Le paradoxe de la violence

Le plus ingrat dans la violence, lui donner un nom. Un instrument de musique, une viole d’amour à six ou sept cordes, un viol de haine à six ou sept coups, l’archet au choix, arme blanche, noire ou écarlate. On choisit le refrain, on s’y glisse, il nous chevauche, nous mène par le bout du nez, envoutement, un jour on se trouve là où jamais on n’aurait dû être. Engrenage, fatalité, la complexité du monde se réduit à la simplicité diabolique de l’inutile.

Böcklin, La peste, 1898

Ce monde de brutes, ils l’ont mis au féminin. Ce qui les dérange, au féminin, le dessous du paillasson pour avoir le masculin propre. Au féminin l’agressivité, la vengeance, la haine, la barbarie, on aurait pu les rendre neutre, non, c’eut été trop facile, au féminin la loi, la justice et la police. À la cause du mal d’en trouver le remède. Les femmes au travail, les hommes comptent les points. La violence est féminine, les hommes pensent que c’est à cause des femmes qu’ils se battent. Un œil poché, c’est la faute à Hélène, un nez éclaté, la faute à la séductrice faisant le malheur de l’homme rien qu’en le regardant. Mieux qu’Ève qui a mangé une pomme, mieux que Pandore qui a ouvert une boite, mademoiselle virilité est susceptible, sa façon d’exister. Elle accourt, se cherche, elle se trouve, elle en est toute fière, sa façon de ne pas exister.

Jaclam, juillet 2008

Un monde sans confrontation est insipide, mortel. Un conflit est riche de toute la violence contenue, une violence est pauvre de tous les conflits déversés. La rage stabilise, un seuil entre le supportable et l’insupportable. Jusqu’où peut-on vivre dans la violence sans s’en apercevoir ? Jusqu’où peut-on se confronter à autrui et à soi sans entraîner son annihilation ? Une frontière nomade, se déplaçant au gré d’un côté ou de l’autre. Le tolérable galope l’intolérable.

Böcklin, La guerre, 1896

Mademoiselle rivalité se chamaille, gamineries d’adolescents, bousculades anodines, ne pas paraître en dessous. Monter sur son dos, l’alourdir de tout son poids, l’empêcher de prendre son envol, l’attacher à la cheville, couper ses ailes, lui arracher les plumes, lui ouvrir le ventre pour en saisir les tripes, les assaisonner de rancœurs et de médiocrité, mettre du sel sur ses plaies intimes, lui envoyer de grandes bouffées de poivre fin dans les narines, glisser plusieurs morceaux de piment fort dans les fesses, le laisser mijoter jusqu’à ébullition, puis mariner dans son jus quelques années.

Une demoiselle raffinée se promène pour montrer sa beauté au monde. Mademoiselle virilité au bras de ses meilleures copines, mademoiselle agression et mademoiselle victime, vont partout. On les dirait sorties de l’enfer. Elles sont si mignonnes que le bon dieu se damne rien qu’à leur passage. La violence se rend présentable, force coquetterie et séduction. Trop subtile, personne n’en comprend le jeu, trop directe, tout va trop vite. Déjà pas simple de se rendre convenable, alors rendre plaisant ses précipitations, difficile. Les arguments fusent de partout, on ne sait d’où ils viennent ni où ils vont, on essaye de s’y accrocher, mais dans leur foisonnement illogique, ils tombent, on en reste penaud, jusqu’au suivant. Monsieur hasard rend service, il rend plausible une situation injustifiable. Mademoiselle irritation équarrit ce qui dépasse.

Ceux qui se préparent le plus à la violence ne sont pas les mieux mitonnés à l’affronter. Quand les petits muscles ont bien travaillé, le corps défoulé est relax, il y a peu de risque pour qu’il se lance dans un débordement de frénésie effrénée. Calmes et voluptueux, ils passent à côté du brasier dont il n’ont pas besoin. La cuisson est délicate, crue, la glaciation des muscles les rend lourdauds, cuite, elle se perd dans le bouillonnement d’une vapeur désagréable, inoffensive. À point, un combat de boxe, les deux adversaires ont le même poids, le même entrainement, deux frères jumeaux se tabassant pour savoir lequel résiste le mieux aux coups. L’homme n’a rien inventé de mieux pour se libérer, regarder les autres se taper dessus, hurler, boire une bière et croquer un morceau de saucisse, voilà à quoi tient la violence du monde. Mesdemoiselles les admirent.

