Louise-Élisabeth Vigée, Madame Vigée-Lebrun (1755-1842)

Dans ses autoportraits, elle se présente jeune, belle, au teint lumineux mettant en valeur ses traits fins. Ses grands yeux sont souriants, énergiques, curieux et ironiques. C’est une femme tendre et séduisante, mais c’est une femme peintre fière de son métier qui sourit à la vie. Elle est une mère heureuse qui se parfait dans l’imagerie de la maternité.

Madame Vigée-Lebrun

Élisabeth nait à Paris. Son père Louis Vigée (mort en 1767) est portraitiste et enseigne la peinture. Sa mère, coiffeuse, a une boutique qui connait l’affluence. Elle reçoit son éducation de jeune fille au couvent et dévoile très tôt ses dons pour le dessin. Elle dessine partout. Son père l’encourage. Elle quitte l’ennuyeux couvent à 11 ans pour suivre les cours d’un peintre collègue de son père qui lui permettent vite de réaliser des œuvres. Le soir, le père invite ses amis peintres et gens de lettres pour des diners plaisants auxquels assiste avec passion la jeune artiste.

Elle baigne dans un milieu bourgeois rêvant d’aristocratie. La mort de son père alors qu’elle a 12 ans brise son enfance. Il ne laisse aucune fortune. Forte de son talent, elle s’engage dans la voie de la peinture. À ce moment, l’accès aux ateliers du Louvre (qui n’est pas encore un musée) reste ouvert aux femmes (il est fermé 20 ans plus tard par Louis XVI) et elle s’y rend fréquemment pour copier les peintres, ce qui fait partie de l’enseignement normal de tout élève.

Claude Joseph Vernet (1714-1789) se prend d’amitié pour elle quand il découvre son don et fait tout pour l’encourager. Ne recevant pas une éducation académique, les femmes n’ont pas accès aux ateliers avec des modèles vivants (il est indécent de peindre un homme nu !), elle échappe au maniérisme de l’époque, tant décrié par Diderot.

À 15 ans, elle commence à gagner de l’argent grâce à ses portraits. Elle arrive à saisir la vérité des gens avec une telle force que sa voie est tracée. Elle prend conscience de l’importance du travail, pour lequel elle est une acharnée, et de la valeur de l’argent gagné. Avoir du talent ne suffit pas, il lui faut devenir une femme d’affaires. Un tableau a d’abord une valeur financière. Elle rajeunit et embellit ses modèles pour être sûre de mieux vendre ses tableaux. Elle va au-devant de sa clientèle dont elle connait les goûts et les désirs auxquels elle se plie avec complaisance.

Elle conquiert les bonnes grâces des riches et des puissants dont le monde l’envoute. Elle rêve de faire sa place auprès d’eux et seule la peinture peut lui permettre cet exploit. Cette ambition, ce besoin d’être reconnue et admise parmi les aristocrates lui fait du tort, elle ne cherche pas à faire autre chose que ce que l’on attend d’elle. Au lieu d’explorer de nouvelles voies, elle reste enserrée dans une forme qu’elle maîtrise, mais qu’elle ne dépasse jamais.

Les années 70 et 80, de l’avènement de Louis XVI à la Révolution, sont des années d’émancipation pour les femmes de l’aristocratie et de la bourgeoisie. Elles affirment leur indépendance sociale et veulent vivre seules sans être tributaires d’un mari ou d’un frère. Elles prennent leur destin en main. Elles sortent par elles-mêmes et vont partout. Beaucoup se passionnent pour les arts et il y a nombre de femmes peintres de talents à cette époque.

Parce qu’une femme ne peut représenter le corps d’un homme quand il est nu, la peinture d’histoire, alors à la mode, lui est interdite. Elle se spécialise avec bonheur dans le portrait. Si les interdits restent forts, au moins la femme peut-elle songer à une carrière d’artiste. D’amateur, elle acquiert le statut de professionnel. Les hommes découvrent les femmes ailleurs que dans un boudoir. L’autoportrait féminin devient un genre prisé. Avant de recevoir des commandes, on commence par se peindre soi-même.

