits dans la justice au point de devenir impossibles. Dans l’équilibre, il en va autrement. On n’agit pas en vue d’une règle, mais pour rétablir quelque chose en danger. L’homme a inventé la justice, Dieu a créé l’équilibre. Le mal est une façon d’équilibrer le monde sans lequel il sombrerait dans un monde inactif, rien n’est plus contradictoire que la justice. Elle produit un immobilisme castrateur. Le monde s’écroule sous la justice faisant qu’un jour ou l’autre toute action devient condamnable. Un piège diabolique.

James Gillray, La goutte, 1799

James Gillray, La goutte, 1799

Si l’art ne s’était emparé du démon, il serait resté une entité abstraite, confuse, sans succès si ce n’est en quelque rumeur. L’art lui a donné un visage, un corps, une atrocité, une peur. Représenter le démon, c’est assurer un regard sur l’œuvre. Tout le monde veut voir cet être infernal qu’on dit épouvantable. Le démon s’est emparé de l’art en lui promettant monts et merveilles, reconnaissance et admiration. Mais ce n’est pas aussi simple. Représenter l’horreur n’est pas une mince affaire. La tentation est grande de dessiner un voisin haï, mais personne ne s’en effraie. Il faut lui donner les allures d’une connaissance, d’une reconnaissance, sans pour autant le rendre fascinant. Il doit faire fuir tout en retenant l’œil.

Bosch, Chariot de foin, 1502

Bosch, Chariot de foin, 1502

Satan a la beauté d’un ange. Déchu, son nouveau milieu le transforme en être difforme. Il emploie des bêtes qui le servent, toujours prêt des humains, il y a quelque chose de diaphane en lui. Comme juge, critique acerbe des actes humains, il est un œil. Il parle avec justesse, il est une bouche. Il inflige des peines, il punit, il dévore, une gueule avec des crocs. Il avale, un énorme estomac où sont infligées les peines. Mais si Satan est un monstre hideux et repoussant, personne ne viendrait à lui, trop peur rien qu’en le voyant. Satan séduit, enjoué et fin parleur, il persuade, ce qui ne l’empêche nullement de se faire posséder par plus malin que lui. Son horreur est tempérée du fait qu’on peut lui échapper si l’on n’est pas pécheur invétéré. Un être contradictoire aux visages multiples. Art de séduire, d’effrayer, de convaincre, de fasciner, le diable est un artiste. Folie de voir, on perçoit un reflet, une partie de nous que nous refusons de voir, une conquête, une verticale.

Guillaume Geefs, Lucifer, 1848

Guillaume Geefs, Lucifer, 1848

La méchanceté comme impuissance est autrement plus redoutable que la méchanceté pure. L’incapable fait plus de mal que le capable, celui qui ne peut pas fait plus de tort que celui qui peut. On dit Satan intelligent. Or le pire mal qui puisse se commettre a pour origine la sottise, l’ignorance, le fanatisme, un univers si étroit qu’il ne laisse place à rien d’autre qu’à sa propre croyance. Il ne faut pas assimiler l’imbécile qui commet des actes innommables par bêtise avec l’être diabolique tirant les filins d’une stratégie du mal. Une sottise s’oppose à une autre sottise, le pire mal devant lequel même le plus grand des méchants fait figure d’amateur. Ni la haine n’est aussi intelligente, ni l’amour aussi bête. Le monde humain est le monde de l’ignorance et de la folie. Adam et Ève ont mangé une pomme, ils auraient dû manger l’arbre.