Delacroix, Chevaliers combattant, 1825

Mademoiselle vengeance, une sainte nitouche, personne ne s’en méfie, on la laisse venir à soi, on en est heureux. Il y a bien ce rictus, cette désobligeance d’un instant, tout est déjà là, on ne voit rien. Elle avance telle une aveugle, un petit amour auquel on tend les bras. Les bras se raidissent, une tension, infime d’abord, puis prenante, une tenaille se fermant, une douleur aiguë, la tendresse se transforme en amour propre. Sale, tout allait bien, sa propreté angoissante resserre l’étau, fidèle comme une mauvaise odeur.

Mademoiselle colère pense à son dépucelage, chaque fois la même chose, du sang. Elle rougit pour un rien, blanchit pour un tout. Elle veut avoir l’air, elle aime les grosses voitures. Elle se donne l’allure d’une reine, s’offusque pour un oui ou un non, n’a-t-elle jamais su faire la différence ? Elle prend ses grands airs pour se faire menaçante, on la croit terrifiante, surgit le danger, elle rentre son minois entre ses épaules. Une armure hautaine enlace une chair peureuse d’un bruissement.

Jaclam, août 2008

La violence s’effarouche, prend la mouche pour un rien. Une mouche, ce n’est presque rien. Elle joue la dure de dure, la voilà molle de chez molle, une mollasserie à ne plus savoir qu’en faire, c’est au moment de fuir qu’elle est la plus courageuse. Il faut se faire violence pour le courage, il en faut encore plus pour ne pas s’y étaler. Mademoiselle angoisse se fait du mouron pour faire bouillir la marmite. Un pot au feu dans lequel on fait mariner les ingrédients d’une mauvaise humeur.

Mademoiselle violence, comme toutes les jeunes filles de bonne éducation, est craintive. La bonne éducation sert à ça, à jouer les timides pour avoir le bon dieu sans confession. Elle a du mal à s’exprimer, plein de choses à dire, elle ne sait comment s’y prendre. Une bonne éducation rend la confusion autrement plus présentable, on en vient à se demander comme on peut sortir une violence sachant à peine lire et écrire son nom ? Pourtant, c’est quand elle a le plus de mal à causer qu’elle montre sa nature, une brute épaisse de vide. Son nom, elle ne s’en rappelle plus, quelques mots inintelligibles balbutiés comme un psaume, mademoiselle victime.

James Ensor, Les mauvais médecins, 1892

Autrefois, on plaçait mademoiselle violence au couvent, elle couvait, en sortait, une bête assoiffée de cruauté, prête à en découdre à la moindre contrariété. Percluse, recluse, incluse, elle en veut très fort à sa famille, elle ne le sait pas, elle ne connait pas sa famille, elle s’en invente une. Elle ne sait rien faire d’autre que de faire semblant. Un moindre regard suffit à lui faire imaginer les pires horreurs, elle prend les devants, elle se met à l’arrière de tout le monde, elle est sûre de toucher son but. Une navigation dans le courant agité de l’existence. Vogue le petit bateau bien mal équipé pour affronter les fureurs des éléments. Le calme avant la tempête, une évaluation de l’équipage, un sentiment terrible d’insuffisance, on colmate les fissures à l’aide d’esbroufes, un coup de vent les emporte, on les voit partir, on reste.

Jaclam, septembre 2008

Le navire s’échoue sur l’étoc, plus moyen de se dégager. Il reste à l’ouragan à faire son œuvre. Le ciel s’assombrit, on tombe les voiles, la nature est là. Un magnétisme pétrifiant, les fils s’emmêlent, la corde du destin s’enroule autour du cou, elle attend son heure pour se tendre. Des coups de tonnerre déchirent l’attente, des lumières hallucinées aveuglent les sens, un brouillard épaissit les veines des tempes, des vagues surhumaines s’écrasent sur le bois, la charpente plie, prête à rompre. Mademoiselle fureur fait sa sortie quotidienne.