Coup de chance, la duchesse de Chartres, Louise Marie Adélaïde de Bourbon (1753-1821), la future duchesse d’Orléans en 1785, la mère de Louis-Philippe, s’intéresse à son travail. Elle saisit sa chance à bras le corps. Elle fait son portrait. La duchesse n’est pas une belle femme. Élisabeth, à la fois, en saisit l’authenticité et gomme les défauts, sa peinture plait. Elle entre dans ses bonnes grâces et la duchesse devient sa protectrice. De nombreuses aristocrates veulent leur portrait de sa main.

Elle a 15 ans, elle est jolie, elle attire les hommes. « Plusieurs amateurs de ma figure me faisaient peindre la leur, dans l’espoir de parvenir à me plaire. » À la moindre incartade, elle rembarre celui qui ose douter de sa vertu. La beauté est un passeport pour la haute société. Pourtant, elle n’entre pas dans le jeu de la galanterie quitte à paraître prude. Elle use de son charme, mais son atout, c’est son talent de peintre, elle n’en démord pas. Elle est intelligente.

Louis XVI accède au trône à la mort de Louis XV en 1774. Élisabeth a19 ans, elle est une femme peintre reconnue. Le 25 octobre, elle est admise maître peintre à l’Académie de Saint-Luc. La route est encore longue avant d’assouvir ses ambitions. Elle épouse Jean-Baptiste Le Brun, un riche commerçant d’art, le 11 janvier 1776. L’homme a deux vices, les prostituées et le jeu, qui vont causer la perte de sa fortune et de celle de sa femme jusqu’à qu’elle obtienne la séparation de biens (le divorce est prononcé en juin 1794). Sinon, il fait tout ce qu’il peut pour la soutenir dans son art et il reste son plus fidèle appui et admirateur. Peu après, elle se rend à Versailles pour faire le portrait de Louis Stanislas Xavier (1755-1824), le futur Louis XVIII.

En 1778, elle travaille sur un portrait de la reine Marie-Antoinette (1755-1793), destiné à son frère, l’empereur Joseph II (1741-1790, régnant depuis 1765). Elle réalise une œuvre pleine de majesté qui séduit. Elle a compris que ce qui prime n’est pas tant la ressemblance que le côté solennel et royal baigné de bienveillance. Cette façon de peindre est une nouveauté pour l’époque. Elle fait de la reine une beauté séduisante et heureuse. Elle la rend humaine.

Marie-Antoinette en 1783

En six sans, elle réalise 30 portraits de la reine. Cette reine n’est pas belle, mais elle a de la noblesse. Le peintre fait tout ce qu’elle peut pour supprimer les faiblesses. Elle y parvient puisque tout le monde reconnaît la reine. Grâce à ses doigts de fée, Élisabeth la transforme en beauté, ce qui ne peut que ravir la reine. Elle réussit à entrer dans son intimité et devient une peintre acclamée. Le 12 février 1780, elle a une fille, Jeanne Julie Louise, qu’elle idolâtre jusqu’à l’étouffement. C’est devenu la mode depuis les discours de Rousseau. Voir le mythe de la maternité.

Sur recommandation du roi (sur insistance de la reine), elle entre à l’Académie royale de peinture (ouverte aux femmes) qui organise, depuis 1745, tous les deux ans une exposition dans le salon carré du Louvre, d’où le nom de Salon, le 31 mai 1783. C’est la consécration. Sa rivale, Adélaïde Labille-Guiard (1749-1803), fille de bourgeois parisiens, le père est mercier, y est reçue la même année sans recommandation royale. Les deux femmes ont un destin similaire. Adoptant une façon de voir plus réaliste, elle devient la peintre des tantes du roi, alors qu’Élisabeth, qui a le don de tout embellir, est le peintre de la reine.

Adélaïde Labille-Guiard dans son atelier

Élisabeth est une mondaine appréciant être reçue dans les salons de l’aristocratie et aimant recevoir. C’est une stratégie, pour vendre, il faut parader. Connaître les autres artistes, entrer dans leur jeu de relations, être artiste, à cette époque, c’est vivre en société. On est loin de l’image de l’artiste solitaire tirant le diable par la queue. L’artiste est un être social qui se met en représentation en offrant ce qu’on attend de lui.