Cornelisz van Haarlem, Chute de l'homme, 1592

Cornelisz van Haarlem, Chute de l’homme, 1592

Au nom de l’amant, du bâtard et de la matière, du fou et du damné, de l’abîme et de l’enfer, je t’asperge de feu afin qu’il te consume et que tu renaisses de tes cendres. Moi le grand reflet, voici la vérité, je les ai intervertis. Satan en Jésus, Jésus en Satan. Quand ils se soumettent à l’un, ils obéissent à l’autre. Des frères jumeaux, les extrêmes de tout ce qui existe. Jouant ensemble, nul ne sait les reconnaître, chacun a pris la place de l’autre, une image et son reflet. L’un ne va sans l’autre et qui vit dans l’un perd le mouvement de l’autre. Le mouvement, le renouveau, cette impitoyable capacité à renaître. Que ce soit au ciel, sur la terre ou dessous, tout est affaire de famille, une même parenté. Mon organisme, ma vie, un univers imbriqué en tout. Je suis lui, tu es moi.

Comments
22 Responses to “Satan”
  1. Hum c’est certain que sa vas enflammé les réseaux sociaux je les rebloger sur mon compte Word Press bon lundi

  2. Oussama Muse dit :

    Oui, avec cet article, ça tend vers la perfection divine et après lecture attentive, je me suis tu, émoi, je te suis, toi !

  3. Jean-Louis dit :

    Jesu(i)s luit tu émois. N’est pas archange qui veut… Et ce Satan me semble trop dionysiaque pour être honnête… Mais peut-être tire-je trop le diable par la queue ? Amen ! Et bravo bien sûr !!!

  4. Jacques Lam dit :

    J’ai le sentiment que vous tenez là un sujet particulièrement riche pour un texte plus important, voire un roman? Je l’attends avec impatience

  5. Scherlock7254 dit :

    j’aime beaucoup ce que vous écrivez, on sent un gros potentiel chez vous

  6. Satan, le diable, les démons, Lucifer, le péché, le mal…. Je crois que la plupart des gens se posent des questions à ce sujet à un moment ou un autre, et qu’ils ne trouvent pas de très bonnes réponses à leurs questions. Cette présentation va se pencher sur la perspective biblique – parce que je maintiens que la Bible est la parole de Dieu, et fournit les vraies réponses aux questions que, consciemment ou inconsciemment, on se pose. Ce que je veux vous dire, c’est que dans la Bible, le mot « Satan » signifie essentiellement un adversaire, et qu’en fait, Satan n’existe pas en tant qu’un individu quelque part dans l’univers. C’est cela – il n’y a aucun dragon avec sept têtes et dix cornes littéralement quelque part dans l’univers. Tout le mal dans notre vie est permis sous le contrôle de Dieu. Et le péché – oui, le péché, notre plus grand problème – le péché survient en fait de notre cœur, de nos propres pensées. Nous sommes notre propre « Satan », et comme nous disons tous si souvent, notre plus grand ennemi ou adversaire, c’est nous-mêmes. La lutte contre le péché et le mal se passe ici-bas sur la terre, dans nos cœurs et nos esprits.

    • cieljyoti dit :

      commentaire donnant une vision moderne du mal. suis pas sûre que la bible partage ce point de vue. si vous aviez lu mon texte, vous vous seriez aperçu que j’essaye d’aller plus loin que cette vision psychologique du mal

  7. Lee Rony dit :

    Un vaste sujet, tentant comme il se doit, mais un article très complet
    Un monde sans Lui serait infernal, un comble ! Heureusement le paradis n’est promis qu’au croyant. Ouf !

  8. puis tu à des nouvelles de ton roman que tu vas publier Céline Marc de Montréal

    • cieljyoti dit :

      coucou Marc. heureuse de te lire. le roman est fini, je suis en train de finaliser les corrections avant de songer à une éventuelle publication. je ne suis pas du tout contente de moi, je vois plein d’erreurs dans le texte, ce qui m’agace royalement. mais bon. je suis déjà en train d’écrire un nouveau roman. bisous, à bientôt

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  1. […] Dans l'Ancien Testament, Satan signifie « adversaire » ou « accusateur » traduit en grec par diabolos, « diable », adversaire de l'homme. Satan est aux ordres de Dieu, un fonctionnaire zélé dont la…  […]



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