Le confort de son véhicule est l’égal de l’inconfort de ses idées aussi étroites qu’une ruelle pour un camion, lui qui ne connait que l’autoroute. Cet homme voué à la sécurité sait de quoi il parle, tout en lui est insécurité. Il se rassure au toucher de la rigidité qu’il n’a nulle part dans son corps malgré ses muscles lustrés. Il tapote ses doigts bouffis d’impatience sur l’acier de sa portière. Le verre lui paraît un bloc acéré. Mademoiselle puissance cherche son amoureux. En touchant, il se sent rassuré. La guimauve aime le bâton de bois autour duquel elle s’enroule.

Jaclam, avril 2008

Le regard adipeux formant la base d’un œuf déformé, le nez tombant sur un ventre remontant, les mains moites, le guerrier de la route dans sa voiture est prêt à jouer les redresseurs de torts. Rien des malversations ne lui échappe, il les pratique avec assiduité, il ne les supporte pas des autres. Il peut se le permettre, eux ne sont qu’amateurs. Tout commence par une injure, encore un mot féminin. Il s’énerve tout seul, le monde est méchant, il a peur. Il jauge l’adversaire. Une femme n’a pas sa langue dans sa poche, elle a hésité dans une voie rapide, elle sait se défendre, il n’ose aller trop loin, s’attaquer à une fille, même piètre conductrice, est dévalorisant. Il fulmine. Celui-là est parfait, un petit bonhomme usé par la vie, l’injure fuse, les bras et les doigts s’invectivent, lui dans sa berline, il se sent fort, il est heureux, blesser un être est jouissif. Hommes et femmes sont égaux dans la sottise au volant de leur bolide.

Jaclam, février 2009

La voiture est la carapace d’un insecte singulier qui se conjugue au pluriel, les cinglés du kilomètre. La maladie est partout, dans un lit, devant sa télé ou un ordi, pas simple de lui donner un nom. Sur la route, elle s’appelle un contrevenant, un petit calibre venant contre soi. Ces lignes droites ont de quoi rendre fou, un monde défile autour de soi, on semble ne pas en faire partie, comme si l’on se trouvait sur une île déserte fixe dans un océan de continents se déplaçant désordonné. Il n’est jamais à court d’offenses, à chaque nouveau trouble-fête, les mêmes. Rarement l’infortuné va se renseigner auprès des autres victimes pour savoir ce qu’il leur a dit. La répétition cynique de ce que l’on ne sait pas faire autrement. La vie est pleine de carapaces, il les enfile pour se rendre invincible.

Jaclam, mai 2009

Il redoute par-dessus tout cette noirceur en lui, la seule qu’il connait vraiment, la seule qu’il a raison de craindre, il la voit partout, le moindre visage bizarre, tous les visages sont étranges, devient un monstre. La haine la plus présentable est celle que l’on cultive en soi. On s’horrifie d’un spectacle hideux, on s’en fascine parce qu’on y reconnaît le sien, celui qu’on cultive en secret. Les grincheux bercent leur trouille, remuer la terre, bêcher les excréments qui attirent les vers, le terreau idéal, mademoiselle haine est prête à surgir. Mademoiselle ténacité tient bon, s’accrocher, ne pas tomber, debout, résister, mademoiselle résistance.

Mademoiselle colère se fait belle, elle ne l’est jamais assez, cette laideur à cacher, elle va même jusqu’à se faire violence, elle perd si facilement son contrôle, parfois elle ne voudrait pas, la pente est raide, elle se laisse aller, un glissement jusqu’à buter contre ce malotru, ils font la haine à leur façon, mademoiselle colère arrache les cheveux, déchire la chair de ses ongles, des corps livides assenant des coups, des ripostes qui s’enlacent, l’un sur l’autre, le fracasse de son dard, des coups de pieds, le vainqueur s’acharne, emporté par son élan, une fois qu’il se sent en sécurité, il perd tout sens de la mesure. Mademoiselle outrance, prenant ombrage de l’outrage, le renvoie à l’envoyeur.

Ces gens bâtis dans un même moule, la moindre différence les met en rogne. Ils détestent ceux qui leur ressemblent, haïssent ceux qui se distinguent. Une tonne d’aigreur comprimée dans le minuscule espace du cerveau, une bombe atomique, à la moindre fissure, sous la pression, tout explose. La plupart veulent en rester là, les mots suffisent, faut-il s’étonner qu’il y ait une suite ?