Duchesse de Polignac

En cette fin de régime, l’art est un jeu et une comédie que l’on partage dans le bonheur de vivre d’une société raffinée. Les peintres se passionnent pour la musique et leur œuvre en est emprunte. Ils raffolent des bons mots et de la littérature. La peinture se trouve au centre d’une activité artistique florissante qui se veut enjouée des couleurs chatoyantes d’une société qui est en train de disparaître. Plus un monde sombre dans la trivialité de ses impuissances, plus il a besoin des parures de raffinements.

Si madame Vigée-Lebrun se plaint dans ses souvenirs d’un monde machiste et misogyne, non seulement elle passe au travers, mais elle devient une égérie indispensable. Les intrigues de cour sont nombreuses, elles font et défont une gloire. Élisabeth montre les gens comme ils veulent être. Elle reçoit le salaire qu’elle mérite. On l’accuse de frivolité, mais aussi de vénalité. Dans ce monde cruel, il faut continuer de sourire en affichant son bonheur si l’on veut durer. L’époque est difficile, l’art offre la simplicité, l’artiste démêle les nœuds de la vie.

Madame Chalgrin

Vigée-Lebrun est un grand peintre, ses œuvres sont un subtil mélange de l’âme de la personne représentée et de la sienne. Elle condescend à plaire à ses clients, mais elle le fait avec génie, imprimant à chaque fois une touche qui n’appartient qu’à elle. Elle met en valeur la femme dans sa beauté, physique et morale. L’homme est moins valorisé dans son œuvre.

Autoportrait avec sa fille, 1786

Son Autoportrait avec sa fille, peint en 1786, est le premier portrait connu d’une femme peintre avec son enfant, sa fille. D’autres suivront. Elle produit cette œuvre magistrale pour elle-même, aucune commande, comme une provocation. Ce que l’on reproche le plus à la femme, sa maternité envahissante, devient ici un sujet de peinture. Contre toute attente, son travail remporte un succès unanime. Peut-être pour la première fois, elle montre la tendresse maternelle devenant ainsi un modèle du genre. Deux êtres fusionnant dans un monde où la distinction a tant de valeur, où l’important n’est pas tant l’amour que la succession. Ce qu’ignore Élisabeth est qu’en 1804, le code civil napoléonien va transformer la maternité en propagande ouvrant ainsi un siècle où la femme est relayé au rang de pondeuse et de couveuse. Le tableau s’inscrit dans une modernité à venir.

La représentation est un pouvoir. Peindre un personnage, c’est en faire un être de pouvoir. Ses tableaux qui connaissent du succès, elle les répète à satiété pour ses clients. Le portrait en pied de la reine Marie-Antoinette avec ses enfants, terminé en 1787, est fait sur le modèle de la Sainte Famille de Raphaël. La famille royale est d’ordre divin. La reine est majestueuse dans sa robe rouge, mais elle ne porte pas de collier. Impopulaire, elle est présentée dans le rôle d’une mère entourée d’enfants épanouis. Aucun luxe tapageur, seule la dignité compte. Le tableau est beau, mais froid. Un bon portraitiste flatte subtilement son modèle, ce à quoi excelle Élisabeth. Cette brillante femme peintre réalise le rêve de la beauté et de l’harmonie.

Baronne de Crussol

Élisabeth révèle une femme fière de sa féminité. Elle aime la simplicité et le naturel. Elle sait que c’est le meilleur moyen de valoriser la femme au lieu de la camoufler derrière du maquillage et une perruque envahissante, même si c’est la mode de l’époque. Elle cherche à montrer la femme dans sa splendeur, mais également libre, indépendante et forte, comme elle l’est elle-même.

L’intimité entre Marie-Antoinette et Élisabeth montre que les deux femmes partagent la même ambition malgré le poids des conventions de l’époque. La reine joue le jeu d’une femme telle que l’imagine sa portraitiste, ce qui prouve combien elle n’est pas cette fille futile et stupide que la Révolution va en faire. Dans un registre plus réaliste, Labille-Guiard a une démarche similaire.

