Un conte d’hiver

Dans l’immensité étriquée d’une plaine noircie par le soleil couchant, l’hiver gronde ses caillots de glace. Fièrement élancés au froid, des arbres décharnés aux formes humaines désespèrent de leurs racines gelées. La nature enfouie sous la terre rumine sa vengeance, pour survivre, elle ressasse ses ressentiments. S’il fait si froid, c’est la faute au vent, … Lire la suite

La fin du monde

Tout commence le mardi 18 décembre 2012. Mon mec, avec sa douceur habituelle, m’annonce qu’il en a assez de moi parce que j’oublie tout, que j’arrive systématiquement en retard et, surtout, que je suis supposée aguicher ses copains. J’ai beau lui expliquer que c’est pour lui faire plaisir que je fais un effort pour me … Lire la suite

Bond… James Bond

Un soleil éclatant, l’homme, vêtu d’un smoking impeccable, tient un parapluie avec lequel il rythme son pas souple et rapide, non pressé, shaken, not stirred, secoué, non remué. Un conquérant déterminé sous la lumière ardente d’un projecteur, décidé à mettre un peu de plomb dans la cervelle de ceux qui oublient à quoi elle leur … Lire la suite

Léonard de Vinci, Leonardo di ser Piero da Vinci, Leonardo da Vinci (1452-1519)

On entre dans un mythe quand tout ce que l’on y fourre devient vrai. Une boule de glaise que l’on pétrit pour façonner ses rêves. Il suffit de déplacer le modèle ou de se mouvoir soi-même pour changer ce que l’on perçoit. Ce que l’on croit authentifié par une matière varie au moindre souffle. Les … Lire la suite

Cranach l’Ancien, Lucas Müller (1472-1553)

Rien n’est plus trompeur qu’un visage. Sévère, hautain, presque méprisant. Le visage qu’on se donne n’a pas grand-chose à voir avec celui qui s’offre aux autres, à l’insu de tous. Les mains ne trompent pas. Petites, embarrassées. Une personnalité effacée, un goût pour la méditation et le silence, un souci de paraître, un souci de … Lire la suite

Albrecht Dürer (1471-1528)

Être n’est jamais évident, l’évidence qu’on peut en avoir est une croyance parmi d’autres. Quand on est créateur, sortant constamment de soi, être est encore moins évident. En gros, jusqu’au XVIè siècle, on n’existe que par ce que l’on réalise et peu importe qui l’on est vraiment. L’œuvre compte plus que le reste. Jusqu’à aujourd’hui, … Lire la suite

Watteau Jean Antoine (1684-1721)

Un club fermé, le club des 37, ceux des artistes qui ont vu leur vie s’arrêter brutalement au bout de 37 années, entre 36 et 38 pour faire large. La science médicale occidentale a transformé la vie en quantité mesurable, son aspect qualitatif est passé à la trappe. 37 ans chez ces artistes demandent des … Lire la suite

Folie

Des créatures hideuses, sous mon lit, dessus, derrière, en chaque recoin, elles sortent, œil hagard, naseau humide, gueule baveuse, oreilles en pointe, sourcil arrogant. Elles me reluquent de leurs yeux vitreux, je ne leur dirai pas mon secret, elles n’en sont pas dignes. Une cohue d’objets enchevêtrés dans une végétation luxuriante laisse peu de place … Lire la suite

Serial killeuse

Rien n’est plus rassurant qu’une femme, on se sent tout de suite à l’aise, surtout quand on ne l’est pas. On se méfie moins. Pas facile d’avoir peur d’une femme. Cette inégalité des sexes me révolte, pourquoi ce privilège de la terreur au mâle ? On a tort de ne pas prendre au sérieux les tueuses. … Lire la suite

Le ragot de la Méduse

Peu vont au-delà des apparences, moins au-delà de leurs certitudes, héritage de famille, on endosse des fanfreluches, ils deviennent notre vérité, on s’en suffit. Le terrible handicap d’être convaincu de savoir nous pend au premier nœud coulant venu. Attirés par la chair d’un pendu, les carnassiers sortent leurs crocs, se jettent sur leur proie, la … Lire la suite