Jaclam, septembre 2007

Les hommes voient la violence le temps d’une douleur, elle disparaît comme par enchantement. La fureur et la folie sont des demoiselles en retrait jusqu’au moment où elles surgissent avec tout leur attrait, des colliers en forme de chaines auxquelles on s’attache avec hargne. Un instant de fureur, une folie brutale, un homme à terre, un enfant terrorisé, vaincu, des coups qui ne s’arrêtent jamais. Il s’assoit au calme, l’insistance grandit. Soudain, dans cette quiétude, elle explose de meurtrissures. Dans l’infini de la paix, la violence n’en finit pas de tinter à sa porte.

Facile de faire la part entre l’esprit et le corps, il suffit de savoir compter. La violence verbale : un contre un, la violence physique : trois contre un, parfois plus, un plus contre un moins, on ne sait jamais, des fois que la bête se défendrait. Des équations, il y en a plein dans la violence, meilleur on est en arithmétique, mieux on s’en sort. Moins on est bête, plus on s’arrange pour que les autres se battent pour nous. En matière de violence, aucun qualitatif ne se hisse à la hauteur du quantitatif, le nombre fait la loi. La loi des petites lâchetés. Les petites lâchetés font les grands nombres.

Böcklin, Assassin poursuivi par les furies, 1870

Cette jeune fille est une mère pleine d’attention pour ses enfants, des filles, les trois gorgones, la discorde, le ressentiment et la peur, les croche-patteuses du quotidien. Leurs seins nourrissent des armées étendant leur influence partout, pas un seul endroit ne leur échappe. On raconte qu’elles commencent à fleurir au paradis. Des querelles sans importances, personne n’y prend garde, le diable lui-même en est horrifié. L’humain n’a aucune limite. Un climat délétère dans les âmes, dans le brouillard, on ne sent pas les tempêtes. Mademoiselle ambiguïté ne sait où donner de la tête.

Raboter les fesses de toute mesure, aviver la folie, le trop-plein, la reine du débordement, quand il n’y en a pas assez, en rajouter, n’importe quoi, qu’importe, quand il y en a trop, insupportable, trop de n’importe quoi, plus assez de n’importe qui. Se donner bonne conscience, le moteur intime, on se sent juste, on se sent fort, plus besoin de se défendre, on attaque. On prend ses grands airs, on monte sur ses grands chevaux, la raison est là. Pas facile de se justifier dans l’irréparable. Celui qui possède le meilleur alibi est assuré d’en sortir gagnant. Quand quelqu’un prépare un argument imparable, on peut être sûr qu’il va s’en servir dans un conflit à la violence éructante. Une idéologie est sans pitié, question de croyance sans doute.

Jaclam, septembre 2007

Mademoiselle lâcheté attise l’embrasement, monsieur espoir s’en va, une affaire de filles après tout. Une machinerie physiologique à la sauce mentale. On se sent valdinguer sans pouvoir se suspendre à rien. L’un se croit plus fort que l’autre, une dégringolade de mots. On commence à se pousser comme des gosses, une pause, des insultes. On ose une gifle, la riposte est cinglante, on se sent éperdu. Mademoiselle honte lève les tabous, l’impossible à portée de main, le pétrin à broyer la farine de la retenue. Imbu d’avilissement, enlisement dans le mépris. La vie qui avait si peu de sens en a encore moins, ainsi s’achève l’humain.

Cacher l’usure. Mademoiselle vieillesse. Les cheveux teintés d’un noir de jais, les traits tendus, la bouche remontée, faire le plus jeune possible. La vieille fille sait se rendre attrayante, elle n’en est que plus terrifiante. Il y a du pacifisme dans la laideur, la preuve, on la fuit, elle fait si peur qu’on lui prête des pouvoirs maléfiques. Il est infiniment plus valorisant de taper sur la beauté, une victime née, bête comme ses pieds, d’une naïveté fracassante, on s’y empêtre. Ils le disent tous, elle est trop belle la violence, comment ne pas y succomber ? Avec elle, on se met en valeur. Un gars avec une moche n’est pas tout à fait homme, avec une beauté, le voilà surhomme. La beauté est le costume de travail de la violence. On se rend présentable, mademoiselle brutalité est prête pour le bal.