Elle gagne beaucoup d’argent. En 1789, elle fait partie des privilégiés. Son intimité avec la reine en fait un personnage encore plus odieux aux yeux des révolutionnaires. Elle a peur. Elle souffre d’anorexie dépressive. Elle ne peint plus. Elle décide de quitter la France. L’Italie la fascine pour découvrir ces toiles qu’elle admire. Déguisée en ouvrière, accompagnée de sa fille et de sa gouvernante, elle se rend à Turin. Elle traverse l’Italie pour visiter chaque lieu où elle rassasie son regard d’art. Pour subvenir à ses besoins, elle continue de peindre.

À Rome, elle rencontre Angelica Kauffmann (1741-1807), la peintre la plus connue d’Europe. Elle ne cache pas son admiration pour cette femme cultivée autant douée pour les arts que pour les langues. Angelica se veut la digne continuatrice de Rosalba Giovanna Carriera (1675-1757), la première femme à se faire un nom prestigieux dans la peinture grâce à ses portraits au pastel. Elle est un modèle pour toutes celles qui veulent se faire reconnaître. En cette fin de XVIIIè siècle, la femme est appréciée dans les arts. Élisabeth rêve d’égaler ces célébrités.

Angelica Kauffmann Portrait de femme

Elle est présente au Salon de 1791 grâce à des portraits qu’elle fait envoyer à Paris. Il ne s’agit désormais plus d’un Salon royal, il est ouvert à tous et de nombreuses toiles affluent. Sa rivale madame Labille-Guiard, qui s’est ralliée aux idées nouvelles et peint les personnalités politiques du moment, connait son heure de gloire. Les choix d’Élisabeth l’ont reléguée à un rôle secondaire.

En 1793, Élisabeth est à Vienne. Tout en travaillant de façon acharnée, elle reste une mondaine aimant la fréquentation des aristocrates. Les Russes et les Polonais qu’elle rencontre s’expriment en un français parfait. En avril 1795, elle part pour la Russie et arrive à Saint-Pétersbourg en juillet. Elle y devient une peintre célèbre. Elle rêve de revenir en France, mais son statut d’émigré l’en empêche. Grâce à l’intercession de ses amis peintres, elle est rayée de la liste le 5 juin 1800. En 1802, elle est enfin à Paris.

Les relations entre hommes et femmes sont devenues formelles. La complicité entre les deux sexes a disparu. Lors d’un bal, elle constate que les hommes et les femmes sont chacun de leur côté. Les hommes s’habillent en noir, ne se poudrent plus, ne portent plus de perruques, ils se sont virilisés. En ce temps consulaire, l’homme devient un militaire. Bonaparte est un général qui remporte des victoires, l’homme a repris sa place de fauve prédateur. Cette femme qui était sur le point d’éclore est laissée pour compte avec le code napoléonien. Élisabeth le comprend : « Les femmes régnaient sous l’Ancien Régime, la Révolution les a détrônées. »

L’aristocratie a ses héros, mais il existe une fatalité dans cet héroïsme puisqu’il appartient au sang noble. On ne devient pas, on nait héros. La Révolution affirme un brave en chacun. Tout le monde peut devenir héros. Cet héroïsme potentiel place l’homme en première ligne.

Si la peintre continue d’être célébrée, elle n’obtient plus les mêmes commandes. Elle a toujours été insatisfaite de sa peinture. Elle a raison, elle reste dans la logique de ce qu’on lui demande, elle ne dépasse pas son talent pour explorer de nouvelles terres. En 1803, elle part pour Londres où elle séjourne durant trois ans. Elle travaille à de nombreux portraits pour des commandes bien payées. Son talent est désormais derrière elle.

Élisabeth apprécie difficilement la France impériale. Son séjour à Londres la rend suspecte de vouloir collaborer avec l’ennemi. Elle réalise un portrait de la sœur de l’empereur, Caroline Murat. Les deux femmes ne s’apprécient pas. Élisabeth s’en tient à un portrait officiel. Elle ne cache pas son hostilité au nouveau Régime. Le Code civil de 1804 réduisant la femme à une propriété de l’homme, elle perd les privilèges que l’Ancien Régime lui avait accordés.