La violence se casse la figure, dégringole, se fait mal, pleurniche, elle se sent ridicule, elle faisait la faraude, la voilà penaude. Elle joue la costaude, la voilà pataude, les coups pleuvent, elle n’a plus le temps de faire la fière, le nez éclaté, les dents cassées, la lèvre fendue, l’œil sombre, elle en voulait, elle en a eu, presque satisfaite, la voilà qui pleure sur son sort. Mademoiselle haine sort sa dague effilée, un louvoiement, l’arme s’abat, le sang jaillit maladroitement, elle n’en a pas l’usage, elle qui se terre dans la chaleur du corps, un torrent de glace s’affaisse dans la tiédeur du soir de sa vie, elle se sent brinquebalée. Un type brisé. On le traine par les pieds, cacher le corps, inutile le sang laisse ses trainées, il se sent abandonné, enfin, il agonise, un visage apaisé, le sien.

Cornelisz, La chute des titans, 1588

En tombant, on rejoint ce qui tombe, l’apocalypse, un jour, il faut se mettre nu, la chute emporte tout avec elle. Un entrechoquement coléreux, le combat fait rage, ils ne frappent plus, ils s’accrochent à ce qu’ils peuvent, un choc de titanides, une étincelle frotte le sol, panique, le souffre s’enflamme, un brasier brûle les doigts, la main secoue sa peine, la torche tombe, quelques vieux papiers trainants, un incendie, les pieds grillent, se mettent à frénétiquement danser, mademoiselle calamité mène la gambille, on ne sait plus ce qui vient de soi ou des autres. Quelques gouttes de pluie, mademoiselle guerre sort son ombrelle où viennent s’agglutiner les derniers combattants qui pansent leurs plaies, ils n’ont plus rien à penser.

Des bouffons agités d’électrons s’agitent nerveusement, asticots rapaces se heurtant sauvages pour un diner de chiure arrosé d’un vin vinaigré. Monsieur destin, chef d’orchestre imperturbable, marque la mesure de son pied giclant des flaques d’urine sanguinolente. Les danseurs prennent place, mademoiselle obéissance se met sagement en position, la gigue fait son ouvrage, les corps se frottent, vibration des cordes, une mélodie chaotique.

Penni, Combat d'hommes à coup de massues, 1550

Mademoiselle haine et monsieur odieux entament leur pas de deux, mademoiselle gifle et monsieur affront se prennent par la main, se jettent aiguisés dans la musique. Ils frappent du poing pour marquer le rythme, une percussion de têtes se fracassant. Une trompette exhale sa rage, une basse raclée râle dans son coin, une guitare crisse ses désaccords. Tintamarre de dissonances, un son enragé, le sang s’agglutine à la sueur, la détermination au doute, la folie à la raison, la tornade à l’accalmie, le tourbillon de la vie.

Böcklin, Marie-Madeleine pleurant le Christ, 1867

Mademoiselle se prend pour une divine, conscience d’être une sacrée ratée. Plus profond le trou creusé, plus haut on s’effondre. Un règlement de compte avec ses impuissances. Enfouir le vaincu dans la honte, le blesser au plus profond de son honneur, rossé, raillé, sali. Comme si on sortait grandi de la laideur. Le lent crépuscule de la fierté. Non ! Le sens du féminin, un passage, une transformation, une force faisant de la haine l’amour, l’aurore de la dignité. L’être qui abat la violence, il n’a plus besoin de se réfugier dans la croyance au divin, il est un dieu.

Toutes les photos ont été aimablement prêté par Jaclam, http://jaclam.fr/

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Comments
2 Responses to “Le paradoxe de la violence”
  1. marc lesexdanslacite dit :

    hum salut oui la violence un texte super certaine phrases que jai bien aimer la pensées féminine fais son chemin même chez les hommes qui sont vue comme des traître par leurs pairs la seine finale de #SATC1 LE FILM le mariage à l’hôtel de ville comme une douce brise la violence fais son chemain bonne semaine Céline xxx

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