En 1814, elle se félicite du retour des Bourbons. Il lui semble que sa vie d’autrefois, sa jeunesse, va revenir. Elle connait les émigrés qui reviennent au pouvoir. Si elle reste égale à elle-même, on ne peut pas en dire autant des aristocrates décatis. À 60 ans, elle continue d’être séduisante. Le premier tome de ses souvenirs paraît en 1835. Le troisième et dernier sort en 1837. Peu versée en écriture, ce sont ses proches qui l’aident à rédiger. Elle veut laisser une image favorable à la postérité.

Comblée dans son enfance, sa fille Julie (1780-1819) est, en réalité, une jeune fille seule délaissée par sa mère. En 1800, elle épouse un gentilhomme italien, monsieur de Nigris. Madame Vigée-Lebrun lui reproche ses accointances avec le régime napoléonien. Quand son père meurt en 1813, Julie hérite de ses dettes immenses, dont celles à sa mère. Grande princesse, celle-ci oublie les dettes de son mari, mais elle ne l’aide pas à régler les autres alors qu’elle en a les moyens. C’est une jeune fille ruinée, misérable qui termine son existence sans même pouvoir payer médecin et infirmière. Sa mort cause une perte terrible à sa mère, sûrement en tant que mère, mais sans nul doute par remords de ne pas avoir su s’occuper comme il se doit de sa fille.

Vigée-Lebrun et Julie

Elle a aimé sa fille, mais elle voulait qu’elle entre dans le moule qu’elle s’était fixée. Elle s’est faite une idée de la vie et elle n’a jamais voulu en démordre, préférant suivre un monde fini au lieu de comprendre celui à venir. Elle a tout sacrifié à cette idée, même son talent. Au lieu de suivre le génie qui est en elle, elle préfère se parfaire dans un idéal, certes flatteur, mais fermé. Elle a peint des portraits sans nul autre pareil, mais elle n’a pas compris que l’art, comme la vie, est un mouvement qu’il faut savoir suivre. Elle pensait travailler pour la postérité, elle vivait dans le passé. Elle a peint un présent idéalisé qu’elle voulait éternel, elle est passée à côté du tourbillon de la vie, elle a su en saisir un instant fugace et génial.

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Comments
16 Responses to “Louise-Élisabeth Vigée, Madame Vigée-Lebrun (1755-1842)”
  1. oussamamuse dit :

    L’espace d’un instant fugace, à saisir, à en jouir, c’est déjà ça, même si l’on pense que le futur sera mieux à vent, dans les voiles, la tête dans les étoiles…

  2. Manobia dit :

    Gardons nous de juger les comportements passés avec notre regard présent, environnement différent, histoire personnelle souvent inconnue, préoccupations, valeurs différentes…l’art transcende le réel et l’histoire, mais en parlant d’une oeuvre nous ne parlons que d’aujourd’hui et de nous mêmes… Le génie peut transcender une commande des plus académiques…Le dernier des salauds peut créer des merveilles…nous ne maîtrisons pas cela et c’est tant mieux !

    • cieljyoti dit :

      entièrement d’accord avec toi et tu fais très bien de le souligner. si j’ai fait ce papier sur Vigée-Lebrun c’est que cette femme me passionne, mais je trouvais honnête d’en donner une image moins idéalisée, en la montrant humaine, avec des défauts, mais c’est vrai qu’il faudrait situer tout ça dans son contexte social et historique. merci pour ce commentaire utile

  3. Oscar dit :

    S’il est exact qu’il faut se garder des anachronismes -la poésie baroque, par exemple, était indifférente à la notion de sincérité des sentiments exprimés », malgré le précédent partiel de Du Bellay notamment (pour ne pas remonter jusqu’à Villon), et préfère une virtuosité dans l’art des variations sur un thème donné que stigmatisera le Romantisme au XIXème siècle,
    il n’en reste pas moins que cet article me paraît remarquable par sa clarté didactique, sa précision et son sens souvent de la formule, dont certaines pourraient être signées par des moralistes (au bon sens du terme!) d’envergure!!
    Et il m’a beaucoup appris sur la peinture de cette époque, notamment sur le rôle croissant des femmes du XVIIIème; par contre ce n’est pas seulement la Révolution je crois qui les rejettera derechef -en s’appuyant notamment sur « L’Emile » de Rousseau, curieusement fort à la mode dès sa publication- à l’arrière-plan voire dans la sujétion et une non créativité contre laquelle une Madame de Staël notamment se révoltera, en attendant George Sand, c’est surtout le triomphe définitif de la classe bourgeoise et de ses valeurs conservatrices patriarcales, à partir de Napoléon d’abord sous une forme certes caricaturale, mais aussi sous tous les régimes politiques successifs du XIXème, monarchies, Second Empire, Républiques…

    Petite remarque concernant Diderot: quel grand homme, mais pétri de contradictions; ainsi il prétend s’opposer au maniérisme en peinture, tout en s’extasiant devant la grandiloquence moralisatrice et emphatique, du « Mauvais fils puni » de Greuze par exemple…
    Chez Diderot, franchement je préfère le philosophe puissant et hardi, le romancier novateur et le directeur de l’Encyclopédie, au critique d’art, trop souvent séduit par la mièvrerie et le pathos à mon goût…

    • cieljyoti dit :

      que de précisions toujours utiles et passionnantes ! pour Diderot, suis d’accord, c’est pour ça que je n’insiste pas trop sur le critique d’art dont j’avais effectivement déjà noté plusieurs contradictions choquantes. merci infiniment de me lire avec un œil aussi scrupuleux

  4. mel13 dit :

    Encore une fois, j’apprends de nombreuses choses sur les femmes peintres de cette époque. Intéressante cette Elisabeth: j’aime bien ce que tu dis quant à son rapport à la maternité et le destin de sa fille m’a vraiment émue…

    • cieljyoti dit :

      heureuse de pouvoir t’apprendre quelque chose. la femme créatrice et son rapport à la maternité sont des sujets qui me passionnent. j’en ai déjà parlé plusieurs fois ici et j’y reviendrai encore, un peu comme le leitmotiv de tout ce que j’essaye d’écrire

  5. Jean-Charles dit :

    Tiens donc le portrait d’une femme ! Et à 10 000 kms il est toujours possible de prendre une leçon d’histoire de France.
    Quelles pourraient être les similitudes avec toi le fait qu’elle manie aussi bien le pinceau que toi tu manies la plume ? Le fait qu’elle sache peindre des portraits que toi tu sais décrire ?
    J’aime ton talent et cette verve qui t’habite aussi loin que tu sois tu nous manques ici !

    • cieljyoti dit :

      je n’avais pas fait le rapprochement avec moi, mais c’est vrai, que toute proportion gardée, je me retrouve bien en elle, surtout dans son côté lucide. je crois que je me serais merveilleusement entendue avec elle. quant au talent que tu as la gentillesse de me prêter, ça me fait très plaisir et je t’en remercie

  6. victoie dit :

    j’aimerais avoir un commentaire de l’oevre » la tasse de chocolat »

    Avez vous ca?

    • cieljyoti dit :

      à ma connaissance, cette œuvre n’est pas de Vigée-Lebrun, mais du peintre Jean-Baptiste Charpentier (1728-1806) représentant la famille du duc de Penthièvre, dit la tasse de chocolat se trouvant à Versailles. Vigée-Lebrun ne fait pas de portrait de groupe, encore moins sur un thème généraliste. l’œuvre de Charpentier, sans être innovante, offre une scène particulièrement attrayante du XVIIIè. je ne peux malheureusement pas vous donner d’autres informations, c’est un peintre que je connais mal

  7. Olivier Blanc dit :

    Bonjour, m’étant intéressé au portrait à la fin du 18e siècle et à Mme le Brun en particulier, je trouve vos commentaires sur l’art du portrait très justes et élégamment exprimés. Bravo pour votre blog.

  8. Martin Hardy dit :

    Je recherchais quelques informations sur Mme Vigée Le Brun et ce site est génial, les informations très bien exprimées. Bravo!

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